Poussin a de Noyers
(Ms. 12347, fol. 21.)
A Monseigneur de Noyers^ Conseillier du Roy en ces Conseils d'estat et priué, Saigraitaire de ces Commandements et Superintendant de ces Maisons Roy aile s. En courte
{i63g 1 3 décembre.
Lettres^ à M. de Noyers sur ce qu'il estoit appelle pour venir en France seruir le Roy.]
Le deuoir de la reuerense que je proffesse enuers vous (Monseigneur) m'oblige à vous notifier la cause de mon retardement. J'étois bien résolu de vous aler seruir, et extrêment honnoré d'en auoir les occasions; mais la mauuaise fortune s'est opposée auec violence contre l'exécution de mon deuoir et
1. Comme pour les autres lettres à M. de Noyers, l'écriture est plus espacée et plus appliquée, plus lisible aussi.
2. Chantelou a écrit très lisiblement lettres. Ce pluriel s'explique parce que la lettre suivante est aussi du i5 décembre
l'espéranse que j'auois de melieurement en * mes indispositions m'a abusé, car je suis réduit en tel estât que je suis forsé de changer de deseing et de suplier vostre bonté de me dispenser de mon veu, puis que en peu de temps je suis devenu inutile, ne m'ayant demeuré que le regret de viure. J'aurois trop de présomption de ne vous pas prier de cette faueur auant que de la mériter, je veus biencognoistre [cognoistre] ce que je demande non de mon mérite mais de vostre bénévolence; en cette manière, je recepuray la grase et vous la gloire. Cependans (Monseigneur) je vous offre l'immuable promtitude de ma bonne volonté, puisque le Ciel ne me consède autre faculté conuenable à la satisfaction de mes obligations.
Le plus humble de tous vos seruiteurs
Poussin
De Rome ce iSième décembre