A M. CHARLES PROUDHON
Mon cher Charles, aujourd'hui 28, je suis sorti de nouveau, mais sur riuvitaliou du ministre de Tintérieur, M. de Morny. Je fais un projet de colonisation en faveur de la masse de démocrates qu'on arrête de tous c6tés, et qu'on est bien décidé de transporter hors de France. Il m'est venu une idée que j'ai communiquée en gros; j'ai lieu de croire qu'on l'accueillera, et j'aurai Tavantaige d'être utile tout à la fois à nos malheureux coreligionnaires politiques et au gouvernement.
Tu penses que dans cette situation, je n'ai pas grand risque à courir; je présume même, d'après les dispositions que j'ai vues, que j'aurai peut-être encore un rôle à remplir, je ne sais pas lequel, mais important au point de vue du progrès et de la liberté. Les rouges sont finis, et bien d'autres choses avec eux : moi, je reste, et je me prépare de nouveau à tirer des derniers événements le meilleur parti possible pour la liberté. Ton frère,
P.-J. Proudhon,
i7i eonnKs^o^0ANGE
i^i janvier 1HSS0.
A M. CHARLES EDMOND
Bonjour et bon an, ami Edmond, et vous, excellent II'*** ! Je reçoiâ vos lettres à midi : j'y réponds à une heure. Je vous vois tous d'ici en Tétat où j'étais il y a quinze jours, lorsque je vous écrivis ma dernière ; je me repiocherais de vous laisser une seconde de plus dans ce désespoir, honteux pour nos courages autant que pour notre philosophie. Le mal , la lâcheté , Tégoïsmc, la sottise ont été grands sans doute, mais rien n'est encore perdu ; et, xîomme je le disais il y a cinq jours à M. de Morny, le ministre de rinléricur, là Révolution, qui, du 24 juin 48 au 2 décembre. 51, a subi un temps d'arrêt, la Révolution a repris sa course depuis le 2 décembre 1.;. En voilà un doparadoxe, hein ! Méditez mieux les quelques faits que voici, et peut-* être finirez-vous par croire commo tooi que c'est à présent, -sous le despotisme du sabre, què commence pour tout de bon le travail révolutionnaire.
Pour en finir, tout d'abord avec la question de colonie, sur laquelle j'adopte sans réserve tous vos renseignements, m.a lettre était à peine partie que je généralisais mon idée et en faisais un plan de colonisa-
tion libre , sous la protection et avec les fonds des gouvernements français et turc, pour tous les individus, au nombre de six à dix mille, (jui seront frappés par les conseils de guerre. Dix mille diables, armés de fusils, représentant, sous forme de colonie péniten-'^ tiaire, Tintérèt français en Orient ; cela est déjà moins alarmant qu'une pauvre ferme modèle, à six ou huit personnes!... J'ai porté cette idée, par Tentremise de M. Carlier, au ministre de l'intérieur, qui m'a demandé de rédiger une note ; ce que j'ai fait à l'instant. Maintenant, le projet ne m'appartient plus, et je décline la responsabilité de l'exécution. Tout cela m'a permis de later le terrain, et voici d'abord le résultat de ma conversation avec le ministre : .
1. Le gouvernement de L. B. est condamné, par les 7,500,000 voix qui l'absolvent, à faire de grandes choses, à réaliser, de façon ou d'autre, les réformes cherchées par le socialisme. — Admis.
2. L. B. ne vient point clore, mais continuer la série révolutionnaire. — Adopté.
3. Répondant à quelques avances du ministre, je lui dis : Je vous pardonne le premier tiers de votre coup d'Etat, si vous me laissez taire la guerre aux Jésuites. — Quels Jésuites? — Montalembert, Vcuillot et* toute la séquelle de ceux qu'attaquait Pascal. — Cela, dit le ministre en riant, peut s'arranger.
' Pour l'intelligence de ceux-ci , il faut savoir que l'Elysée, a présent les Tuileries, sont divisés en deux partis ou tendances contraires, le parti clérical et le bonapartisme libéral et chauvin. Je ne parle pas de tous les intérêts bourgeois qui pullulent autour de l'Élu. Immanquablement, ces deux tendances se feront la guerre, et, comme je l'ai fait entendre à M. de
i76 CORRESPONDANCE
Morny, un batailleur de mon espèce, jeté à travers les jambes des noirs, peut avoir son utilité.
Maintenant, récapitulons.
L. B. vient nier, anéantir les vieux partis. Mais, chers enfants, réfléchissez un peu sur ce que vaut celle négation, qui, bon gré mal gré, doit englober, avec les doctrinaires, gallicans, jansénistes, légitimistes et robespierrisles, le pouvoir absolu et la société de Loyola elle-même ; car tout cela est solidaire et se tient comme les vieux systèmes de philosophie. L. B. est la négation universelle ; il le répète, tout le monde le voit et le sent ; je maintiens que celle négation, qui est la nôtre (voiries Confessions)^ portera ses fruits.
En fait, me direz-vous, la nation française, bourgeoisie et peuple, a abdiqué le 20 décembre et sanctionné un crime, elle doit en subir les conséquences, le châtiment. C'est aussi mon avis. Mais je regarde ce châtiment comme faisant partie intégrante du mouvement révolutionnaire inauguré le 2 décembre; je ne lui accorde point la puissance d'annuler pour jamais la vitalité française, européenne. Dans la lettre du scrutin
et dans la pensée probable do L. B., le vole de la France signifie bien : Abdication , déc/iéance , niari morale! Dans Topinion des masses votantes, il veut dire autre chose. Il signifie : Abolition des vieux partis, des rouges comme des blancs, fin du régime constitutionnel et parlementaire, réformes économiques, diminution d'impôts, augmentation du bien-être, etc., etc. Y sino^ no! Nécessairement, il y a eu malentendu. Or, c'est ce malentendu qui va faire le châtiment de la nation, et qui a la fm perdra les oppresseurs ; car la nation ne peut avoir tort à toujours. Elle est toute pénétrée, celle race égoïste, corrompue et légère, de
DE p!.J. PRôèÔtfÔN. ïri
libéralisriie, d'mcrécliilîlè, d'èèprit de révolte'; attendez donc qu'elle se trouve mal et que ses yeux se dessillent!... ^ '
J'msiste sur' ce que 'j'appelle la raîsoïi secrète du vdte,' quMl ne' faut pas perdre "de vuëi te pays était dé'goûté des îôuges autant que des "blancs; et j^ë vous répète qu'ils le ihéritaierit. Peildant que TV.' è. faisait placardera Paris les actes du 2 déceintre, lecôndité de Lbiidres tehiait son socialisniè pùblîquenient, faisait à Cabet une guerre inopportune et impolitiquè, ^exigeait la 'destitution des joùnlalistesdes départenieïits suspects dé quelque Conformité dé vues avec nous; enfin, le 5 et jours siii^'auts, lorsqu'il s'ôgîssaic à'appeler le peuple nlix atomes, lés affiliés de la Soliâàrîlé républicaine rëfàsaient le concours des hommes de bonne volonté qui n'étaient pas rfe la bandé^ et', coriiinê ils né Voulaient point partager les profits, ils ne voulaient pas non plus partager la victoire. Que dites -vous de cette rage d'exclusion ? Je pourrais vous eii citer vingt traits :* Nadaud', l'un des rcpréstiûanf s plébéiens les plus énergiques et les plus dévoués, était calomnié dans la Vàiûo dnPTo^cvît^ deux jours avant le "coup d'État; la secte de Bucliez, d'accord en ceci "avec la clique de Ledi^ù, inventait ùrié théorie Tiiéforîque pôuV prouver que toute révolution ayant eu ses ulti^a {sic, les Anabaptîsteéj'Vaudbis, Albigeois, etc.), il fallait sévir sans pitié contre lès nouvelles sectes et sativet ïa société. A l'heure qu'il est, tdtilé la cohue républicaine du National^ de la Réforme, du Siècle^ etc., s'accorde à dire que c'est le socialisme, à-catholique, an-archique, à-propriétàire, qui a perdu la République et la Révolution I...
