Voir la lettre du 29 août i65o, p
2. Aussitôt après ce paragraphe suivent les mesures de Y Antinous, attribuées à Poussin, avec deux planches représentant la statue de face et de profil. — On les trouvera traduites dans : G. -P. Bellori, Mesures de la célèbre statue de l'Antinous, suivies de quelques observations sur la peinture, trad. de l'italien par M. P. Gault de Saint-Germain. Paris, i8o3, in-8% Bibl.
Observations de Nicolas Poussin sur la Peinture*. De l'exemple des bons Maîtres.
Bien qu'à la théorie s'ajoutent les enseignements qui regardent la pratique, tant cependant qu'on ne vérifie pas les préceptes, ils ne laissent pas dans l'àme cette habitude de travailler qui doit être l'effet de la connaissance pratique; conduisant le jeune homme par voies longues et par détours, ils le mènent rarement au terme du voyage, si l'escorte efficace des bons exemples n'apporte un mode plus court de faire et un but plus précis.
Définition de la Peinture., et de l'imitation qui lui est propre.
La peinture n'est autre que l'imitation des actions humaines qui sont, à proprement parler, des actions
nat., V. 49918. — Voir, dans les Archives de l'Art français, t. I, p. 193, l'étude de Ph. de Chennevières, sur la mode, au XVII* siècle, de mesurer les statues. — Bellori prétendait qu'il avait calculé ces proportions de YAntinoûs avec François Duquesnoy; Jean Dughet affirma, par contre, dans un mémoire à Félibien, que son collaborateur avait été l'Algarde, « ajoustant que les proportions que l'on en a données dans l'estampe qui est à la fin de la vie du Poussin [par BelloriJ sont fausses, et du dessin du sieur Errard ». — Ces Observations ont été également traduites par M. G. Rémond, p. 53.
I. Félibien disait avec raison que « les Mémoires que le Poussin avait laissés étaient plutôt des études et des remarques qu'il faisait pour son usage que des productions qu'il eût dessein de donner au public ». C'est pourquoi il avait eu la discrétion de ne pas les prendre chez Bellori, se rappelant sans doute que Poussin professait « de ne donner jamais le lieu de franchise aux choses de sa profession qu'il connaissait estre mal faites et mal dites » (lettre à Abraham Bosse, i65oj voir plus haut, p. 421).
1672J DE NICOLAS POISSIN. AqS
imitables; les autres ne sont pas imitables par ellesmêmes, mais par accident, non comme parties principales, mais comme des accessoires; de cette façon l'on peut encore imiter, non seulement les actions des bêtes, mais toutes les choses naturelles.
Comment l'art surpasse la nature.
L'art n'est pas une chose différente de la nature, ni il ne peut en dépasser les contins; la lumière de la doctrine, par don de nature, est éparse çà et là, et apparaît dans des hommes, des lieux et des temps différents; ainsi en va-t-il de l'art, dont une bonne part, mais non la totalité, peut se trouver dans un seul homme'.
Comment l'impossibilité est la perfection de la Peinture et de la Poésie.
Aristote veut montrer par l'exemple de Zeuxis qu'il est licite au Poète de dire des choses impossibles, pourvu qu'elles soient meilleures que le possible, comme il est impossible dans la nature qu'une Dame ait en elle toutes les beautés qu'avait la figure d'Hélène, qui fut la plus belle, et par conséquent plus qu'il n'était possible. Voyez le Castelvetro-.
Des limites du dessin et de la couleur.
La peinture sera élégante quand ses termes extrêmes seront unis aux premiers par l'intermédiaire des termes
1. Voir p. 434 : « Tout n'est pas donné à un homme seul »; p. i33 et p. 266, lignes 11 à 14.