CORRESP. I
B2 CohM»tK)NI)ANOl!;
Paris, 18 janvier 1839.
A M. îtAVRICE
Mou cher Maurice> je vous romercij3 des détails que vous voulez J}i(5û me Gommuaiqoer sur vatr© geslioa ; vous pourrez j à Tavenir, eu conférer avec mon parent pour les écritures et pour \m Qr^angemenU défmiii&. C'est a lui que j'adresserai l'arg^iUjque j'aurpi à.«nyoyer à Besançon^ c'est lui que japui^r^iide pay^ i ma plaice et de. veiller à mes. intérêts, ofir vo^s sav^e? wa bauto incapacité pour les affaires; •. .in; i .
Je ;»e comprends pas quel ineouvétiient les L*^' auraient trouvé à laisser c\kmuler) la petite ^owne d'iq--' téréis qa«e nous leur devons au 1^'* février, . ,
Tout en poursàiviemit la liquidation,, veille» à vos af^* faites; ;J!e ne Teiïtendsi pas autreipen,t, -«t vous dey^ penser que cein'esti.patS!moi;qui vou^ fearai- jamais d»
FQ^rOCl)i$S« . : . ,; • j •• .. . M,! , ' ■,
Le nouveau travail que je fais. sur .m^on liv»e o pour but de.ie ineilre cA ^t d'être présenté au concours pour le prix Volney ; le terme do rigueur est au 1°** mars prochain; le Mémoire couréoné sera prodifivé au^mois d'avril ou de mai suivant. Si je pouvais i sbulemenA
bK P.-i. HHOUDUON. 83
obtenir uue mention honorable, je ferais imprimer un nouveau fronUspice ù notre édition die Bergier pour y rdiater eeite circonstance.
Je n'ai aucune envie de faire une nouvelle, édition dts ma grammaire, tant qu'il restera uu exemplaire dç Bergier. — A cet égard, Vieux vient de; mo mettre qu relation avec un savant de Strqisbourg, qui me promet un article dans les journaux allemands ^t auquel j'envoie un exiomplaire diji liroe. .— Vieux se plaint^ que Jia vente marche mal pour M. ParentnDesbarres; il désire se livrer tout entier à notre affaire, au plus 4iôt.
C'est quand nous serons, bien en train que je ^compte sur lui, surtout pour la vente de notre malheu«reusp édition.
M. Gaume m'a dit, la dernière fpis que jç Jl'ai. >:ii), qu'il était en grande occupation à cause du comn^pncement de l'année, qu'il me ferait passer notre règljement dès qu'il l'aurait terminé,
Pourquoi je n'aime pas M. X***? •, . .
Parce, que c'eeit un petit être sans conscionce,. sans nw)raUté, sans principes, sans probité, ^ns génie, Jiltérateur pourri, n'ayant rien, dans la tète et ricndans^ Jl^ cœur, méprisé même des G*** et consorts; Jq yions d'apprendre qu'il était décoré par Louis-Philippe dqr pvis quelques jours, et qvi^il allait partir pour Rennes où il a été nommé à une chaire. Quand je serai li^, ayec un wlividude cette espèce, malgré ses décorations, c'est que mon opinion aura été modifiée ou mes priurcipes altérés.
Micaud, dont j'ai reçu dernif rement une lettre, tmo parle d'un jeune boracne de Colmar qui doit, dit-il, n^ie venir parler pour Timprimerie. D'un -autre oôlé, M. Proudhon, mon parent, me* presse de vendre. Je
8i COKHKSPONDANOI:
suis tourmeiilé, harcelé, bataillé par toutes sortes d'ennuis. Ici, mes seuls sujets de désagrément viennent de mon obstination à ne voir personne. Ce n'est pas embarras ni timidité, car on s'aperçoit fort bien que je ne suis pas timide, c'est dégoût de la société, du monde et des hommes. Je ne vais pourtant que dans deux maisons, les plus respectables peut-être de Paris, M. le pasteur protestant Cuvier et M. Droz. Je connais le premier depuis sept ans. D'ailleurs, j'éprouve de la fatigue en toute compagnie. C'est une maladie que j'ai prise à Besançon ; les premier^ sympt^ômés datent d'avant notre association. J^aiitie mes semblables et pourtant ils me lassent et m'ennt^ient.