Eh bien ! L. B. écrase cette vermine, et les t millions
£100,000 QKÎdu^Or^l déce«lm Ipur sif^^J^ HécaiiveaiieîiLt leuic.mort. Pqur ma pâti» je vou3 V^v<^i^, J'en suis content, et je ne crains pas les suites.
Voilà pour Iqs vieu^ partis, pou^ la n^gatJM^n. Quant au;!; actes, affirmati/s du nouveau pouvoir, la force de^ choses aidant, ils «e soi^t déjà plus équivoques. Que le Pantliéon redevienne Sainte-Geneviève, que Ton ferme les cabarets et que Ton engage les mfi^res à faire de ku? miiBUx pour qup Iç peuple se repose 1^ dwai^dxe ; CCS paiuvretés de sacristie ne doivent pas nous aveugler sjLir l^es choses essentielles. La politique des prêtres aboutit toujours à des intérêts çle chapelle : Timportant^ ils le dédaignent. Or, rimportant ce sont, coum^e on dit, les affaires : du travail à l'ouvrier, des débouchés à rentrepreoeui' et au paysan, la vie à boa marclié, le budget réduit, etc., etc.
Où en est, sur tout pela, TÉlysée ? Ici, tiraUlemionts, hésitations, mécomptes. L'impôt est déjà exorbitant^ mais ne suffit pas^ il suffit moin& que jamais. On a fuit, à propos du 2 Déceinbre, largess^eet bombance; on a rétabli les anciennes divisons militaires et états-* majors, on augmente la gendarmerie ; on pai]ile d|e doter sénateurs, membres du Corps législMif, etc. Le ri^te à Tavenant^ ^ favit. deS| fonds pour tout c^a. Ovi ei^ pçeïkdre?.
On pense à la conversion de la rente : eu réduis^ 4(3 5 à 4 riiftérèt, on. réalise sur-le-rchamp une économie annuelle, de. plu^ de iiO millions. Un moment, oa a cru que le Président décréterait purement et simplement cette réduction, et je suis persuadé que quelqueswiis y p^usent sérieusement. Mais les méthodiques: ont rassuré les rentiers, en déclarant, par un cammu^ué^ <jue la convorsion avait pour condition ipdi^pçu^le
Toffrç de saoi r^mbûftirâemeiit ; ce ^ es^ ajeuTtter k conver^on aux caleud^» greQqti^». Tirailleœ^t doac ; velléités révolutiojanakea , combattues pa* des sorur* puleS) consç;r\;ateu]rs, ^t ^n attaedBclant, péaftirie.
Ou peose à riinpôtsur l^Tev^au. Là-dessus, ïnèmes nécessites, mêmes o{^osUiouis ; au tagonisme intérieur, qui fiuifd) sau3 Timpre^ioià de la uéeesdité^ par ua saut de moutoçk.
Ou dit que la dette flottante approche déjà d'un milliard, depuis la con^lidatio^, .faite en 48^ Donc, une consolidation nouvelle est iuévitafele ; et pc»ir peu que le Président, en la faisant, fixe l'intérêt à 4, il^aura un précédent pour gëfuéraliser Tintérèt au 5, et con-vertin
Il court un autre on dU^ qui peint encore mieu^ la nécessité poignante où se trouve le gouvemepiêntj M. de Persigny serait parti, en ambassade, pour Bruxelles, réclamer les ftO million»,^ frais de la campagne d'Anvers en 1832, aiusi que Tespulsion deë réfugiés. U faut que la chose presse pour qu'on s^avis© de revendiquer cette vitill^ créance. Vrai ou faux, ce bruit est significatif. A ce propos, je. dois vous dire aussi que. les intentions d^ Tuilorien^ yis-à-vis de la Belgique et de T Angleterre sont tnàs-peu amicales. Naturellement, le neveu, fidèle à là mémoire de l'oncle, convoite la frontièie du Bthin : le journal belge la NaUon y faisait, il y a[ quelques jours, une allusion très-expresse. La Sainte-Alliance, qui a bien pu favo-riser L. B. dans sa tactique antirépublicaine, maintenant qu'il est pliis puisant que son oncle,, lui accordera-t-ellc cette augmentation de territoire ? Douteux !
Quant à l'Angleterre, il existe une vieille rancunedatant de Sainte-Hélène et Waterloo, avivée par la
polémique des feuilles anglaises et le cobdénisme ; il parait même que déji TAngleterre concentre ses forces, et, à touto érentualité, se mal en état. Naturellement, il nous faut ^juelque reflet de gloire impériale ; et soit par la Belgique, soit par TAngleterrc, est-ce que vous ne yoyez jyas où tout cela butte? Pour moi, je ne serai)! nullement surpris qu'après avoir opj^udi au 2 Décembre les grandes puissances ne nous remenassait un jour Chambord ou d'Orléans , exactement comme en 1814. D'ici là, la révolution économique aura été faite ; et THurope Tavalera !...
Un fait significatif du mouvement, c'est la polémique dirigée par le ComtiMUmnd et les feuilles élyséennes contre la classe bourgeoise. Vous accusez la bourgeoisie, là- bas^-et avec roison ; sou égolsme obstiné a tout perdu. N'oubliez pas, cependant, que c'est elle seule en ce moment qui proteste, et par ses votes et son attitude. £h bien ! le nouveau pouvoir lui déclare la guerre, et pour achever la confusion des rouges, c'est umrfuement sur l'appui du paysan et de l'ouvrier qu'il compte pour se soutenir. On prend au sérieux la brochure de Romieu, VÈre des Césars; et comme le grand Jules, on pense à faire de Tautocratie en caressant la plèbe et dévalisant le patriciat. Cette tendance ou ce langage est de tous les jours, de tous les instants. Et c'est forcé ; la bourgeoisie a tué Louis XVf , Robespierre, le Directoire Tfîmpire, les Bourbons, les d'Orléans ; elle tuera, si on ne la pré\ient, la Présidence du 2 Décembre, «"orvcrsion de la rente , impôt sur le revenu, etc., tout cela est dirigé contre elle; et ce ne peut être qu un commencement. Coco Romieu n'a pas songé que les Césars nourrissaient la plèbe d^ dépouilles du monde, suivant le droit des gens d'alors ;
DE P.rJ. PROUDHON. t8l
tandis qu'aujourd'hui il &ut la nourrir de son produit, ce qui entraine cette série d'antinomies que vous con*naissez. Déjà on le sent si bien, que le< ComtittUimTuiL est entré depuis quelques jours dans nos solutions, au point que quelques-uns ont pu dire que Je citoyen Proudhon semblait être Tiuspirateur de TÉlysée.
