Poussin a Chantelou
(Ms. 12347, fol. 120.)
A Monsieur de Chantelou, Paris.
[M. Poussin 25 auril 1644.
Il me mande quil trauaille à l'extremonction qui est un sujet dappelles qui se plaisoit à f''^ des transis.
Il parle de mes coppies après Rafaël et des guéridons quil a enuoiés.]
de Rome ce 25*«"« Apuril 1644.
Monsieur
J'aurois esté extrêmement satisfet si auec la nouuelle que vous m'escriués du 3i™* de Mars de l'ariuée de vos caisses j'euses entendu en quelle manière les six chandeliers ont esté trouués conserués sil seront ariués ausi bien conditionnés comme vos coppies tout ira bien.
Je vous prie de croire que jei fet mon possible pour vous faire bien seruir aus coppies que l'on vous a fettes. Mais les peintres qui les ont coppiées ne sauent
pas faire dauantage comme je crois, ou l'amour qu'ils deuoint auoir à i employer touttes leurs forces aura esté diminué pour quelque subiec qui ne m'est pas assez cogneu. il ne laissent pas de croire d'auoir fet des merueilles car au payement je m'en suis bien aperseu.
La dernière coppie que Monsieur Le Maire a fette (si bien il i a bien pris de la peine) est inférieure à celle de Mignat que vous aués. Et si le Viens auoit fini la siene s'auroit esté la moindre. Enfin Monsieur il faut confesser quil ne se rencontre guère de personne qui puisse contenter les intelligences manquant aux uns les forces et aux autres l'amour de la dilligense quil faut auoir pour bien faire, pour ce qui est de la dernière elle n'empêchera jamais que je ne vous face quelque chose de bien mais si la première ne chemine d'un pied égal, vous pourés m'excuser puis que n'y aurei rien espargné. Je trauaille gaillardement à l'Extrême occion qui est en vérité un subiec digne d'un apelles (Car il se plaisoit fort à représenter des transis). Je ne cesserai cependans que je me trouue d'umeur que je ne l'aye mis en bon terme pour une esbauche. Le dit tableau contiendra diset figures d'hommes de famés d'enfants jeunes et viens une partie desquelles se consomment en pleurs et les autres prient dieu pour le moribonde
Je ne vous le veus pas descrire autrement car se n'est pas bien l'offise d'une plume mal taillée comme la miene. mais d'un pinceau doré et bien amanché. Les premières figures sont de deus pieds de hauteur^