‹ Correspondance de P.-J. ProudhonChapitre 45 sur 50 · Sur le jacobinisme · texte numérisé non relu

Sur le jacobinisme

Je ne puis que vous renvoyer à ce que j'en ai dit dans mon Idée générale et dans la nouvelle édition de mes Confessions^ surtout au Post-Scriptvm (cette édition paraîtra avant quinze jours.)

Le jacobinisme n'a été pour moi qu'un doctrinaris^ne à l'usage du peuple et des sans-culottes, et en concurrence du doctrinarisnie des bourgeois ; un juste-milieu politique, économique, religieux, calqué sur celui de Sieyès et de Guizot, qui a permis à Robespierre de faire guillottiûer tour à tour les hébertîstes^ mofratisies, etc., qui allaient au delà, et les girondins, feuillants, qu'il accusait de rester en deçà. Le jacobinisme fut

d'abord très-différent de la Montagne , où régnaii. Danton, et qui ne se composait que des hommes énergiques, lesquels, sans se soucier des querelles de parti, voulaient avant tout sauver la Révolution. Peu à peu les Montagnards furent absorbés par les jacobins; ce fut leur perte et la perte de la République. Le jacobinisme n'étant qu'un juste-milieu devait incliner vers les honnêtes gens^ les bourgeois de la Convention, ce qui arriva. Dans son chant du cygne, Robespierre tend les mains à ces. bourgeois, leur offre du saluer l'alliance dans le sang des derniers Montagnards. Il est repoussé avec dédain : le jacobinisme périt et la Montagne avec lui.

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