Ainsi, on comprend parfaitement qu'il n'y a que deux systèmes à suivre : la compression et l'exploitation des masses, ce qui entraine le doublement des fonctionnaires, de l'armée et du budget : impossible ! ou bien l'appui des masses, la faveur donnée au peuple, sur la classe bourgeoise, au moyen de quoi il sçrait possible de diminuer les frais du gouvernement, en diminuant les fonctionnaires et l'armée. Comme corollaire, la décentralisation, et la simplification du gouvernement.
C'est ce système que développe Granier de Cassagnac, et qu'il conseille. Aussi VUnimi monarchique jette les hauts cris; et la consternation est dans la boutique à Ghiillaumin....
Je ne vous en dirai pas davantage. Secouez le cauchanar qui vous stupéfie depuis le 2 décembre; ne considérez pas le présent, étudiez les actes du pouvoir dans leur portée; pesez les nécessités de sa position; et vous vous convaincrez, comme je le suis, que si le coup d'État du 2 décembre anéantit radicalement le plan révolutionnaire conçu à Londres, à l'imitation de 93 j la Révolution n^ perd absolum^it lièn, et que l'Europe, pour n'ôtre pas émancipée suivant la forme solennelle de Cam&on et du Comité de salut public, n'arrivera pas moins, par une route plus directe et plus sûre, au même résultat.
C'est dans ces dispositions, cher ami, que nous nous sommes réunis, mes amis et moi, avec plus d'ardeur
qM« jamais, à la besogne. C*est une bombe monstre qtié nous chargeons. J'oi craint un instant que mes libraires ne résîliassient tous marchés, tie fcnnassent tout crédit àtt pauvre socialiste tout à l*h3ure deux fois pèi'e. — Point'! Nos libraires tous bonsét*vateurs et qui ont voté oui, ne craignaient qu'une chose, c'était que je perdisse courage. En fins renards, ilfe ont senti que les livres socialistes, de bonne facture et de bonne portée, seraient plus que jamais recherchés ; en praticiens consommés, ils ont compris également, et avant moi, que la révolution du 2 décembre ne pouvait aucunement sjgnificr absolutisme. A cet égard, j'ose vous dire que la sécurité est universelle et profonde. On ne croit pas aux jésuites, pas plus qu'on ne veut des rouges : on sourit en voyant les allures impériales de L. B., mais sans les craindre; on répond à tout en disant qu'il faut que le gouvernement songe aux affaires, sinon qu'il est pordu.
Or, les araires j cher ami, savez-vous ce que c'est*? — la solution de toutes les contradictions humaines, ni moins ni plus. Plvis que jamais donc, la question est posée; le socialisme reste seul debout ; i 'irais jusqu'à dire si je n'avais peur que vous me prissiez pour un nouveau converti à TÉlysée, que le socialisme a vaincu seul au 2 décembre.
Je vous embrasse tous.
P.-J. PkOtJDItON.
p. j#. Couraçel courage ! courage !.. .
'* »r-ï. ilfe»i)«»tt. 1!^
4a janvier 1^)2.
X it. CflARlES EDMÔNO
Àtrtîv t>ôri^û^ ûffêili^rP'^^<ïûé vous lé vbuVei, et' pat-lons-en sensément. Je tous irô'uv<e encore, éùïîsanl' totfë'dferiiîére; dans Va sîtuation d'esprit' d,ésèspérêe dé fhomtïie Ifitii'^^géri'é, «Vëd 'ttôtacô : împàvUum^ férunit Qùaûl'à ttioï, 'jeVeti suis pas la.'Je ne crois point,' jo vous l'ai dit, à la chute du ciel, parce qu'«p monoYtiâhë, siE?M'jJartt)tis lesSriètiik bonnet^ de la poiilîqùè/ lious tient ëïi ce kriôriïénl' èïïày érà butte ;'^ai'ce (IjUe qtïelqWes aventuriers, des giecs, des roufians, que la maladie dû' cWf iie trotripe pa^; fe'ehtëiitfeilt', Sôiis son noiti Hfetofî(itlé et eïi flôttah^ sa fantaisie, ^ioùi^ ^rèsstii^et lèf jlÀys ét'«*éï' à ïeuf bénï^rice^ fës tôlisëqtièriôeâ 'à^tin^ ôi lbH^(^ et si stttpidë t^iactfôn. Céltè dt^'cé bdmMtfe'tiè pfëiit (îhlreT^, Vous dî^-Jt ; et ptiifetjuè tii rài^otineàiènt hî é^éHencié tte p^ut sut^ ce Jpblht' voué rfeétatlifët V^tiMii jë'be Vous eii parrôf a! pà^ d^Vâttia^e*. ^îi^iï' s^lt '\^)k^
entendu que Tjomtne ba^e gènét^àle d'ôpéràlîôiisV je ri'ieidopte poittl. Vôtre 'tiiarilèrè 'àe^, Vôlf ^ et qiiè^ j^^ Ihe pWfee stlr ûû'tôiut atiWrë téri^àiti: ft^ûëchliàëy^'j^ àodb';
avant que nous nous menions eu campagne. Pour vous, m'extraira de cette sentine, abandonner la France à elle-même, chercher ailleurs une lieue carrée d'air libre et nous faire un petit bonheur à part. Foin des files multitudes et de leurs lâches exploiteurs. Pour moi. au contraire, solliciter plus fortement que jamais les raisons et les consciences ; entourer le pays d'un cercle de lumière ; lui faire honte, et en définitive, tirer do Texpérience du 2 Décembre les moyens et les gages d\me révolution gûred'ellej-mêpie,. cette ^ois, et irrévocable. Voila le double point de vue' auquel nous sommes placés. Or, à tort ou à raison, mon parti est pris ; je veux lutter, lutter jusqu'à la mort. Je n'ai qu'une plume, je veux la tailler encore ; si j'avais une ^j)ée, élev^ au-dessus |d,ujpréjugépati:ioti(jue,j'ofifrirais ipes services aux Belges ou diUi^ Anglais. Je ;ie reconnais pas ma patrie dans une hoi;4e d^ bri^and^, qyi, ppu r. 9 centimes de distribijtiop^pai: t^lç,;opt égorgé une population sans armes, protestant contre la lyra^-^
me.....
Ceci posé, ; je mo demande ÇjODcijnçnt je pv^is^i^jo^re servir cette grande (jause de Ja li,l?jerté, de laphilpsopùie et.dii (ïri:>it ?..^ ...
Yoif S me proposez^ si^r un mot qui nous a é^é dit pt do^tj j^ JQ}X^ ^i fait,, cpnfide^/cç, pour r^fvjg^, Ja S^- (|aigne. Elle m'agréerait fort, assurément,. m^isiç.awuhd , liçu . p W,igé d'e^xi). et j^c^u^ y^ .org^u^i^^i; . .iiue e^xpJoit^tion. V^f^fi?^P#H >^l?is,^'yr r^ei:a^^-^e .pas ^pcx^ife pli^^ e^t^p^^ qii.'jen I]r^çe,.?jÇç^pieiit $eryir!jf Révolulipn, agir ^^\
:^nrop,^^,;^tton(^.l^ yfU]ière^de .Gs>gliari.?..;. .,^,., ,,1. , ,i,,..