Je me trouve bien de ne voir chaque personne qu'une heure par quinzaine. '
Je tiens à l'imprimerie comme teigne; plus elle me cause de tracas, plus je m'obstine.
J'ai reçu enfin le paquet aVec les lettres. Je vous félicite du dénouement que vous avez trouvé avec Bailli. Huguenet me mande qu'il espère quelque fchose de lui.
Je profite de votre permission pour adresser une lettre à mon parent, à l'inlprimerie. La première fois que j'aurai le plaisir de vous écrire, il en fera de môme pour vous.
Je ne sais pas quel jour j'auriai de l'argent, aussi ne comptez pas sur un jour fixe ; outre la distance de Paris à Besançon, je puis éprouvef moi-même un retard; ainsi ne soyez pas surpris si du 1°^ mars je voiis renvoie au 4, îi, 13 ; cela ne dépendra pas de moi.
Je vous souhaite le bonjour.
P.-J. P!(OUt)«ON. '
DK P.-J. PROIOHO.N. 85
Paris, 18 février 1839.
A M. HUGUENET
Mon cher Ilugucnet, on m'annonce, par une lettre que j'ai reçue vendredi dernier 17 courant, que vous avez imprimé un méchant pamphlet républicain et que la justice s'en mêle. On me dit en même temps que j'en serai incessamment informé par vous. J'attends encore des nouvelles officielles. La personne qui me donne ce fâcheux renseignement a eu soin de ne me rien dire de la seule chose qui m'importe dans tout cela, à savoir si les formalités ont été remplies pour l'impression, si vous n'êtes pas coupable de clandestinité.
J'avoue que je concevrais difficilement une telle imprudence. Cependant, il me tarde de savoir quelque chose de plus précis.
En attendant, voici, sauf meilleur avis, la conduite que vous devez tenir si vous êtes appelé en jugement.
S'il y a eu clandestinité, vous devez nier ; si le fait est trop bien prouvé, aucune considération humaine ne peut nous préserver do l'amende et de tout ce qui s'ensuit. En ce, cas, vous rejetterez toute espèce de responsabilité; déchargoz-vous de tout sur moi, dites que vous
avez agi par mes ordres. Il faut d'aboi •^>vous metlre à l'abri ; nous verrons ensuite pour moi, car je ne puis risquer grand'cbose.
Si le pampblet en question porte le nom de l'imprimerie, c'est une affaire qui tombera d'elle-même ; mais vous rejeterez encore toute la responsabilité sur moi. Vous direz que vous êtes simple prote, que vous recevez toute commande d'impression qu'on vous fait, que vous ne pouvez vpus ériger en censeur des ouvrages d'autrui, etc., etc., que d'ailleurs c'est à votre patron à se défendre et faire valoir ses excuses.
Quand une fois vous serez liors do cause, je rejeterai a mon tour toute la faute sur vous, ce qui ne sera pas difficile à faire comprendre, Vous le sentez de reste.
Dans tous les cas, vous devez rester en debors de toute poursuite, je vous le répète.
Le seul rdp roche que j'aie à vous faire, en attendant que je puisse juger de la chose par mes yeux, ce serait d'avoir compromis la concession do mon brevet que je n'ai pas encore reçu du ministre, et de m'avoir mis dans la nécessité d'écrire une lettre d'excuses à M. Tourangiu, auquel on m'annonce que la brochure a été attribuée.
Je présume que ce dégùMant pamphlet^ comme on le qualifie, n'est pas même au niveau do ce que je lis tous les jours et qu'on imprime sans risque à Paris dans les journaux ; mais il n*cn faut pas tant pour faire clabauder et dresser les cheveux sur la tête de certaines gens. Envoyez-moi au plus tôt cette terrible pièce, et, en attendant, metlez-moi sans crainte en avant et couvrezvous de mon corps. Il faut procéder avec ordre : 1° vous meltre hors de toute responsabilité; 2® m'en tirer après. Je souhaite ([ue vous n'ayez pas suivi une autre ligne
DB P.-h NIOimHON. 87
de conduite, et qu6 votre bon SBge vous ait assez bien avisé po«r foire tète à Torage.
