‹ Correspondance de P.-J. ProudhonChapitre 18 sur 50 · CORRESP. IV · texte numérisé non relu

CORRESP. IV

lit CORnKSPONDANCE

me dégoûte, et je suis résolu do ne plus le voir ni M écrire. Il y a en lui un ibgiinct antilibéral qui va parfois jusqu'à la mauvaise foi et àTindélicatesse; pour lui, le pouvoir a toujours raison, et dès qu'il s'agit des républicains, par exemple, la violation des lois, la cerruption, l'hypocrisie, la tyrannie, tout devient vertu, tout est légitime. Ne me parlez plus do ces gens-lè.

Bonaparte sollicite un blanc seing pour gouverner dix ans ouf libUum. Il Tobtiendra. Où cela nous mènerat-^1? L'appui du clergé et dos jésuites doit vous le faire pressentir. Pour moi, je m'attends à tout; je ne torais point surpris de me voir intenter quelque nouveau procès, à propos de bottes, ou même transporté .sans jugement, par raison de salut public, à Cayenne. On sait de reste que ni moi ni aucun de mes amis n'avons donné dans le guel-upens du 2 Décembre, et que nous no sommes ni les amis ni les confidents des rouges. Peu importe I Nous sommes socialistes, éclairés, surtout irréprochables, partant damnables sans rémissioUp Dès aujourd'hui, je consentirais presque à me bannir volontairement.

Je travaille du matin au soir et me porte bien^ La réaction jne ruine encore une fois : car à présent, je ne puis guère compter sur.le produit de mes publica;tions« Il y a un mois, j'eusse peut-être tiré de cette propriété 20 à 30,000 franos. Aujourd'hui qu'on peut douter du placement, c'est zéro. J'ai des engagements pour de nouveaux ouvrages en plein cours d'exécution; le 10 ou 12 décembre, j'ai moi-même encaissé une somme de 300 francs pour honoraires échus de mes collaborateurs. Le libraire liendra-t-il jusqu'à la fin au traité ? Je n'ose y compter. :

Bonjour à M"® Maurice, respect et hommage à M"^ Laure. Et à vous, mon cher Maurice, affection inaltérable.

Votre tout dévoué,

P.-J. Proudhon.

i6i CmAlKSrONDAKGE

34 décembre 1851

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