Poussin a Chantelou
(Ms. 12347, fol* ■^•)
A Monsieur De Chantelou, Cons\ et Maistre d'ostel ordinaire du Roy, A Paris.
[M. Poussin 3^ nouembre 1647.
Il mescript sur la mort de M. deuoit '
Et des friponneries du petit Tibault.]
De Rome le 3"?* Nouembre. 1647.
Monsieur
Si se n'estoit vostre propre vertu qui vous sert de bouclier pour parer les coups de la disgrâce certainement vous sériés en danger d'en recepuoirdes profondes playes, lors q'uelle décoche sur vous, comme des poignantes flèches la perte de vos meillieurs
I. Ce sommaire de Chantelou est fort embarrassant : d'une part, on ne lui connaît aucun ami du nom de Devait, et, d'autre part, le contenu de cette lettre confirme sans conteste sa date du 3 novembre 1647, interdisant ainsi toute relation avec la mort de Voiture, survenue en mai 1648, et que Poussin déplore dans sa lettre du 22 juin 1648. On peut supposer que Chantelou, écrivant plus tard les sommaires des lettres, et ne se rappelant plus la date exacte de la mort de Voiture, aura confondu avec celui-ci l'autre ami dont Poussin parlait d'ailleurs en termes très généraux.
amis. Je vous dis sesi sans vouloir entreprendre de faire le confortateur. à qui comme dit l'italien, non dole il capo. Vous aués souffert généreusement d'autres secousses que celle si que le temps (seul médecin de telles maladies) vous a rendue suportables. Se mal présent se passera de mesme.
Sependans je vous ay apresté un Souper où est représenté celuy qui nous a montré coniment il faut souffrir* toute choses, si entre les amertumes que vous supportés vous i pouuiés trouuer quelque peu de ragoust. se me sera une grande satisfaction. Monsieur Serisier qui est noueu veneu en cette ville prie auec moy Monsieur de Label de vous le faire' tenir. Le por sera payé jusques à Lion à l'acoustumée.
Jei esté payé par Monsieur Giericot et pour cet effet il vous plaira de le rembourser conforme aux lettres de changes qui vous seront présentées.
Pour ce que vous m'escriués touchant le petit Tibau. Je suis d'acord auec vous que s'est un ingrat et de plus un trompeur. Non vous seullem' ni moy en sommes mal satisfet mais encores tous ceux qui l'ont cogneu et pratiqué icy maintenant s'en pleignent car aux uns il doib de l'argent et ne leur escrit point aux autres ils leur a manqué de foy. Il est difficile de cognoistre les personnes dissimulées si se n'est auec un longtemps. Quand à moy je vous jure que j'y ay esté trompé, et n'usse jamais cru que il se fust porté si mal en vostre endroit car il m'a juré cent fois que tout ce qui fesoit icy estoit à vostre seruise et que quand il seroit de retour qu'il vous donneroit à choisir ou de ses modelles propres ou de ceux qui getteroit estant dilligemment réparés. Quand il dit qu'il