Poussin a Cass. del Pozzo
(Copie Lafenestrei.)
AU III"^? et Rew^f -Stg-f? et Prôn mio 0^5"?.° // Sig\\Abbate di Cauore In Roma.
111™° et reu^pf Sig: Abbate mio Sig^« Comprendo molto bene per quel' ultima lettera del
I. Nous donnons le texte d'après la copie envoyée par M. Lafenestre à M. de Chennevières, en 1879. Cette lettre a été signalée à M. Advielle, p. 117, par M. Charavay et marquée comme ayant été vendue 100 francs. C'est le n" i632 de la
I ' Marzo délia quale sono stato honorato da VS : Ill^f quai via ho da tenere per l'inviamento più sicuro del suo quadro ma tra tutti questi mezzi mi parebbe il più spedito e forsi più sicuro sarebbe di trattar con qualche corriere di leone è far in maniera che promettessi portarlo di leone a Roma chiuso nella sua valigia perche io credo che la detta cassetta doue sarebbe il quadro facilmente vi potrebbe intrare potrà V. S : pigliarne la misura (mentre questo è del istessa grandezza de gli altri) è farla vedere al detto Corriero è guardare se si potrebbe aggiustare la detta misura si pigliarà per il lato piu stretto. Quanto a me assicuro V. S : di mandarli in leone con sicurezza è farla capitare in mano di un molto galanthuomo nominato monsieur vanscor il quale lo potrà consegnare in mano del Corriero con il quale V. S: haverà trattato. Con questa via le cose anderanno un poco alla lunga ma mi par la miglior via perché i corrieri passano senza impedimento è presto dove per mar le cose vanno alla lunga e le robbe sono sugette alla fortuna del mare et dei Corsarii è spesso tal cose sono spiate e sugette in somma à mille pericoli. Le intanto si offerisse qualche buona occasione non la perderô io scrissi in che stato era il sudetto quadretto e per questo assicuro V. S. che dimani lo finisco di tutto punto non lascero di rivederlo aile volte per se io posso andarlo tuttavia megliorando. Havrei gusto di potere attendere al suggetto che VS : mi propone délie nozze di Peleo perché non se ne puô trovare uno
vente Fillion. M. Lafenestre l'indique d'une écriture très serrée et très rapide. II y a 44 lignes à la page. Bottari l'a publiée (t. I, p. 287). La trace de l'original est aujourd'hui perdue. I. Bottari a lu : del 7 Marzo.
che possi dare più sugetto di far cosa spiritosa che questo ma la facilita che questi Sig ^'. hamo trovato im me è causa che nO ho tempo ne per soddisfare à me ne per servire ad un patrone ô amico essendo impiegato di continuo ad bagatelle cioè a disegni di frontespicj de libri, o disegni per ornamenti de Cabinetti, camini coperchi de libri ed altre frascherie cosi costoro aile volte mi propongono cose grandi ma belle parole e cattivi fatti ingannano savi è matti. Dicono che mi posso ricreare in queste cose a fine di pagarme, con questo dire non essendomi queste fatiche che sono lunghe è penose contate a niente. Mi ordinô al partir di qui il Sig : de Noyers di fare una madonna a gusto mio (acciô disse lui) che si dicesse la madonna del Poussino corne si dice la Madonna di Raffaello. Voleva che io facesse un quadro per la Capella délia congregatione dei Padri Gesuiti ma visto il luogho per l'angustia è il mancamento di lume non vi si puô far niente di buono di maniera che par non sappiano in che impiegarmi havendomi fatto venir senza disegno. Dubito che vedendo che n3 facio venir la moglie meco dubitino che dando maggior occasione di guadagno mi danno ancora occasion maggiore di tornarmene presto. Ma sia come si voglia se il disegno che fece nel animo mio nel venir qui non mi riesce del tutto, n'haverô fatto sempre una parte et il viaggio mi sarà stato ben pagato. Hebbe l'altro giorno una lettera di monsieur di Noyers dove mi mandava che il Re consentiva (perché prima che sono partito io mi ero lamentato delli impieghi dove mi facevano quasi perdere il tempo) che dopo aver posto mi ordine générale alla Galleria grande comettesi parte di me monsieur
Lemer amico mio del quale V. S. ha non so che quadretti di Ruine, acciô io potessi liberamente attendere alla fattura di disegni h Pitture di Sette Sacramenti per servire a fare le tapezzerie regge non so se questo verra ad effetto si vede bene in questo che sono corne qucsti animali che per dove uno passa tutti gli altri vogliono passare.
Ho un gusto particolare délia risposta data da V. S. a monsieur de Chantelou toccando il copiar de suoi quadri. Perché io so buono innovare è non copiar le cose già fatte una volta da me. Di là si puô giudicare facilmente délia lor furia in ogni cosa perciochè se immaginano con questo mezzo di avanzar molto tempo : insomma sta molto bene che V. S. li habbia solo. Scriverô alla prima comodità a monsieur de Chantelou che faccia ricordare al Sig: de Noyers del negotio del Padre Ferrari. VS : me iscusi se le ho cosi molesto e se mi piglio questo ardire di scriverle con questa familiarité, essendo un Sigfl che devo riverir sommamente ma non potendomi confidar con nessun altre mi lascio incorrere in questo fallo. Le priego dal Cielo il compimento de suoi degni desirii la riverisco humilissimamente e le bagio
le mani.
DI VS. Illf.^ e Reu«f
Humiliss^fp Serff
Nicolô Poussin.
Di Parigi 4 Aprile 1642.
A i'Ill^'^ et Rcv^^ Seigr^ mon Maître très honoré, le Seig^ Abbé de Cavore, à Rome.