Mft d^rpièm reeesuBandation, €'esi ea pareil cas de ne jiBonais vous laisser prévenir une autre fois par per^ souBe miprôs de moi. J'aime la fr^anchise en- toutes chû0es. ,
M. Vieux est i^i depuis huit jours : noi^^vons formé {dnâieurs projets qvd.pwvent vn jour nous remettre à £Lo4e^-ncfus rendre vos services et votre zèle très-précieux. Je lui ai fait part de votre mésaventure, et quoique nous ne sachions pas encore ce qu'il pourrait nous en coûter, nous avons uni par en rire, et de bon cœur.
Mes très-himibles respects à mon parent Proudhon.
Hâtez- vous de m'écrire, si vous ne l'avez déjà fait au reçu de la présente.
Tout à vous,
P.-J. Proudhon.
P.-S. La lettre que M. Pérennès jeime avait déposée pour moi à Timprimerie ne m'est toujours pas parvenue. Je veux que toutes celles que vous recevrez pour moi, ou que je pourrais vous adresser pour d'autres personnes, soient brûlées sans être ouvertes si vous ne pouvez les faire parvenir à leur destination.
M. Pérennès me priait de lui chercher un emploi de correcteur ; je lui ai déjà répondu. Si vous avez occasion de le voir, répétez-lui que la misère est grande à Paris pour les imprimeurs. Everat vient de renvoyer quatre correcteurs, C^** s'est sauvé à Bruxelles ; un autre libraire en a fait autant ; Lefibvre ne fait plus
88 GORBESPONDAIIGB
travailler ; HM. Didot ne font presque rien à Paris, ils ont une maison à Dreux pleine de compoisitrices.
Quand M. Vieux voyagera dans le Midi, vous lui donnerez ce qu'il faudra pour placer des impressions militaires. M. Parenir-Desbarres lui propose de tenir à Besançon im magasin de librairie en son nom ; ce serait un dépôt pour les provinces de l'Est, la Suisse, la Savoie, le Midi. La chose sera différée encore quelque temps, mais elle pourrait donner lieu à une heureuse combinaison pour notre atelier.
DE P.-J. PROUDHONJ a^
PirU, S8 C&rrter 183».
A M. HUGUENET
Mon cher Iluguenet, je viens de recevoir une seconde lettre de M. Micaud, dans laquelle il me donne de nouveaux détails sur Taffaire du pamphlet.
Chacun admire votre zèle, loue votre probité, et rend justice à la loyauté de vos intentions ; mais on persiste à dire qu'il y a eu imprudence de votre part, et que votre négligence à remplir les formalités de la loi n'a pas d'excuses. Je n'ignore pas que pour le conunim des impressions, on ne se presse pas toujours pour se mettre en règle : une paire d'heures, un livre de prières, im cantique de mission est souvent chez le libraire avant d'être envoyé à la préfecture ; mais vous sentez qu'en fait de politique, il ne faut pas offrir la moindre prise au pouvoir et à la police.
Vous voyez, par ce qui arrive à l'auteur, que la chose est plus considérable que vous ne l'auriez cru d'abord. — Vous avez fait une étourderie, convenez-en de bonne foi ; et, de ma part, je ne vous en veux pas, j'eusse peut-être fait pis.
Mais envoyez-moi donc ce diabolique et satanique
90 COMffiSPONMKGS
pamphlet et donnez-moi des détails que je puisse croire vrais et sans exagération ; puis nous n'en parlerons plus.
Je vais écrire à: M. le préfet; en vous excusant auprès de lui, je serai obligé d'accuser un peu plus vos lumières que votre caractère. Voilà à quoi je suis réduit, faute d'être suffisamment instruit par vous. Ainsi, ne vous en prenez qu'à vous-même de la témérité du jugement que je porterai peut-Mre sur votre conduite dans cette occasion.
Je vais entrer en rapport avec M. Parentr-Desbarres pour lui lire des épreuves, et lui rédiger des articles pour sa grande publication de VEncyclopidie catho-liqne. Si nous parvenons àiious entendre, que mon travail lui agrée, et qu'il fasse cas de mes services, la planche sera faite ; nous pourrons espérer de travailler pour hii*
Si, comme je vous l'ai déjà annoncé» le projet de dépôt de librairie confié à M. Vieux, à Besançon, se réalise (et rien ne peut l'empôcber de se réaliser), nous verrons nos relations s'étendre et s'agrandir da plus en plus, rien ne procurant plus facilement des labeurs à un atelier, comme des relations die librairie.
