En 1645, Pâques fut le 16 avril
1645] DE NICOLAS POUSSIN. 3o5
seconde fois que je ne m'employerei que pour vous à qui je désire sur toutte chose de complaire. Je vous enuoyerei dieu aidans une Confirmation deuant que l'anée soit expirée laquelle est en bonne ordre et esbauchée fort poliment, elle est plus riche de figures de l'extrême onction, et crois dieu Aidans quelle la poura bien acompagner.
Je suis très aise que vous approuuiés la recherche des bust que jei fette d'autans que jen ay déia achepté trois. J'espère que bientost j'en recouureray un quatriesme. qui sera le conte que vous désirés, et si vous voulés monter à la demie douzeine je continuerei de chercher. Vous m'en escrirés un mot [au] à la première occasion.
Jei pensé que se sera une bonne occasion de vous faire tenir les dittes testes quand monsieur Tibaut sera de retour pour frâse car estant fort commode à porter sur des mulets il sera facille de les fere porter de Lion à Rouane. sans courir dangier de les gaster. Un mulet du moins en portera deux, de manière que les frais ne seront pas grands ayant la commodité de l'eaue par tout le reste du chemina
Jei continué à donnera Monsieur Tibaut dix escus le mois de l'argent que vous aués icy. ainsi comme vous m'aués ordonnés. Jei parlé au bon Monsieur Pointel tuchant la remise de l'argent que quelquefois vous remettrés icy. il m'a prié de vous faire ses humbles baise-mains, et m'a dit quil ne fesoit icy aucun négose. Mais que vous vous pouriés seruir de Monsieur Gierico le fils duquel demeure en cette ville, il est honneste et se contente de peu de proffit.
I. Par la Loire et le canal de Briare (commencé en 1604, il ne fut achevé qu'en 1642).
3o6 CORRESPONDANCE [1645
Nous ne nous sommes point hastés de vous enuoyer les desseins des piédestaus ou escabelles que nous vous auions promis voulans au parauant voir les plus beaus qui soint à rome lors que nous alons voirs les vignes*.
Le Sieur Tibaut n'ayans seu auoir license de model- 1er commodém^ l'Hercule de farnèse s'est résoleu de se seruir de la forme que vous fîtes fere et en tirer un ject que l'on conseruera*. Luy et moy nous nous sommes d'autant plus tost résolus de fere cela comme nous craignons quil n'ariuast de cette forme c5e des autres' qui touttes ont esté rompues et jettée avec les videnges de la cour du palais mazarin.
Monsieur du Noisetvous mande l'incluse il m'a dit que c'estoit ce que vous désirés de luy. il n'a vouleu rien pour l'expédition et monstre d'estre fort vostre affectionné.
Je n'ei pas encore veu M', le Cheuallier du Puis
1. Ces « vignes » étaient les villas princières des environs de Rome. Par exemple, Board écrit, le 28 juin 1648 : « La signora Olympia (l'amie d'Innocent X) est à sa vigne qui se purge » (Bibl. nat., ms. fonds Dupuy 343). — « Il (Poussin) évitoit autant qu'il pouvoit les compagnies, et se déroboit à ses amis, pour se retirer seul dans les Vignes et dans les lieux les plus écartés de Rome, où il pouvoit avec liberté considérer quelques statues antiques, quelques vues agréables, et observer les plus beaux effets de la nature » (Félibien, Entretiens, p. 12).
2. Roland de Chambray, dans la préface du Traité de la peinture de Léonard de Vinci, i65i, dit à son frère Paul de Chantelou : « Vous continuastes à faire former plusieurs figures et bas-reliefs, particulièrement la Flora et le Hercule du Palais Farnèse, duquel il y a présentement un iect à Paris. »
3. « On dit que M. Chanteloup avait fait jeter cent belles figures à Rome. Je serai bien marri si nous en sommes privés et des belles copies qu'il faisait faire » (Bourdelot à Cass. del Pozzo, de Paris, 18 avril 1643).
1645] DE NICOLAS POUSSIN. Soj
mais au premier ordinaire je vous donnerei nouuelles des Miroirs avec lesquels il reguarde les petis obiects. Monsieur Vostre trèshumble et trèsobéissant Seruiteur Le Poussin.