‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 2 sur 320 · I. Voir Ph. de Chennevières, La peinture française, p · texte numérisé non relu

I. Voir Ph. de Chennevières, La peinture française, p

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ses héritiers cette copie de 1755 et chargea son secrétaire perpétuel, Quatremère de I Quincy, de la donner au public. Ce fut Tédition de 1824, chez Didot. La copie de 1755 est restée depuis à la bibliothèque de l'Institut, avec quelques notes que Dufourny avaient réunies en vue de l'édition qu'il méditait et la copie que Quatremère de Quincy (ou son collaborateur, M. Langlès) remit à Timprimeur de 1824.

On comprend que cette édition ait joui d'une grande autorité. Il aurait fallu pouvoir se reportera la copie de 1755 pour constater que celle-ci différait à chaque phrase du texte imprimé en 1824, mais le public rignorait à peu près. Il accordait à une copie arrangée, embellie à la mode des préjugés littéraires du temps, cette confiance que méritent seuls les originaux imprimés textuellement.

La publication de 1824 faisait loi depuis trente ans quand le hasard fit retrouver les originaux envoyés à M. de Chantelou. Ils furent acquis par la Bibliothèque impériale, le i3 janvier 1857, sous le n° 5o62, pour la somme de 5,ooo francs, de M. Emile Delapalme, 5, rue Neuve-Saint- Augustin*. Apar-

I. Nous devons ces détails à la parfaite obligeance de M. H. Omont, membre de l'Institut, conservateur des

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tir de cette acquisition, qui forma le ms. fr. 12347, ^^ s^^^ d'ouvrir ce volume autographe pour juger Tédition de 1824. Une nouvelle publication s'imposait et, dès le 28 mars 1857, M. de Chennevières obtenait l'autorisation ministérielle de l'entreprendre.

Il y travailla toute sa vie, et l'édition magistrale qu'il élaborait eût comporté, en plus du texte des lettres, un chapitre de recherches là où les commentateurs ordinaires se contenteraient, — à tort, — de quelques lignes. Plusieurs de ces chapitres formèrent la meilleure part du remarquable Essai sur la peinture française publié en 1894; mais l'édition restait à faire, et voici plus d'un demisiècle que sa nécessité est reconnue.

Signalons un détail important : quand la copie de 1755 fut exécutée, l'original de plusieurs lettres était perdu, notamment celui des premières et de quelques-unes des dernières : la copie de quelques fragments en a été conservée par le scrupuleux Félibien. D'autres lettres se perdirent entre 1755 et 1857 : mais le texte nous en est conservé dans la copie de 1755, actuellement à la bibliothèque de l'Institut. Ces deux sources méritent toute créance : quand on compare

manuscrits. — La plupart des ventes de cette nature se font par l'intermédiaire de notaires.

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leur texte avec la partie des originaux qui nous est conservée, on constate que les divergences ne consistent qu'en rajeunissements orthographiques, sans réelle importance.

Lettres à Cassiano del Pono.

Ce second groupe, — beaucoup moins nombreux que le précédent, — comprend en majeure partie les lettres écrites en italien par Poussin pendant son séjour à Paris (janvier 1 641 -septembre 1642) à son illustre protecteur Cassiano del Pozzo. Les originaux, longtemps conservés dans la maison Albani, furent enfin achetés par Dufourny (qui possédait aussi la copie de 1755 des lettres à Chantelou), mais, au lieu d'être acquis par l'Académie des beaux-arts, ils furent vendus et dispersés en 1823, après le décès de Dufourny.

L'Académie les avait négligées parce qu'elles n'étaient plus inédites, comme le furent jusqu'en 1824 les lettres à Chantelou. En effet, Bottari avait publié en 1757, dans les Lettere pittoriche, vingt-quatre lettres de Poussin à Cassiano del Pozzo. Depuis 1823, époque de la dispersion des originaux, l'effort devait consister à retrouver leur trace et à établir la fidélité de la publication de Bottari. Le rôle de M. de Chennevières con-

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sista surtout dans cette recherche et, grâce à lui, nous savons où sont les originaux de quinze lettres.

C'est la copie de ces originaux, due à M. de Chennevières, qui figure dans cette publication. Pour les lettres dont Toriginal est encore à retrouver, nous avons dû nous en tenir au texte de Bottari, qui d'ailleurs est un texte presque authentique, à l'exception de corrections grammaticales sans grande importance pour le fond.