De mon côté, je fais amas et provision de science ; au lieu iixm jtmrntA^ chose dont le succès serait douteux au pays, et qui d'ailleurs serait sujette à bien des tracasseries, je chercherai, de concert avec mes amîi^, à fonder une i2«Jiw de Franche-Comté. Une publication toute littéraire ne peut manquer d'être bien accueiUie, et, n'ayant rien à démêler avec le gourremement,^ en serait lavorisée.
Allons, tâchez de mettre fin à vos embarras ; dites-> moi ce que je dois faire,' à qur m'adresser, sll y a des
1)K P..J. PKOIDHON. «I
recommandations à prendre, etc., etc. Micaud me marque qu'on m'accuse d'être républicain, et qu'il n'est pas surprenant qu'une brochure comme celle-là soit sortie de mes presses. M. Tourangin recevra ma profession de foi à cet égard; elle sera franche et sincère, je vous en réponds ; mais la honte en retombera sur les sots et épais bourgeois qui n'aiment la monarchie que parce qu'ils s'en veulent faire ime servante trèshumble et un instrument de domination et d'oppression.
Je vous souhaite le bonjour, et au père Coco.
Vous avez dû, ces jours-ci, être furieusement crucifié par les donneurs d'avis et les conseillers obséquieux.
C'est de quoi je vous plains encore plus que de toutes vos frayeurs.
Adieu.
Tout à vous,
P.-J. ProudhoN.
93 CORRESPONDAN CE
Paris, 27 février 1839.
A M. HUGUENET
Mon cher Huguenet, je ne puis trop me hâter de vous répondre. -
Courez vite chez M. Proudhon, mon couâin, et priezle de ma part de brûler la lettre d'excuses qu'il recevra de moi pour M. Tourangin; j'ai cru que vous aviez mis le feu aux quatre coins du département.
Je suis de l'avis du pamphlétaire presque en tout : c'est un brave, bien que médiocre philosophe, et faible raisonneur. Je suis bien plus avancé que cela.
Micaud recevra son savon dans la huitaine.
Mon Mémoire est enfin terminé et déposé à l'Institut. Le résultat que j'en attends, c'est un jugement de M. Jouffroy, le député de Pontarlier; j'ai tout lieu de croire qu'il en sera très-content , et qu'il me donnera la place que je mérite. — Pour les membres de la commission, je serais bien étonné qu'ils m'accordassent le prix. Il faut, pour un concours de philologie, plus que je ne donne; mais ce qui me tient au cœur, ce sont mes vues de philosophie; voilà pourquoi j'ai sollicité le jugement du philosophe.
Ne laissez pas dormir Talïaire de mou brevet ; je resterai imprimeur qtmqn'mi dise, et je vous recommande, pour quelque temps encore, de ^*avoir point la mine d'y croire. J'espère ne pas laisser M. Droz dans une longue inquiétude à cet égard.
Ackermann voulait d'abord concourir avec moi; il s'est retiré. Il a peur de n'avoir pas le prix. C'est un fort bon garçon , mais son amour-propre et son ambition me font trembler.
Soyez exact une autre fois à tout déposer ; surtout point de clandestinité pour quoi que ce soit; y eût-il 1 ,000 écus à gagner.
Si j'étais prompt à prendre l'alarme, on m'en a dit assez pour me faire prendre la porte, et aller me jeter aux pieds de la cour et du préfet.
Je veux voir aujourd'hui ce terrible auteur.
Adieu.
P.-J. Proudhon
En attendant, n'oubliez rien pour éviter ramende, ni démarches, ni explications.
Vous avez agi eu tout comme j'aurais fait moi-même, j'aime qu'on parle en homme.
Je vais mettre la main à mou pamphlet aussi ; malheureusement, il aura bien îiOO pages, ce qui le rendra moins dangereux. Ce sera bien un autre tapage, je vous assure, si ou a peur d^uue innocente rêverie comme celle de M. Rohier.
Oi CôRHKSIH)NI)Àt\Cfc
Paris. 1i mars 1639.