^VlflVÇéon , ,lp.|t|;ô, :iîU,9llip[fpl{,f ^Vi^^jace plu^^ ,«^qeyée q^e
DE P.-J. PROLDHON. 185
celle quemfont faite jusqu'à ce jour me» polémiques et mes élucubrations. Je vous Tai dit, je crois ; je prépare un essai dé constitution de la science économique, qui fixera définitivement le sens du mouvement au dix-^ neuvième siècle et vous donnera le corps complet de toutes ces idées, dont je vous ai livré quelques échantillons : Crédit gratuit, /brces économiques , etc., etc. Une science nouvelle, entendez-vous ? soupçonnée, affirmée depuis soixante qns, mais encore lettre close; une science avec ses axiomes ^ sqs déterminations, sdi méthode, sa certitude propre, science qui n'est ni mathématiques, ni jurisprudence, ni rien de ce que Ton connaît comme science. A mon avis, il ne faut pas moins que cela pour rendre pied à la Révolution, Eh bien I cette condition de succès, je crois en ce moment pouvoir la réaliser. Ma science est faite ; je prends ce mot dans toute rétendue et la rigi^eur du mot.
Après la science économique, une Philosophie de V Histoire, qui marche de front, et plus tard une Philor SQph^e générale. Est-ce assez ? Non, d'autres travaux gigantesques pourront suivre, entrepris avec tous nos omis, et vous y serez, j'espère, ainsi que 11***^ ; ce sera, par exemple, une Biographie universellej de cinqijiante yolumes in-8°, à deux colonnes, du travail pour viQgt personnes, et un monument à la gloire de la Révolution.
Tout cela peut se faire en France, malgré le despotisme; je n'ai point besoin d'aller en Sardaigne. Économe , liistoire , philosophie , ces choses sont assez élpyées au-dessus de la politique courante pour qu'elles p^s^ent facilement, d'autant que les jésuites commencent à perdre visiblement du terrain à l'Elysée. Je v(?us l'avais prédit, le sabre et le goupillon ne peuvent
s^entéhdre ; la pWfoaopbic, si die il 'attaqué dltéétèfni^l L. B. , a encore beau jeu. '
Jusqù'ki tJotîc, nul besoin pour moi d'ftmigre^; )\yse rtaèrae croire que je parvîimdrâis ù trouver appui et protection 'pont ces œuvres importantes.
Mais je Vous* le répète, dans mon plan, la gtoit-eet le fraii prochain^ immédiat de ces grands travaux doivent revenir à la Révolution, à la Révolution européenne; je voudrais dotic t 1*> leur ôter tout caractère exdteiyement français et leur en donner uh d'ùtorvetiéailhé, comme il convient à toute science ; 2* mettre en relief le côté pratiqué de èette masse d'idées, pouf le tettip^ et la circonstance nii Hous vivons, ce qui vent dire ftiîre servir la science a la fois à rinslruction générate des peuples et à la chute de la tyrannie moderne. Dèns mon pays, feela s'appelle tirer d'un sac dettx fnouiurts! M'entendez-vous?...
Ce n'est paà tout: en dehors de nblré besogne de savant, nous auroiis une œUVrè àé êî^ltjiaatiè vis-à^iris des gouvernements et des peuples, œuvre à mener eft commun avec dès gens qui, jàdi^ nos adversaires, maintenant un peu dégrisés , paraissent disposés à nous offrir leur secours et leur irtflneiice.
Par diplomatie, j'entends toute action tévolutfohtaîiî^è qui ne rentre point dans la t'diié^tié scieniifiqizti A cet égard, je ne vous fais part de rien : cela se décide éti petit Comité, s'exécute, s'imprime, se répand, etc. €tela ne s'écrit point.
Ce plan général voa6 vâ-t-il? Si oui, je crains fort, cher ami', qu'il ne faille t>enoncer à la Sardaigne et à la garance; en tout cas., Vous m'obligerez de me dire comment vous concevriez là possibilité et ravantagé (fe mener de front toutes ces choses. Si non, j'aUraî le
fcgrei de pleurer 'fotre 'perle et notice sêjpfarfeitibn* car je suis résolu, bien Tést)lu de tout tenter' ^our ne pas me renfermer, me fortlorè ddtis riïôn TÔle dé pienseùr ; puis, s'il m^est déiiioutté que fe né' puis prétendre à rien de plus, éh hien ! alors, je lie vois pas là nécessité de m'ekpatrîér, je reste !... Spinosa était bien vitriet à Amsterdafrt , cît sàînt Paul fabricant de tentes. Pdurquôî ne seraîs-je'pas de nouveau commis quelque part oti gardé-éclusier ?. . .
J'ai quarante-trois lans révolus; 'je! crois qti'e ce qui ino reste' à faite mé fera oublier ce que j\ii déjà'fâît; j'offre ce fruit de mes méditations à lu République, et après je demande encore à combattre pour elle. Avant six mois, ma "Cùnstniciion êconofniqUé atil-à vu le jour; \n\e autre publièation Suivra de près; dans le courant de la même année, mon Tableau général d'histoire sera fort avancé. Avec ces deux ou trois ouvrages, pour peu que je leur donné d^ accentuation^ et à: actualité pratique, je défie tous les despotismes, jésùitismes, catholicismes, etc., de durer vingt-cinq ans.
Vous m'offrez, cher ami, de mettre à mé disposition les moyens nécessaires pour me transporter d'ici aVec ma famille, et assurer ma Subsistance, en tel lieu que je choisirai. Je vous serre la môin pour cette marque de dévouement qui, de votre part, ne nie surprend point. Mfeis; pt^cisément parce que je lie la repbusse pa^ absolument, je ne veux pas non plus 'risquer imprudemment vos dernières ressources; je veux savoir Comment vous Veûtendez, de quoi Vous disposez," ce qu'il hous est possîbte de faire, etc. Nous avoiis très-mala4 droitement enterré 20,000 francs dans la Voix du Peuple ; je ne veux pais q*ue pareille chose, à mon ôcèa-^ sion, nous rarrive. Un Américain riche, que vous avez
m GOUBESPONDANGE
connu, Brisbane, offre de m^emmener à New-YoFk, et là d'utiliser mes petits talents de journaliste. Je ne dis pas non, pas plus que je ne dis non à la Sardaigne. Mais New-York me semble bien loin, et je crains qu'une si longue traversée ne me mette à Tagonie.
Est-ce donc qu'il n'y a pas quelque coin, sur les bords du Rhin, où nous pourrions héberger nos ménages, pendant que nous vaquerions à nos travaux scientifiques eidiplomaliçties, depuis Londres jusqu'à Gènes ?. . . La Belgique, la Hollande, la Prusse même, n'ont-elles pas des retraites pour des disciples de Descartes et de Hegel livrés à la contemplation des grandes lois de l'économie sociale et de l'histoire ? Et de là, si les armées conquérantes de l'empire napoléonien venaient nous déloger, ne serions-nous pas à la portée de Londres, Stockliolm, ou Copenhague? Dans le cas le plus désespéré, il nous resterait toujours New- York ou Rio- Janeiro. Mon libraire Garnier m'offre vingt recommandations pour tous les points du Nouveau-Monde, avec une rente perpétuelle, en échange des manuscrits que je lui barbouillerais.
