Le Faune Barberini
3. Mazarin, indigné du « malheur de la Catalogne » (lettre du II juin), va bientôt faire arrêter La Mothe-Houdancourt
sieurs les Castiglians font grande dilHgense pour scauoir se qui se passe'. Nous scauons enquores par Venise que Graueline estoit asiégée parnostre armée surnommée la dorée^. Que plût à dieu quelle fust de fer seullement et quelle emportast heureusement la victoire. Nous auons sceu ausi quil y a eu du bruit entre le Mareschal Gassion et M^ de La Meilleraye^. Mais en fin tout cela ne fet point pour nous.
L'on dit encore que les afferes de l'Empereur vont bien mieus que par le passé*. Si l'on pipe au mani-
(28 décembre 1644) et le laissera dans le château de Pierre- Encise jusqu'en 1648. — Poussin s'intéressait d'autant plus à ce maréchal qu'il était neveu de M. de Noyers et que certains prétendaient (à tort) qu'il était victime de l'inimitié de Le Telïier, le nouveau secrétaire à la Guerre (voir Chéruel, op. cit., t. I, p. y).
1. « Je pense qu'il y a des gens icy qui ont des esprits folets qui leur aportent les nouvelles... » Gueffier à Brienne, 2 décembre 1647, fol. 541 du ms. Cinq-Cents Colbert 356.
2. « On y déploya un faste qui flattait le duc d'Orléans et la noblesse. On annonça que le prince devait tenir table ouverte pour tous les gentilshommes qui le suivraient; une de ces tables était de soixante couverts, une autre de quarante, et il y en avait beaucoup de moins considérables. On espérait ainsi attirer à l'armée un grand nombre de volontaires » (Chéruel, op. cit., 1. 1, p. 278). — Gravelines ne capitula que le 28 juillet 1644.
3. Mazarin en écrivait à Condé (alors duc d'Enghien) : « Vous avez sceu la mauvoise intelligence qui avoit presque tousjours régné, durant le cours du siège [de Gravelines], entre MM. les mareschaux de la Meilleraye et de Gassion; mais elle a esclaté tout-à-fait sur la reddition de la place... — Les susdits mareschaux s'estant rencontrés ensuite mirent l'espée à la main l'un contre l'autre. Cela a esté accommodé; mais il est très-fascheux que ce demeslé se soit passé presque à la veue des ennemys, et qu'il s'en ayt peu fallu que les troupes ne se soient partagées pour se battre les unes contre les autres » (Chéruel, op. cit., t. II, p. i5).
4. C'était exact. Ferdinand III voulait traiter et, sans l'obstination de l'Espagne, il eût pu le faire assez avantageusement, après les défaites de Guébriant à Rothweil et de Rantzau à Tutlingen, en 1643.
28o CORRESPONDANCE [1644
ment de nos afferes comme l'on fet au Jeu de dés nos afferes n'iront que bien.
Si je rencontre le Vitelleschi je iuy diray un mot sur ce que vous m'en escriués.
Je ferei voir à Monsieur le Cheuallier du Puis* ce que vous m'escriués au lieu de response à sa lettre. Car je scais qu'il aura fort à gré.
Je me résiouis de ce que le petit S^. Paul vous contente plus d'une fois du reste ce que l'on en dira de bon ne viendra que de vous qui scaués bien deffendre sa cause. Je vous en baise les mains de tout mon coeur, et demeure à l'acoustumée Monsieur Vostre trèshumble et trèsaffectionné Seruiteur
Poussin