A M. HUGUENET
Mou ohçr Huguçuat, mou cousin Proudhon me douuc Tétat des affaires : il mo dit que les recettes pourrout être égalées aux dettes et dépcoises; mais ce qui me chagrine, c'est que vous êtes trois, en attendant, qui ne touchez pas un sol. Je crains que Timpatience ne vous gagne à la fin, et moi aussi. Cependant, je suis toujours convaincu que si nous pouvons traverser encore cet hiver, nous serons sauvés.
La librairie et l'imprimerie sont à bas à Paris : misère universelle, point d'ouvrage. Les meilleures maisons sont ébranlées et renvoient les ouvriers par centaines.
Je fais des articles de grammaire, logique et philologie pour l'Encyclopédie de M. Parent-Desbarres, à 70 francs la feuille grand in-4o à deux colonnes. C'est trop bon marché ; cependant si tous les auteurs allaient plus vite, je lui en bâclerais sans peine deux feuilles par mois. — D'un autre côté, il me donnera à hre les épreuves de son Saint-Augustin : il va remercier, ou plutôt employer à autre chose son vieux correcteur.
Uuiïn je lis de*teipp» eii- temps le juumul légitimiste YFurope; il est asset: singulier, conime vous voyes, ({u'au* milieu d« la déiteësc luiiv^lnselle jescds aiccdblé de besogne. PailieiKce !* nous éclalrdrons le brouillard. On est content de ma rédâotion j tje leur fais de belles phmses ; oh se iinOque du restei : ;
J'ai vu M. Pmithicr dé Gensa-y avant-*hier .; nous avons causé trois heures. Il approuve fort mon projet de rester imprimeur et de publier une Revue. Sa coopération m'est acquise; il me l'a promis formellement. Cette i^iM comme^cerpit à paraître après la publication d'un ouvrage de philosophie dont je m'occupe. Elle consisterait en V} feuilles in-8" tous les mois. J'entends que cette publication n'ait rien de mercantile ; l'abonnement sera de 1 5 francs par au ; c'est le prix des in-8" à la mode. 60 feuilles feraient deux volumes. Dès qu'il y aurait 300 souscripteurs, je m'engagerais à en publier et répandre 200 exemplaires gratis ; si nous arrivons à 500, j'en publierais 500 exemplaires. Je ne veux que les frais d'impressions, de bureau, et quelque chose pour ma gérance. Je ne demande rien pour mes articles, et je ne veux pas que personne y travaille pour de l'argent. C'est un moyen d'influence et de réforme que je veux mettre en mouvement dans notre pays : M. Droz, y applaudit de tout son cœur; et j'espère y entraîner l'élite de notre nation franc-comtoise. Je vais amasser des matériaux pour avoir de la copie au moins pour six mois d'avance.
Vieux était parti quand j'ai reçu votre dernière; je n'ai pas encore de ses nouvelles. Il s'occupe de chercher des souscripteurs a une table de Fleury qui manque partout. Cette table formerait un énorme in-4** ; il faudrait au moins 3,000 feuilles pour l'impression à olHl.
ds
UlHHE&PONMf<(Ct^
Dès (jue nous aurons 300 souscripteurs à 12 fr, oO broch., nous metirous la maiu à l'œuvite.- ,
Pauihier Ta me mettre en relatioù avec un jeune et honnête libraire de notre couleur ; il m'a pxomis aussi de me prociirer, quand il en trouverait Tofecasion, quelques ouvrages a imprinidr. Je vous le répète : un peu de courage, et nous sommes hors des poiix.
Tout à vous,
P.-J. PROUnffOK.
DK i\y nioi'DiioN. 97
Vdxu, 13 mars lt3*J.
A M. PÉKENxNES
Mcusieur Péreiinès, j'ai donné à M. Proudhtn, mon parent, procuration pour toucher en mon nom la pension Suard, parce que, avant besoin de temps en temps de faire passer quelque argent à Besançon, Tun de mes amis et moi nous nous arrangeons ici par des remboursements réciproques et que [>ar là ce transport ne nous coûte rien. Je vous remrrcie donc, vous et M. Bourgon, d'avoir eu l'obligeance d'acquitter le mandat du 22 mars entre les mains do ^I. Proudhon.