Voyez, maintenant. Je ne suis pas plus sujet à la nostalgie, que possédé du fanatisme patriotique. Je co^lprends très-bien que l'émigration peut doubler mes forces; j'y songe tous les jours depuis le 2 décembre. Mais une émigration qui n'aurait d'autre but que deme soustraire aux visites domiciliaires et à la surveillance des inspecteurs généraux de la police impériale ne me suffit point. Ma sécurité personnelle, je suis sûr d'y pourvoir en renonçant à toute action et publication politique, et me renfermant dans mes travaux d'histoire et d'économie. J'ai causé de toutes ces choses avec nos ex-représentants, pendant leur séjour à Sainte-
Pélajgie» Déjà nous commençons à réunir les élémenls de celte grande entreprise biographique qui doit servir u la fois de champ et de couvert à nos opérations. Mais tout cela est incertain ; et il me tarde que quelque chose déplus positif se dessine.
En attendant, je me plonge dans Tétude; j'échappe aux tortures secrètes de la contre-rrévolution par la préparation de mes puissantes machines de guerre. Je suis, en «ce moment, je. crois, le dernier des républicains français, de quelque importance ou renom qui reste en £rance : tout est expulsé. Ceux que Ton garde en prison ou qu'on laisse libres, n'inquiètent guère. Ces quatre mois à traverser vont me paraître longs; Textermination de nos amis et coreligionnaires fait de la France, iK)ur moi, un immense cachot, où je suis au secret. Certes, je ne demande pas mieux que d'en sortir; mais, encore une fois, à quoi cela me servirait-il, si je ne fais que changer de solitude; si je troque l'inaction dans nGK)n pays contre une inaction ù l'étranger ?
M'avez^ vous compris? Et si vous m'avez compris, pensez-vous qu'il y ait dans mon plan quelque chose d'exécutable ? Pouvez-vous vous y rallier?.... Eu ce cas, faitcs-^loi part de vos vues, de vos moyens : creusons, élaborons l'affaire; et vite en campagne! Le temps court : et le temps, c'est de l'argent, (^sent les Anglais. — Les Anglais sont des imbéciles !•— Le temps, c'est la Révolution.
Je termine en vous répétant jusqu'à satiété ce que je vous ai dit déjà, et qui dirige toutes mes résolutions ; ce qui est malade, en France, c'est la tète, bien plus que le cœur. Toutes les cervelles sont brouillées; de» là incertitude, hésitation, poltronnerie, et finalement, infamie. Ce malheureux peuple, conduit par ses éclec*<
iiquesy se» âocl]ria«ires, ses absolutisies, ses jacobins^ ses prêtres^ est arrivé, sans savoir eoimaïKil, sans le pouvoir coni{>reiidre, au momeat où. il lui faut dire adieu à toutes ses idées politiques, religieuses, capita-* listes, etc. Nous, le Peuple, la Voiss du Peuple^ nous avons fait les trois quarts de ce gâchis, eu meitant sens dessus dessous toutes ces pauvres raisons. Aussi, sommes-nous plus qua jamais maudits, exéerés des blancs, des bleus, des rouges, qui tous, à Tenvi, compétiteurs de L. B. et par couséc^ueut ses compères, nous accusent de la catastrophe do décembre.
Ahl cher "ami, vous avez compté, eu dehors de nos idées, sur faction énergique des jacobins; vous espériez (|u'au moins ils serviraient, volontairement ou involoiv* tai rement, Tidée du siècle. C'est ce qui vous rend si amère la perte des espérances conçues pour 1852. Souffrez que je vous le dise, bien que cela soit à moi d'une insigne pédanterie, vous avez raisonné à faux. Le jacobinisme était impuissant, tout à la fois parce ({u'il repoussait a ver rage les seules idées qui pussent légitimer son pouvoir, et parce qu'on Taccusait de vouloir réaliser ces mômes idées, ineonaucs de lui, par le fer, par Jie feu, par le pillage. Pour échapper à leur dictature, à la dictature socialiste! on s'est jeté dans la dictature^impériale ; n'est-ce pas logique, et de quoi se plaigne t-ils?
Et les orléanistes, de quoi se plaignent-ils?
Et les légitimistes, de quoi se plaignent-ils?
Oui, oui, nous avons frisé de près le branle-bas des révolutions, mais il est tout aussi ridicule à nous de nous désoler pour cette apparence évanouie, qu'il le serait au soleil d'avoir manqué l'absorption d'une oomète qui aurait passé à quelques lieues de sou atnîo-.
sphère. En vertu des lois mêmes de son mouvemeut, qui la rapprochaient de Tastre central . elle ne pouvait y tomber; ce sera pour un autre passage. Ainsi va notre société; ^ile. giavite vers l'anarchie, mais, pour 1852, il était impossible qu'elle entrât dans le centre qui Tatlire; du moins je ne l'ai jamais cru. Ce sera pour un autre passage I A nous d'en accélérer la date!... Je vous embrasse tous, cliersamis.
Tout à vous.
P.-J. Pboudhon
P.-JS^, J'ai donné à ma deuxième fille le nom de Marcelle, du noble faubourg que j'habite. C'est un âoilvenir de captivité, une espérance révolutionnaire et tn hommage à l'un des hommes les plus purs de l'andennë révolution, Marceau.
Puis, 14 juivier tSff.
A M. CHARLES EDMOND
Mou cher Edmond, je ressens aussi vivemmit que vous vos douleurs de père; je n'avais pas besoin pour cela que ma sympathie fût surexcitée par la naissance d*une seconde ûlle que ma femme vient de me donner hier. Je sais que les pères mettent une sorte d'orgueil à faire des garçons; mais je prends mon parti de cj qui m*arrive, en songeant, qu'après tout, ce sont les femmes qui élèvent les hommes ; que mes filles ne seront pas chair à canon, et qu en les gardant convenablement du prêtre, je suis sûr qu elles ne seront pas non plus chair a prostitution.
Ceci est du père au père ; venons maintenant a vos idées et à vos projets.
J'ai à vous gronder d'abord de ce que vous avez Fair de ne pas me comprendre, vous me prenez pour un de ces désespérés à courte vue, qui disent, a chaque recîilade politique: tant mieux! plus il y aura de mal, plus tôt on en reviendra. Ou bien vous me mettez sur la ligne de ces pédants (pii, satisfaits de leur morale providentielle, se satisfont en disant : Ceci est pour l'expiation de nos fautes, nous périrons si nous avons mérité la
mort, ou nous renaîtrons, si la faute n'est point inexpiable mais seulement vénielle. En tout cas, tenonsnous tranquilles et adorons Dieu !