Ill«ne et rev™e Seig»^ Abbé mon Seig% Je comprends fort bien, par cette dernière lettre du
l30 CORRESPONDANCE [1642
i«' mars dont V. S. Ill'°« m'a honoré, quelle voie je dois tenir pour l'envoi plus assuré de son tableau, mais, de tous ces moyens, il me semble que le plus expéditif et peut-être le plus sûr, serait de traiter avec quelque courrier de Lyon, et de faire en sorte qu'il promît de le porter de Lyon à Rome enfermé dans sa valise, parce que je crois que la dite petite caisse où serait le tableau y pourrait facilement entrer. V. S. pourra en prendre la mesure (puisque celui-ci est de la même grandeur que les autres), et la faire voir au dit Courrier, et s'assurer qu'elle peut s'y ajuster. La dite mesure se prendra par le côté le plus étroit. Quant à moi, je certifie à V. S. que je l'enverrai à Lyon en toute sécurité, et le ferai tenir entre les mains d'un fort galant homme, nommé monsieur Vanscor, qui pourra le consigner aux mains du Courrier avec lequel V. S. aura traité. Par cette voie, les choses iront un peu par la longue voie, mais pour moi c'est la meilleure, parce que les courriers passent sans empêchement et vite, là où par mer les choses vont longuement et les marchandises sont sujettes aux hasards de la mer et des corsaires, et souvent de telles choses sont guettées et exposées en somme à mille périls. Si cependant il s'offrait quelque bonne occasion, je ne la perdrais pas. J'ai écrit en quel état se trouvait le susdit tableau et j'assure par celle-ci V. S. que demain je le finis de tout point, et je ne laisserai point de le revoir quelquefois pour voir si je peux lui donner encore quelque amélioration. J'aurai plaisir à pouvoir m'occuper du sujet que V. S. me propose des noces de Pelée', parce qu'il ne s'en peut trouver
I. Le catalogue de Smith ne signale aucun tableau des noces de Pelée.
1642] DE NICOLAS POUSSIN, l3l
d'autre qui puisse donner lieu de faire une chose plus pleine d'invention que celui-là, mais la facilité que ces M" ont trouvée en moi est cause que je n'ai le temps, ni de me satisfaire, ni de servir un maître ou ami, employé sans répit que je suis à des bagatelles, telles que dessins de frontispices de livres, dessins pour orner des cabinets, des cheminées, des reliures de livres et autres niaiseries. Parfois aussi ils me proposent de grandes choses, mais à belles paroles et tristes effets, se laissent prendre sages et fous. Ils me disent qu'à ces choses-là, je peux me récréer, afin de me payer ainsi de paroles, car ces travaux, qui sont longs et pénibles, ne m'étaient comptés pour rien. A son départ d'ici, M. de Noyers m'ordonna de faire une Vierge à mon goût, afin, dit-il, que l'on dise la Madone du Poussin, comme on dit la Madone de Raphaël. Il voulait que je fisse un tableau pour la chapelle de l'ordre des Pères Jésuites, mais après avoir vu l'endroit, à cause de l'exiguité et du défaut de lumière, il ne s'y peut rien faire de bon, de sorte qu'il semble qu'ils ne sachent pas à quoi m'employer et qu'ils m'aient fait venir sans plan arrêté. Je me doute que voyant que je n'amenais pas ma femme avec moi, ils imaginent qu'en me donnant une plus grande occasion de gain, ils me donneraient aussi une plus grande occasion de m'en retourner promptement. Mais, quoi qu'il arrive, si le parti que j'ai pris dans mon esprit de venir ici, ne me réussit pas entièrement, j'en aurai toujours réalisé une partie, et le voyage m'aura été bien payé. J'eus l'autre jour une lettre de monsieur de Noyers où il me mandait que le Roi consentait (parce que je m'étais plaint avant qu'ils partent des travaux auxquels ils me fai-
l32 CORRESPONDANCE [1642
saient presque perdre mon temps) à ce qu'après avoir arrêté un plan général pour la grande galerie, j'en chargeasse sous moi monsieur Lemer * , mon ami, dont VS. a je ne sais quels petits tableaux de ruines, afin que je pusse librement m'occuper de l'exécution des dessins pour les Peintures des Sept Sacrements, pour servir à faire les tapisseries royales. Je ne sais si l'on en verra l'effet. On voit bien en cela qu'ils sont comme ces animaux qui, par où l'un passe, tous les autres veulent y passer.
J'ai un plaisir particulier de la réponse que V. S. a donnée à monsieur de Chantelou, touchant la copie de vos tableaux, parce que je suis bon à faire du nouveau, et non à copier ce que j'ai déjà fait une fois. Par là on peut juger facilement de leur furia en toute chose, parce qu'ils s'imaginent gagner beaucoup de temps par ce moyen : en somme il est fort bien que V. S. les possède seule. J'écrirai à la première occasion à monsieur de Chantelou qu'il fasse souvenir le Seig"^ de Noyers de l'affaire du Père Ferrari. Que V. S. m'excuse si je lui suis si importun, et si je prends la liberté de lui écrire avec cette familiarité, vous qui êtes un Seig"^ que je dois révérer souverainement, mais ne pouvant me confier à personne autre, je me laisse entraîner à ce manquement. Je prie le Ciel pour l'exaucement des dignes désirs de V. S.; je la révère très humblement et lui baise les mains De V. S. Ill"" et R""= Le très humble Ser"",
Nicolas Poussin.
De Paris, 4 AvriP 1642.
1. Jean Lemaire (voir la lettre suivante et la note 2, p. 9).
2. Dans ce même mois d'avril, les amis de del Pozzo se réunirent pour un repas intime, dont Bourdelot lui écrit
1642] de nicolas poussin. l33