Poussin a M. de Noyers
A Monseigneur de Noyer ^ Conseillier du Roy en ces Conseils d'estat et priué Saicraitaire de ses commandemens de surintendance de ces maisons Royales^ à Ruel.
[M. Poussin 10 auril 1641.
Il desdie à M. de Noyers le dessein du frontispice de Virgile^.] Monseigneur
Puis qu'il vous a pieu me commander de faire le
I. « Apollon qui couronne de laurier Virgile pour la poésie héroïque de l'Enéide; voici un enfant qui tient le titre du livre
desaing du front du liure de Virgille et estans le premier que j'ay fait pour mettre en lumière je viens auec simple et deuotieus silence vous le dédier tel qu'il est, estans assuré que comme quelquefois les muettes Images apendues à un temple par les hommes les * ne sont pas moins agréables à dieu que les psalmes éloquens chantés par les prebtres Ainsi j'espère que vostre bénignité trouuerra ausi agréables mes tacites Images comme lui sont les facondes Louanges de qui
les scait faire.
m'inclinant je vous fais
tresprofonde révérence
me confessant vostre
esclaue
Le poussin.
de Paris' ce disieme apuril 1641.
Commis de monseigneur de Noyer ^ à Ruel.
[M. Poussin 10^ auril 1641.]
Monsieur Ces jours passés
j'auois délibéré d'aler à ruel pour remersier Monseigneur de la grâce qu'il a fette à moy et à mon cher ami Salomon Girard, mais ayant commencé à mettre
et les roseaux de la flûte, qui s'entendent pour les églogues pastorales, et ensemble la faux, symbole de la moisson, celle-ci pour la Géorgique » (Bellori, trad. Rémond, p. 37).
1. Les, pour lais, opposé à prêtres (interprétation due à M. André Fontaine).
2. Le coin gauche de la feuille présente, au ms. 13347, une déchirure : on ne lit plus que les deux dernières lettres du mot Paris.
au net le dessaing pour le Virgille j'ai mieus aimé le poursuiure croyans par ce moyen me rendre plus agréable à mondii Seigneur, et comme cet le premier que )'ay fet pour mettre en lumière j'ay osé luy dédier. Je vous supplie luy faire trouuer bon la bonne inclination que vous aués pour vostre serviteur, m'assure de cette grâce vous assurant (Monsieur) que si journellement je resois de vous de nouuelles faueurs et si mon peu de pouuoir ni peut correspondre au moins ma bonne affection est deuenue si grande qu'elle ne pourra jamais être surmontée d'aucune autre.
Le plus humble
de tous vos seruiteurs
De paris ce disième apuril 1641.
(Ms. 12347, fol- 38.)
A Monsieur de Chantelou.
[/o« auril 1641 .
Po^ accompagner le dessein du Virgille.] Monsieur Comme j'estois prest
de porter les deus présentes lettres en la maison de messieurs vos frères pour vous la faire tenir avec le présent dessein j'ay repceu une de vos lettres auec un breuet du roy lequel m'a raui et confôdu tout ensemble et demeure muet de me voir aïsi fauorisé de Monseigneur et de vous
Je vous en demeure éternellement obligé
' Si l'on ne trouue a propos que