Pour répondre aux principales questions de votre lettre du 31 mars, j'ai dû me metlro auparavant en mesure, je veux dire attendre la rentrée des cours publics et entendre les principaux professeurs. Vous voyez, par cet aveu, que je ne les suis guère; en cflcl, n'ayant pas eu le bonheur d'entendre les Cousin, les Yillemain, les Ciuiiîot, les La Romiguière, j*ai toujours trouvé qu'on laissait tomber en (iuenouille le profe:^sorat, et que les cours publics do mon temps n'étaicLL qu'un luxe uutional plus proUlablo aux professeurj qu'auis; élèves.
coRREsr. l* 7
98 COUUESl^ONDANCK
Ces Messieurs, pour la plupart, ouvrent leurs courâ le plus tard qu'ils peuvent; leurs leçons sont aussi courtes que possible, et dans ces leçons, ils ont soin de ralentir leur débit et de répéter leurs phrases assez pour qu'on leur sache gré, au bout d'une heure, de terminer la séance. Je reconnais volontiers tous les avantages de l'improvisation d'une leçon faite comme sans préparation, ex abrupto; mais je soutiendrai toujours que, lorsque la nature nous a refusé ce merveilleux talent, il vaut mieux 'parler sur des notes écrites, sauf à se permettre, de temps en temps, les réflexions que le temps, la chose et l'auditoire inspirent.
J'ai entendu d'abord M. Damiron, professeur d'histoire de la philosophie moderne. Il en était à Gassendi. Jamais tribunal de juge de paix n'oùit un plus déplorable orateur. Ouvrez les ouvrages de M. Damiron, il est verbeux et /euitlic, comme dirait Diderot, pompeux, académique, diffus; il ne manque pas d'élégance et d'un certain mouvement; il a toutes les qualités et les défauts d'un avocat, d'un 'improvisateur, en un mot, qualités et défauts qui, d'après ce que l'on m'a rapporté, l'avaient fait surnommer à l'École normale, ^o«teilU'à'TETicre. Dans son cours public, c'est un tout autre homme : les idées ne lui viennent pas, les mots encore moins; il se sauve à peine par les citations; et quand il se trouve épuisé, il se résigne alors à nous lire quelque long fragment de ses livres imprimés. M. Damiron parait avoir une certaine prédilection pour les œuvres que sa plume enfante; il a déjà produit un cours de psychologie, un cours de logique, un cours de morale, une histoire de la philosophie au xix^' siècle : dans chacun de ces cours, il ne manque pas, toutes les cinq ou six pages, de vous renvo^^er aux autres. Est-ce
DE P-J. PUOIDIION. 09
habileté de libraire ou ainour-piopre d'auteur */ Je uè déciderai pas; mais après m*ètre impatienté, je Tai envoyé promener, lui et tous ses livres.
J'ai assisté aussi à la leçon de M. Vacherot, professeur d'histoire de la philosophie ancienne. Celui-ci a la parole plus facile, mais je ne lui trouve aucune profondeur de vues, fl avait à nous parler de \ École socratique et des écoles diverses et ennemies qui, d'après la commune opinion, sont sorties de celle de Soctate. M. Vacherot ^a essayé de justiiier ce grand rtlaitre de morale du reproche qu'on lui a adressé d'avoir dôhné naissance à de^ systèmes contradictoires; il a prétendu que les disdples de Socrate se divisaient en deux" classes bien distinctes : les uns, jcuneô hommes formés uniquement de sa main; les autres, déjà imbus d'opinions étrangères