Chaulnes (au), dans la Somme), duché-pairie instituée en
m'a apporté dautant plus de joie que je l'avois impatiemment attendue./
Elle me cause des mouvements différents selon les heureux succès ou les offendicules que vous trouués en vostre chemin, la mortiffication du changement de M"^ du Quesnoy m'a esté sensible comme un' amertume mortelle et j'advoue que c'est une mauldite nation que l'Espagnole qui porte sa rage contre la vertu mesme et ne peult souffrir que la mesprisant elle soit receuUie des aultres. En vérité c'est une gente infâme et qui mériteroit d'estre reléguée dans un angle du Cabo de Finisterras séparée du commerce de tout le reste des humains. Ce que je craignois est arrivé en vérité et ce que j'aimois le plus m'est eschapé des mains lorsque je croiois le mieux estreindre. Il fault que ce soit dieu qui accoit* ces flots car il ny a point de respect humain qui y antemestre la main^./
Ce pourroit il faire que vous emportassiés Mons^ de Cortone^. Mais je n'espère plus rien après cette perte"*.
Il me semble que nous serons tousiours malheureux et que vous reviendrés les mains vuides ou
1621 pour le frère de Luynes (Honoré d'Albert d'Ailly, seigneur de Cadenet, duc et maréchal de Chaulnes) qui assiégeait Arras.
1. « Accoiser, vieux mot qui signifiait adoucir, apaiser » {Dictionnaire de Furetière).