Je me flattais de vous avoir donné assez de preuves d'un esprit sain et positif pour mériter, de vous d'être jugé autrement. Celui qui me tiendrait le langage que vous avez cru lire dans ma lettre serait souffleté et conspué par moi ; aussi, je v<^us en veux de me forcer d'y revenir à deux fois pour me faire entendre. Notre langage, à nous socialistes, ne l'oubliez donc pas, pour employer fréquemment les tours et les formules de l'ancienne symbolique, exprime des idées diamétralement opposées ; c'est ce qu'il va m'ètre facile de vous prouver par les faits qui viennent de s'accomplir, et que vous connaissez déjà.
J'ai prévu et prophétisé jadis, comme prélude de la révolution générale, un mardi- gras révolutionnaire: nous l'avons en ce moment. Alors je le concevais comme expression des utopies communautaires ; nous l'avons comme manifestation du césarisme; ce qui revient absolument au même. Un publiciste n'est pas tenu de prévoir de telles différences. Eh bien! ce mardi-gras tel quel, je le juge comme nécessité de transition, comme conséquence des préjugés qui possèdent sans exception tous les partis, et l'accepte comme dernière convulsion du vieux monde. C'est cruel, sans doute ; mais je ne vois pas ce que je gagneraig à protester contre cette évolution fatale. La France est enfoncée dans le^crime; ce crime, je l'exècre, et je ne demande que d'avoir la force et les moyens de le punir ; mais est-ce donc que ce crime, tout le monde depuis quatra ans ne l'a pas conspiré? Est-ce que toute institution humaine n'a pas son origine, sa cause, sa raison, son
CORRKSP. IV. 13
impulsion dans le crime?... Et parce que j'en soufte, parce qu'il me fait honte, parce que je n'aurais pas assez de larmes pour le déplorer, faut-il que je me prive de l'avantage, le dernier et le plus efficace de tous, d'en calculer la péripétie et d'en prévoir la fin?...
Eh bienl cette fin, elle approche, vous dis-je, et les pressentiments qui ont dicté ma dernière ne m'ont pas trompé. Relisez les décrets du 23 courant, et le rema* niement du ministère.
Je vous disais en substance : Tout gouvernement peut se maintenir et durer s'il veut; celui du 2 décembre autant et peut-être plus qu'un autre. Toute la question pour lui est de savoir comment il entrera dans l'esprit, dans l'évolution du siècle.
D'après ce principe, j'ajoutais : Il y a deux tendances à l'Elysée, l'une quasi-libérale, qui comprend sa mission, et qui, tout en sacrifiant à la politique du moment, sent le besoin d'entreprendre de sérieuses et profondes réformes ; l'autre qui ne conçoit que le césarisme brutal, et qui y marche j^^ /«** et ne/ds, par le sabre et le gou-^ pillon.
La première tendance engrènera la révolution, là deuxième la fera éclater ; — la première la conduira tant bien que mal, la deuxième en s'y opposant fera çauter k machine. Que m'importe, en ce dilemme, que MM. tels et tels soient ou non de bonne foi? Je raisonne fiur des faits, des nécessités, non sur les promesses ou la conscience des hommes. Ce que je vous dis là sera vrai avec tous lès ministères du monde, et en tout état de cause ; de quelque côté du dilemme qu'aille le pouvoir, je suis certain de la solution.
Eh ^bi«n I aujourd'hui, sur la proposition de spolier îa maison d*Orléa«s et de généraliser davantage encore
k pers^otioa, MM. de Homy., Foidd et Roidiier» quittent leurs mimstèpe$; MM. Pessigoy, BiIlôau^ Abattuecl, Casdlgi^nea. de Maupas, leuv su^pèdeiit^ L'autoerati« impériale est constituée. Nous somiDÊa mt plein césarîsme. Les considérant^ des déerel^ spiili quelque diose de si bouâbn, de si odieux» de si ignoble, qu'on peut déâer de trouyer dans la m di^ Tibère, des Néron, etc., quelque chose qui les dépjaôse.. On assimile, dans cçs décrets, Louis*-Pfailippe aux £oi& de FaBcien régime, ce qui est la négation dupribcipô Baôm« de k royauté de juillet, royauté élu,e^ royautés magistrature, non de droi4 divia, ce qui a éiâ déinjenU' d'ailieurs par la révolution de 1848 qui a rendu LouiS:- Pittlippe à la vi^ privée. On invoque, on in'^cate ce principe monstrueux en jurisprudence, que rpj^» du 7 août engageait Louis* Philippe autant que son accep"^ fatim rfî^ 9 1... £t tout cela pour arriver à cette conclusion, qu'on prend 2M millions à la famille d'Orléans ; que sur c^ ^0 millions on en donne 10 au £rédili foncier, lUaux cités ouvrières, 10 aux sociétés d'assu.ranee, 5 au clergé, total 35; le rest», lêo millions, e$^ pour rÉtat, et TÉtat, c'est iidX)il Lorsque, dans mes confessions, j'ai dit que L. B**^ était le croque^mort de l'autorité, me suis-je donc trompé ? Que voule^-r-vous de mieux que cela? Ah! je voudrais que vous vissiez la figure allongée de cette population parisienne qui com-^ mence à comparer le régime républicain de 1848 au régime d'ordre de 1852! Je voudrais. que vous yissîc^. ki morne remords peint sur tons ces visages 1 II y a U3t> resserrement de la conscience publique qui arrête le mouvement industriel,' et malgré la havisse des foud^ par ordre et tous les npiensonges. officiels, on uê fait rieii; le thermpmètre hausse, maip la ten^péraipjie descend;
19 OOnSSPONDANGE
Tout le monde se dit : Nous périssons. Après les d'Orléans viendront les bourgeois; tout ce qui ne se ralliera pas, y passera : il faut bien, vous dis-je, que notre race de badauds sache, par une bonne expérience, ce que c'est qu'un ^««otV fort et un régime â^Étai L.... Louis Blanc est dépassé, les partageuz de 1848 sont laissés bien loin en arrière, et l'appel aux passions cupides est si grossier, si direct, que jacobins même en reculent de honte. Vous avez voulu gouverner par lat?i/« multitude^ mes bons républicains, apprenez donc une fois ce dont est capable la vile multitude et souvenez-vous, si jamais vous revenez, que démocratie doit se prendre décidément au sens de démopédie, éducation du peuple. Quant à croire à l'éternité de ce régime, je ne comprends point que vous tombiez dans cette terreur lâche et niaise. Ce qui vient de la flûte s'en va au tambour, dit un proverbe; et encore, ce gue le sabre a /ait, le sabre le dé/èra^Lsi France, par excès d'imbécillité républicaine et royaliste, est tombée dans un guet-apens; elle se débat sous le poignard de ses assassins, comme une femme tenue à quatre et violée. Je sais tout cela, je le vois de plus près que vous, et j'ajoute que la vengeance égalera l'affront. Mais quand? dites- vous avec une rage impatiente. Quand? cher ami. Quand, à force d'insultes, la masse française aura eu le cœur et l'esprit ouvert à la vérité, ce qui ira plus vite que vous ne le pensez peut-être. En ce moment, toute conspiration serait prématurée, mais croyez-bien que la pensée existe et qu'elle fait déjà bouillonner im million de tètes. Eh quoi! ne voyez -vous pas que pour terrasser l'Église, il fallait qu'elle se fût rendue complice, en France comme à Rome, du plus grand des attentats? La voilà qui partage les dépouilles d'Orléans ; que sont,
DE P.-J. PROUDHON. i9f7
je vous prie, tous nos arguments historiques et philosophiques auprès de celui-là? L'orgie est au comble : la bacchanale est menée par le clergé, croix entête, le saint-sacrement à la queue. Et vous ne vous réjpuissez pas ! Vous répétez sottement les métaphores des rhéteurs,/ que la France est pourrie, gangrenée, que la vieille société est impuissante, que les générations sont déchues, abâtardies, etc. Laissez donc toute cette physiologie fausse et injuste. Les nations ne périssent que quand on les tue, et la dégénérescence, au moral comme au physique, est un paradoxe retenu de Rousseau. Ce n'est pas ainsi que les choses se passent dans r histoire, et si vous l'aviez comme moi étudiée déplus près, vous y verriez l'avenir se projeter devant vous sous une toute autre forme. Cela va bien, vous dis-je, parce que cela va comme cela devait aller; prendronsnous l'alarme, parce que la femme, avant d'accoucher, est saisie des douleurs de l'enfantement? Ou bien désespérerons-nous du malade, parce que la maladie, parcourant toutes ses périodes, est au paroxysme?