En dehors de ces deux groupes déjà connus : lettres à Chantelou et à del Pozzo, notre effort s'est porté sur la recherche de lettres encore inédites de Poussin. Nous avouerons que notre butin a été bien maigre : une lettre à Cass. del Pozzo du 14 juin 1641, conservée à la bibliothèque de Nantes, et la lettre du 20 décembre 1641, également à C. del Pozzo, dont nous devons le texte à l'obligeance de M. le comte Allard du ChoUet, qui possède l'original dans sa belle collection d'autographes. Si l'ancienne bibliothèque Barberini ne possède rien de la main de l'artiste, qui vécut quarante ans en relations respectueuses avec la maison princière dont elle garde le nom, on ne se résoudra

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pas de sitôt à croire qu'il ne subsiste plus aucune ligne de Poussin, dans cette Italie où il vécut près d'un demi-siècle, à l'époque de sa production et de sa renommée. Nous ne pourrions trop encourager les chercheurs à explorer les dépôts de manuscrits italiens. Même si Ton ne trouvait que des glanes, elles auraient leur valeur, puisque les lettres que nous possédons ne font allusion qu'à un petit nombre de tableaux de Poussin. En un mol, la part italienne d'information sur Poussin reste encore peu connue et mériterait de séduire les chercheurs*.

La partie inédite de cette publication se compose de :

1° Les lettres à Cass. del Po{{o du 14 juin 1641 (bibliothèque de Nantes) et du 20 décembre 1641 (collection de M. le comte Ailard du Chollet).

2° Des sommaires de quelques lignes que Chantelou avait écrits sur les originaux de presque toutes les lettres reçues de Poussin.

I. Nous exprimerons ici nos remerciements respectueux à Mgr Duchesne, membre de l'Académie française et de l'Académie des inscriptions, directeur de l'École française de Rome, qui a bien voulu s'intéresser à la présente publication, et à M. Louis Châtelain, membre de l'École, qui a eu la complaisance de vérifier s'il existait au dos de la Mort de Germanicus, à la galerie Barberini, une lettre de Poussin. Cette affirmation de Dufourny ne s'est plus trouvée exacte.

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Le copiste de 1755 les ayant négligés, Tédition de 1824 les ignorait complètement. Ces indications résument les lettres, et souvent elles les éclaircissent, en désignant nettement le nom ou le fait auquel Poussin 5'est contenté de faire allusion.

3° Six comptes écrits de la main de Poussin et adressés par lui à Chantelou pour rinformer de l'emploi de l'argent que celui-ci lui avait confié pour le prix de ses œuvres et pour diverses acquisitions. Ces comptes, qui figurent au ms. 12347, avaient été négligés, comme les sommaires, par le copiste de 1755 (ms. 12347, P- 9^' ^^^' ^^^' ^^^' ^9^' 246).

4° Les lettres à Chantelou des 7 novembre 1641, 27 octobre 1643 (post-scriptum), 7 janvier 1649 qui sont dans le ms. 12347 ^^ ^^ le copiste de 1755 avait oubliées.

Une publication, surtout rectificative, ne pouvait être trop scrupuleuse dans la reproduction du texte tel que Poussin l'avait écrit. Toutes les abréviations ont été respectées, bien que beaucoup ne se justifient que parce que Poussin arrive à la fin de la ligne. Nous nous sommes borné à rétablir les accents. Nous n'avons pas même voulu

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moderniser la ponctuation : parfois, en effet, une variante de ponctuation peut rattacher un membre de phrase à celui qui précède, alors que, dans la pensée de Fauteur, il se rattache à celui qui suit (ou réciproquement). Poussin ponctue fort peu et fort mal, c'est vrai; souvent, il semble employer la virgule et le point l'un pour l'autre. Là où cette insuffisance de la ponctuation crée une équivoque, nous l'avons laissée subsister, puisque les éléments font défaut pour la trancher. Le souci de la lecture facile nous a fait ajouter un tiret vertical là où le sens exigeait un point sans contestation possible, et où Poussin l'avait oublié.

La division en alinéas est exactement celle du texte original.

Les mots écrits par Poussin, puis rayés par lui, sont rétablis, mais placés entre crochets. Les mots écrits deux fois^ les mots écrits en marge sont indiqués en note. Les mots oubliés et écrits en surligne quand Poussin s'est relu sont désignés par une petite s italique : *.

Il est souvent difficile de savoir quand Poussin a voulu écrire une majuscule, parce que certaines lettres initiales (C, M, /, R) sont chez lui presque toujours majuscules, d'autres presque toujours minuscules (/, d,

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ip). Nous avons conservé toutes les particularités qui paraissaient voulues. D'ailleurs, l'orthographe de tous les noms propres a été rigoureusement reproduite telle que Poussin l'avait écrite, bien que sa négligence aille jusqu'à écrire, très lisiblement, Rochelieu pour Richelieu.

Nous terminerons par un hommage bien mérité à la mémoire de M. de Chennevières, qui était plus digne que personne de mener à bien une édition définitive des lettres de Poussin. Nous associerons à son nom la Société de l'Histoire de l'Art français, qui a bien voulu agréer notre travail, ainsi que MM. Paul Desjardins, Henry Lemonnier, Alfred Ribelliau, Paul Bonnefon, Maurice Tourneux, André Fontaine et Pierre Marcel : nous les prions d'accepter le témoignage de notre respectueuse reconnaissance.

Ch. J.

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