A M. LE MINISTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES
Monsieur le Ministre , par décret du 22 décembre courant, un crédit de <)58,000 francs est ouvert à votre ministère pour premiers frais d'une colonie pénitentiaire h la Guyane.
II ne me convient en aucune façon, monsieur le Ministre , d'apporter au gouvernement des idées et des projets sur les mesures de sûreté générale qu'il juge utile de prendre, encore moins d'en faire la critique. La pensée qui me dirige est toute d'humanité, d'avenir, et, s'il est enfin permis à un homme de ma couleur de le dire, de pacification.
Voici, sans autre préambule, et sans entrer dans des considérations qui certes ne vous échapperont pas, la proposition que j'ai l'honneur de soumettre, par votre intermédiaire, monsieur le Ministre, au gouvernement :
Que l'option soit offerte à tous les condamnés à la déportation et à la transportation, pour cause politique, entre l'accomplissement de leur peine et l&Fti^ traite volontaire dans une colonie formée librement
par eut, hors de TËurope et des possessions frann çaises;
tt JSn conséquence ,
« Quô Ife crédit alloué pour la colonie pénitentiaire de la Guyane et ceux à allouer ultériéureihent soient affoctéô à la: colome nouvelle ;
«Qu'usée sdusçrjptioa pùbliqlie^ aVec rautorisaiion de rÉtat, soit ouverte dans le même but ; •
« Qu'un déini ! soit accordé piour faire; toutes le^ cherches et diiigeajces dans le lieu le plus 'conTeBabl& a -cet établissemeuit; ; r
« Que les jag^ts: administratifs et diplomatiques d\i> 96uYernem0n|Ufrafiçais/soie(ai invités à procurer toutes^ {acilités «;uprè3 dei qui da droit ipaur» la réalisation dsi FenUepriser »: ; . .,î . ,. . ; .. >
, J& ne relèverai poiat. uioo^urie Mini^trejlesavaift^ tages>dd ceprosety puîlaat aup^f^nt de vue: der lei tranquillité générale et dui rasséréaement des: esprits qu'à; cidtiii de rjéoonoinie, pvih&que et jdes» résiultats à espérer pour la mère patrie. Entre une pénitencerie: et une. colonie, il y a la même différence qu'entre le travail libre et le' travail servilc»
Permetle^-moi seulei^ient de croire, monsieur le Ministre, que ma pensée eût été la vôtre si, dans l,es circonstances où nous sommes, une telle pensée pouvait être celle du pouvoir, s'il n'impliquait pas côntiradictioQ qud le vainqueur ^'occupât du bien-être du vaincu
J'ai contribué,. pour ma part, au mouvement intellectuel du siècle : peut-être me sera-t-il donné d'y contri* buor encore. Non compromis daos les derniers événements et touchant à la fin de ma captivité, je puis, sous le nouvaau tégimO) me procurer une existence hono-«
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Fable!. Ge n^^esl pqs pàui* mo} que j'ai ëlA, cfàet }é rei^e démocrate socialiste; mais je crois de mon devoir, après un si grand désastre, d'offrir à mes amis et eerelig^on- Daires pdlitigu'es tbutes'les «otisdlûlioni^, tout lé dé^bueitiehtxlônt.je suis icape blet. . /> > ; i
Si ma demande était accueillie de Vous; monsieur le Ministre, }6. prendrais i|nmédiiateni0nt^ decoMërt avec quelques amis;ri8sté8;iibresi rinitraUvi^ de bette fondayon debatteiinéralitéiet de hantd x)oriéé. Je m'adressérois; par la voie de la preisâe et daiiB les termes^ que me commandent mon caractère et ;lla( sittratieb, à tou* déitenuq «t prév^fi&ud, à^ lia idéinociffaiel »a>^irblic Ci'angaiii^ ih'engagtQDt àeûkme^ énvera. Tousi* monaîeuî' to Mluiatrë^ à* là'Qbàteinr |dé. toiite» iattflQuie'eiTé^PiimBatie0 envers le nouveau gouvernement. Peut-^ètre : l^iïét sevail^il tel < que > vovs^mi^ef ii)iobaiéur le^ Mimsti^e, seckid W pTBjmeit à y afpp)attdir,i elqué Je^iieinbi'e iles^ ekp^ptpiés^n serait ^Goosidéfabltmèntlre&itreiiii, ^ 1 Je suif, -inbusieur le Miuifiitirb,{ votre très^hûiiibla aervitètur*' ■ ■ •'-'• ■'■' ''S'- i . ■ -' i ••
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, p. s, Prouclhon, condamné politiaup, actuellement déU^nu à la maison d'arrêt do Sainte-Pélaciô, '
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Paris, â6 décembre 1851.