Ne craignez pas du reste que le conseil et l'action manquent à la chose. Oh I je sais bien que votis nous reprochez encore, à nous autres pauvres penseurs, de ne savoir que bien dire, mais que nous n'agissons point! Comme si par hasard, l'agitation révolutionnaire que vous avez vue, était de l'action I L'action, sachez-le donc, c'est Vidée; et Ton agit suffisamment dès lors qu'on répand dans l'atmosphère intellectuelle les germes de la société future. Est-ce que ce n'est pas en conséquence de l'idée que tout s'exécute. Est-ce que, par exemple, ce n'est pas par antagonisme à la théorie anarchique^ anticatîiolique et antipropriétaire,, que se fait tout ce que vous voyez; conséquemment, n'est-il
pa$ défr qTi« la rfitdtition se dessine de plus en plus kl'anB les tertnes par nous posés ? Eh bien ! de même, iravàillolas à grossir, diriger le coûtant d'idées libétatri«es : roilà ractioii. Quant à Vèximtion^ noUs y -pretidronS ohacuû la patt qu'il appartiendra.
Où donc écrit- e, demandez^vous ? A qtii parler ? et •comment? Je ne le sais pas encore. Mais au Meu de Th'èôitmrquet* dans cette recherché, faime mietix ^•époBklre directement k vos projets.
Je n'îtai paô à Jersey* GVst trop prèfc de France. L'invaâiôil taiât annoncée pourrait fort bien commencer ïyav \h\ et je ne me ëoucie pas d'être surpris à la fron*tiêreôt fusillé oomme conspirateur ou traître à la patrie par lios braves soldats.
Un Anglais a offert à l\in de vos amis de nous hé-bcrgfe'r tcms dans une vaste propriété qu'il possède en Sardaigne, près de Cagliati. Ceci est à voir^ et pour le cas le plus désespéré, celui où, pendant un temps 4oute peniée libre sera étouffée eu France et en Europe, ou par conséquent nous n'aurions plus qu'à nous occuper d'établiéseinent industriel et agricole.
D'autres parlent d'Amérique, Rio-Jaiieiro ou New- York. C'est biai k)dn, pour des hommes d'action!...
En cemom^enit, ncms avons d'autres vues plus simples: il s'agirait, soit dé fonder Un établissement littéraire à Bruxelles^ et dé èotomiencër, par exemple, une biographie universelle; ou bien encore si la librairie nous échappe j de n^ufe eafeer tous dans les entreprises de -dîemins de fer.
Pour moi, sans répugner positivement à rien, je suis foreé'de doiisidéretr qu'il me reste quatre mois de captivité à subir, ôt que d'ici-là, les aiffaires auront .i^-is une tetarùiiri^ rqwd me JperBftetlFa de f^rendre avec plus de
DE P.-J. PROUDilC»^. m
uerlîlude . une résolution. Du reste, je vous avoue, d'après Texpérience pratique que j'ai faite de la vîe, le peu de confiance que j'ai dans les cbâteaux en Espagne, ^t l'urgence où me met thon petit ménage de pourvoir émTnédiaUntmt, et au besoin par les moyens les plus positifs, à sa subsistance; je vous avoue, dis-je, que je m'attends, après avoir caressé toutes ces chimères, à reprendre quelque part ines anciennes fonctions d'imprimeur ou commis; car la littérature ne peut plus rien me donner en France; je n'ai pas les moyens de me transporter hors du pays et d'y vivre, et la disette ne pardonne pas.
Je resterai donc, non par goût ou faiblesse, mais par forée ; je travaillerai pour vivre, et, par conséquent, comme révolutionnaire, f agirai moins, mais j'agirai. Je suis en train de bâtir tout à la fois une science économique, \m tableau de l'histoire universelle, sous le titre de KrmwSy et une philosophie générale. Tout cela, je puis en jurer, s'achèvera ; il me reste vingt-cinq ans de bonne vie encore et j'ai l'habitude de travailler dans l'indigence, à travers toutes les distractions matérielles. J'ai fait mes premiers écrits dans mon atelier ^ d'imprimeur, composant ainsi moi-même ce que j'écrivais ; j'ai écrit mes Contradictions sur mon bureau de commis, à Lyon ; j'ai rédigé mes dernières publications dans la captivité ; je finirai ma vie comme je l'ai commencée. J'aurai pris bien de la peine ; somme toute, je pourrai me vanter en mourant d'avoir été l'un des hommes les plus libres qui aient paru dans le monde.
Sanitas corporis et mentis l Saluez notre cher H***; tenez- lui compagnie, consolez-le ; recommandez-lui de ne se point rendre complice de la contre-révolution en prêchant un Consummatum est! ridicule. Car, en
200 CORRËBPONDÀh'GE
vérité, je vous le dis : il n'y a rien de perdu. Nous touchons lo césarisme, nous voyons, nous entendons, nous palpons le jésuitime, tout est sauvé. Au lieu de quinze ou vingt journaux déblatérant chaque matin, nous avons le Caiican universel, invisible, insaisissable et dont les coups sont mortels. Chaque citoyen est une chronique ambulante, et jamais il ne s'est dit, communiqué, commenté tant de choses que depuis qu'on n'écrit plus. Les journaux ne servaient qu'à dispenser la nation de penser ; elle pense, je vous jure, depuis deux mois, et elle parle !...
Salut fraternel.
P -.1. Proudhon.
DE P.-J. PROflWON. M
Sainte-Pélagie, 25 janyier i8$â.