et les accommodant ou les corrigeant à raîdc de la doctrine socratique. Ainsi, disait M. Vacherot, Aristippe, chef de Técole cyrénaïquc, Antisthène; chef de l'école cynique, etc., ne sont point Ris légitimes de Socrate. Celui-ci recommandait la tempérance, la puissance sur soi-même, comme moyen d'arriver à la contemplation de la vérité; tandis qu'Aristippc faisait de cette tempérance uh art de volupté et do pîeisir, et qu'Antisthène, en l'exagérant, le poussait au figorismc et à la grossièreté. Mais il ne s'agit point ici de savoir si Socrate aurait admis les c(mséquences do l'un ou de l'autre système; il ne peut ôtre (question davantage des dispositions que pouvaient apporter a ses leçons quelques-uns de ses disciples : il s'agit sinq)leT ment de savoir si les doctrines d'Arislippe et d'Antistliènc se peuvent rigoureusement déduire des principes posés par Socrate. Or, c'est ce que je crois et ce que tout le monde supposait avant M. Vacherot. La tclnpd-
t]\ii ne, peuvjQAl jamais être deyin^s ni p:r^yu$ ; ou saH quç e'qst.là ce qui*fait le caractpfc (i<?s différputqs lif^téra^uras. J^r^u^^z, Lçi Foutaiue, aualyse^ s^g febles sous, çeppint.da vue, et vous reconuaUrez que tû\it ce qui Iç djst^igue, lui ^ étjé dpuué p^r la société fr^uçaise.. De tellp sarteiquQ ,si Tou admettait, ayeç Pj^Uagoie, ifuç ïuôîuft.auic pour Esope, Phèdje et I^ Eputaii^ç,^ il seiait ;V,ypij4e.dire quft, tquiours égale ù elle-T«ièï>ie, plie a jdû 4:^^ç<^ss;aire^)|eI^:, (lafls se^ trois fu^|\ifestations, appa* raitro; spi^, - IqUc qu telk figure. A la Hi^ du ijionde, Jjq l)<?au, absolu résultera de la sonime des inçliviçlviaîité^, j, ;En général, 3I-. Qéru^e^i ni'^. ppru au niveau de JSt, iSaint-Març-Giravdippouj: L'ensemble des choses, i>\ai$, je lui ai ti^ouvé mpins de verve, de vivacité,, de f'elief, ijioins 4!^p>rit et ,de çaustiçil^ française. ^^ ;^ ,, , .. .JjÇ me suis ;éLe;idu .un peu longuô^^eut, sur ces trois pj-ofoss^urs,, Tjjp,^ qi^e, si.un jo.urou.nVadres^aitle re-: p.ix)cli(?; d'pïvoir.^égljgé Iqs cours .dCi la Sorboune, vous câni^U^iez inou qxcuse. Depuis si?; ^qipabaes .^virpri^ Je. prends conAais^auçe dqs j)i;inuipaux ouvrages de ^o^ ptofôssôurs .d^ plu|osQpUifî. .Ji!ai.l\i M- .ilpuffrqy,il. ;Gw-r fliii,.Mi;Damir4)n, Ji..ïhuii9;t^;M. C^rdaiil^Pi, /^tp. J[?iî>8 puia voRAs exp^^imer poi^dâeu cattel€^u;:çi,i^e. fftUêfU^i c«)mbiea jô preqdô eu, dégpùfc et tes dqçjLriues et l^/au,-f 4e^r&. D'^iilkur^, J^ petit. tP.a»4gQ^la<(î<^lw^Wi^W»§tiWfcf que je;.crpi& d^iiîQUyrir.eutjçe ^w^ mi^xmm^ k.m^i^ laireha'ir, M.Cpasiu fait; l>31oge de U. IJaini^ftU Q^;de M.iJouflfeoy- M. JQufî|-^y;p0^ip M:, Da|niïpfi,jQt,M.^iB ^a-rdaillaç; M- Dapùrp» et,; M». 4q. Qai^aillaç,. it legj? tOtUi\ cantaut,^tr^c^ii^Ufsifj,ii'c^ini}ç ïépipii'açit4édifl^^ die louan^-es et de flatterie^.. Mais. np vpus^tt^dezipa^i qu'ils. disPiHiJ^'ï^^i^W» ftijOAidlua pbilp^apb0jefli4^har§ de leur confrérie. v»u donjl 1^^ id^fs eoatrcdi^eut , 1?§
iau)r^; »(JSu, la |joiM,ie foi ne va pas jusqu'à une telle abii^aticai. Tout cela, me r^nd plus mutin et plus farouche eûCorQ que je, n'êtes venu. Je vois il. Droz 4eu|iç fois par. semaine; j'ai jÇait uncvibiloàM. Jouffroy, il y a trois jnois,. et jeu pes(jo là.
