De l'italien goffi, grossiers, maladroits
422 CORRESPONDANCE [l65l
dit que pendant que sa teste poura conceuoir quelque chose de bon, que ses yeux verront clair et sa main tremblante opérer ce sera p'^ moy.]
Le 24'".« Auril i65i à Rome.
Monsieur
Jey malheureusement esgaré la dernière que vous me fistes l'honneur de m'escriredu mans. l'espérance que j'auois de la recouurer m'a trompé et empesché en mesme temps di respondre plus tost ayant oublié ce quelle contenoit en détail il me souuient pourtant que vous me témoignés vostre bienveillance acoustumée et que vous me procuriés celle de Mf de Chambray. De plus en plus touttes ces faneurs surpasse mon peu de mérite d'autans comme il y a de la terre au ciel. Je le cognois fortbien. C'est pourquoy l'obligation que je vous ay est d'autans plus grande. Ausi il ne faut point que vous doubtiés que je ne sois tout vostre et ce seroit me faire tort si vous ne croyés que cependans que ma teste pourra conceuoir quelque chose que mes ieux verront clair et que ma main tranblante pourra opérer je ne sois tousioursprestà vous seruir. Je vous prie de n'en point doubter. Je dis cecy pource quil me semble que vous m'escriuiés que quand je serois debaracé vous vouliés que je vous fisse quelque chose de nouueau.
Enfin M^ vos prophéties sont acomplies. Je prie dieu que ce soit pour tousiours^ Je crains le retour. Monsieur Vostre trèshumble et trèsobéissant
Seruiteur Le Poussin
I. Allusion à l'exil de Mazarin. Celui-ci arriva à Bruhl, chez l'électeur de Cologne, le ii avril i65i.
l65l] DE NICOLAS POUSSIN. 423
Je baise trèshumblement les mains à Messieurs vos fraires.