‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 241 sur 320 · Poussin a Chantelou · texte numérisé non relu

Poussin a Chantelou

(Ms. 12347, fol. 2i5.)

A Monsieur De Chltelou, A Paris.

[M. Poussin I g' septembre 164g.

Il me mande quil a commencé son portrait et que sil nest acheué cette année il y aura de l'impossibilité.] De Rome le. 19°* Septembre. 1649.

Monsieur

quoy que pour vous bien témoigner ce que je vous suis ne debuerois plus user de parolles mais d'effets nanmoins j'espère tant en vostre courtoisie que vous recepuerés encore celle sy d'ausy bon œil comme sy elle vous témoignés l'acomplissement de ce que il y a si longtems que vous désirés de moy. Car la bonne volonté que jei de vous seruir. et l'impossibilité s'étant trouués ensemble d'une forse égalle ont fet chés moy une grande guerre. Mais en fin l'une commensant à céder à l'autre, m'a permis de donner un peu de commencement à mon portraict lequel sil n'estoit fini en tout le reste de cette Anée vous pourries vous assurer que l'impossible auroit emporté la victoire. Ce que je ne crois pas pour tant, au surplus je vous prie de me compassionner qui me trouue engagé plus que je n'ay esté en toutte ma vie.

Nous scauons tous icy le retour du Roy et de sa Court à Paris et se qui si est passé encores. mais ceux

Guyenne, Languedoc et Provence : on les tient, écrit Gueffier le 23 août 1649, pour « tout à fait révoltées »; quant à la France, on publiait « que tout y estoit plus embrouillé que jamais ».

qui cognoissent la bêtise et l'inconstanse des peuples ne s'étonnent nullement de ce qui font^

Nous auons icy grande Quantité de maladies mais non contagieuses il ni a rien de nouueau digne de vous escrire.

Monsieur Vostre trcshumble et trèsobéissant

Seruiteur Le Poussin

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