A M. LE DOCTEUR MAGUET
Mon cher Maguet, ma femme est accouchée ayanthier matin d'ane deuxième petite fille. Quevoulez-yous? Les savants et les commères ont remarque!* que les ûUes tiennent généralement du géniteur, et les mâles de la génitrice; d*où il s'ensuit que pour avoir des fils dignes de lui, un homme doit engendrer des filles, et puis leur faire faire par un gendre des garçons. HeinI que dites-vous de ce raisonnement? C'est ainsi que le ciel me traite, et en tout cas, je me dis que mes filles ne seront point chair à canon et ne serviront pas les tyrans
L'accouchement à été facile, prompt et heureux. La mère va bien, Tenfant tette. Cependant il me semble que j'en suis un peu moins satisfait que de Tautre. Cathe a une grosse voix de poitrine, tandis que sa petite sœur à une voix de tête, flûtée, et, si je ne me trompe, le nez de sa mère. La première est une vraie franccomtoise ; la seconde sera une parisienne.
Mes compliments, consolations, amitiés bien sincères à notre malheureux ami Bestaux.
Peut-être me déciderai-je, courant février ou mars,
à vous aller voir: cela dépendra de Taspect général que prendront les choses.
Les deux derniers décrets ont produit une rumeur itiixntaeè..i^. Je Sais pour ne point me lancer dans les commentaires.
A vous, cher Maguet, de cœur, d'esprit, et à toujours
P.^. f^ROtJDHON.
m r.-i; racMWieN. m
16 février 18^-2.
A. M, DUiPIN
Monsieur, c'est aujourd'hui «eulëraeiit que j*«i pt^ lire la lettre de démission que vouft erez adressée eu Pré^deiit de k République, avec le réeuflié des metife qui, selon rtm^^ éeivetit amener k rétocatien éss 4écfets du 23 jai^tier dernier^ oeti6eruaiit la famille d'Orléans.
J'ai pris en même temps cofiuaissanee dB la prêtes* tatleâ des {fri&ceê centre ces mêmes décrets.
J'ai eu le regret, j^rvous ravaue, de ne ^as trouver dans ces deux pièces l'indication des hautes raisons de dreH pui>liées, qui me semblent de nature à agtr le plus forteifieut sur Tcrpinîon et c'est au nom de la BéYolutioû calomniée, de la République eom>pfemise, que je l>teB^ la liberté de vous ref>rés(»iter ici ce que |e eonsî* dère comme le vrai point de vue de la quesiioui
Ce qui| dans les décrets du ^3 janvier^ tient les ^esprits «n suspens, et qui fit scanda^ en 1^0, c'est qu'on accuse L. P, d'ayaiv frauduleusement éludé une loi de la monarchie, en faisant do&ètion k ses enfants, avant d'aeceipter la eourouM» de bieas qui, 4it-o^ devaidAt êt^0<réa#9 à^^tte^ouromie. A œ pve|^^ les journaux bonapartistes ^t fait étakgo d'I^Sioîre et
d*éraditioD, et, il faut le reconnaître, la conscience du peuple ainsi saisie n'est plus que faiblement touchée des motifs de droit spécial par lesquels on essaie de répondre.
Or, s'il est quelque chose d'évident, c'est que l'ancienne loi monarchique, invoquée aujourd'hui comme elle le fut en 1830, par l'opposition, est une loi excltm^ ventent fioàoHe^ annulée par la réforme de 89 et par toutes les Constitutions qui ont suivi, et dont le rappel, sous quelque forme que ce soit, serait un défi du droit nouveau fondé par la Révolution.
Lorsque, sous les anciennes races, on exigeait du prince élevé au trône la réunion de ses domaines à la couronne, on entendait par là ses fiefs, chose qui alors ne se distinguait point des propriétés.
C'est ainsi que Hugues Capet, Philippe de Valois, et tous les rois après eux, en prenant la couronne, durent grossir le domaine indivisible de la monarchie de leur propre apanage; la raison de cela était la formation de Vnnité politique du pays, non la fusion communautaire des biens.
Aussi, ce qui était de règle pour le prince n'avait plus lieu pour les femmes; ainsi Philippe le Bel, en épousant Jeanne, héritière de Navarre, devint à la fois, roi de France et de Navarre. Maïs, comme ce dernier fief ne lui était pas patrimonial, la Navarre redevint fief séparé après la mort de Jeanne; elle ne fiit point réunie à la couronne. Le moyen âge est tout plein d'exemples analogues. La Révolution de 89 a radicalement annulé ceûe ancienne règle du droit monarchique, en abolisisant tous les restes de la féodalité, et né reconnaissant, en conséquence, aux princes du sang, que ded propriétés i non des fikps.
DE P.^. PROUDHON. 2(fê
, Revenir au même pnneipe, comme on Ta fait, dit-on, en 1790, 1814, 1830, c'est infirmer toute la révolution, et poser une pierre d'attente à la restauration féodale. Il y a là-dessous tout un monde de conséquences à déduire
L. P., en 1830, ne pouvait, en vue du trône, renoncer à ses propriétés, non plus qu'un juge de pa^x entrant en fonction ne peut être tenu de renoncer aux biens de son père. Tout ce qui a été dit à cette occasion prouve combien peu nous entendons encore nos propres traditions. La donation qu'il fil é.tait inutile; ses biens étaient acquis de plein droit à ses enfanls, et s'il recourut à ce moyen détourné, il faut reconnaître que tout en cédant à un sentiment juste, ou il n'aperqevait pas la raison théorique de ce sentiment, ou bien il ne vpulait pas soulever à cet égard une controverse. . La révolution de Février a mis tout cela au net. L. P., mandataire de la nation, résigne son mandat en présence du peuple soulevé; il aurait donc, sans la donation qu'on lui reproche, échangé 200 millions de propriétés (chiffre djçs décrets], contre 12 millions de liste civile pendant dix-huit ans I C'est stupide!...
Je ne m'arrêterai point, monsieur, à vous signaler les idées monstrueuses posées en principe, et déjà mises en application dans les décrets du 23 janvier. LdimaM" matùm àesloTiunes, la distribution césarienne des biens confisqués aux créatures du maître ; la prétention qu'un contrat oblige avant d'avoir été accepté, tout cela est trop contraire au droit commun pour qu'il soit besoin de vous en parler.
Si je n'avais vu, dans les décrets du 23 janvier, qu'une dynastie menacée de ruine, je me serais sans nul doute renfermé dans le silence; ce n'est pas à moi
ftrït appoTtfenf de pvendr» «b ntain lia défense des prkices et de leurs fortnnea. Mais il y a ici, tout à la fois, le droit pufaGe fende en 89 ; il y a le droit éternel é'acquiaitioB, de posseasleii, de tpansaiission, aitacpiés par un homme qui se dit Président de la République, représentant des intérêts erées par k Révolution, organe du progris!... Je cpeiraîe la BépubKque us parti perdu et déshonoré, je renierais le progrès et la réTolution, si je croyais qu'ils dussent ri^oulir à de si abominables conséqnenees.
Je ne souhaite point, monsieur, que tous donniez h ma lettre aucune publicité; il me reste à &ire encore tnAs me» et demi ée prisât et mes devoirs de fafnille me défendent de compromettre en ee moment ma sécnrifeé, niaÎB tous m^obligerez, monsieur, de prendra note de ma protestation, qui pourra, en temps et lieu, servir de témoignage aux Traie prineipes répubMcains, aux Traies deetrioee réTolntionnaires.
Je suis, etc.
P.-J, PROUDfiON.
IlS'*»^*' MHKHMMV* Wn
SâiD««-P»i^^» 19 lëiditt i8Ëil