Jç ,i)e , sujts touriuejilé d'a^çi^n sç^liment d'indépendaiice .e^^rée ;. cel^ii qui puijil^^qvpuçr tqut haut tout oe )[ja!il p^se, tput-çp qfj,ll yqut;jlairc,.est le plus librq des h^ima^es. J.e f^vris jurer, fd'puU'P P^rt, que nul moins qijyeB^oi 4'est ^ur^eaté"^trHUii)iU9n de la fortune et Ae Jft gloii*, et je, u'çn suis que plus disposé par lù- Aiéme à iîew;)uuûit|r<?.qu,e si jamais je parviens à un cevr taÎD e»seml>le de connaissauccs littéraires et philosophiques, je le devrai ,tput eptiqr à TAcadémie, Ce qui pii^faâtr^g|(et|Meri|ia4ipW4^atioj^ est la crainte fondée (te jifi pia^ i?éppi^dre §tix espérances que j'ai fait conce- ¥Dir, ©tick voir la pea^on S^uardp&ir eutre mes oaaii>s, M. i>iK>z r^ déjà repQiinu; j^ s^is d'une miture difflcilo, d'u^e huB^ur chagrine, déliante» onjibrageuse et misanthrope; et d'après UQ^ çoaversatipns, a,i;cune espèce de oam^èii^ np s'est trouvée aqpç^sihle pour moi. Je sortimi de jojaissa^co àjpeu près tel que j'y suis entré, p'^st-^-dire uii-,peuj^lus instruit, inais .sans destination littéxîairo.
iic9i3 d(»m^ rexploitatiou Isolée de mon talent personnel, si je m'en trouve un toutefois; mais où est la preUfV^ qu^^^suis assez ridit^ de mon propre fond, que ma fofr^ «st wffîsante pour vaincre tous les obstacles ? Les hoTOQCwe 4'^û vrfii taleat, d'un mérite même transcendant, ;i^ mçmqi^p^t pas aujourd'hui. Ceux-là même que seraientnils, si des fonctions publiques et d'immeHâes relatiQîissociaJiBS ne posaient }eur individualité? N'allez [pas croire que ma mauvaise volonté, ma pa-
rosse créent seules les obsloeles; que le mal ne vient que d'une sotte et \ainc opiniâtreté; non, j'éprouve tous les jours, à chatiue minute, que Tisolement, la méditation solitaire sont le seul élément vivifiant de mes facultés (j'ai autant besoin de m'écarter des hommes que de vivre dans le plus complet oubli des exigences sociales et de moi-même). Je reconnais volontiers tout ce qu'a de fâcheux une telle disposition, mais elle est donnée par la 'nature. Tel homme a besoin de l'excitation continuelle d'une grande ville, du monde, des salons ; tel autre doit chercher le recueillement et la contemplation dans la solitude. Voltaire et Beaumarchais se trouvaient bien du premier genre de vie; Roussoau et Saint-Pierre n'ont été ce qu'ils furent que par le second. Depuis mon arrivée au sein de Paris, malgré tout le soin que j'apporte à faire le vide autour de moi, j'ai senti diminuer sensiblement la force et la fécondité de mon esprit; mon horizon s'est rétréci; incapable d'être bien dans ma condition présente, j'y suis plus mal qu'un autre, et ma défaillance s'accroit encore de toutes les appréhensions (|ue me donne mon état. Joignez à tout cela les ennuis toujours renaissants que me cçiuse une exploitation onéreuse pour moi et dont je ne juiis me défaire; et pour peu que vous tiriez dos conséquences, vous comprendrez facilement tout ce qu'a de faux et de délicat ma position.
Lancé dans l'arène, je ferai de mon mieux pour arriver jusqu'au bout; mais comme je me crois seul juge des moyens que je dois employer, il pourra bien arriver que j'agisse en quelques points autrement que ne l'entendrait peut-être l'Académie. Il est possible, par exemple, que j'aille passer ma seconde année a Strasbourg, entonflio lo seul philosophe que la Fraucc pos-
DK P..J. PHOIDHON. 40»
sèdc aujourd'hui, Tobbé Bûulain, et me placer dans des conditions tout à la fois plus favorables et pour le régime et pour Tétude des langues et de la philologie. Ensuite, je me propose de consacrer les deux derniers semestres de la pension à acheter des livres, la première et principale chose que j'ai demandée. Enfin, je me prépare peu à peu à la seule carrière que je crois pouvoir remplir utilement pour mon pays, je veux dire à la publication d'une Renue de Fraihche-Comté. Cette entreprise, exécutée dans le but d'agir sur l'esprit de la population sans aucune vue de proût industriel, et comme moyen d'éducation do la masse sociale, me semble n'avoir été jusqu'ici ni conçue, ni comprise ; je vois partout des spéculations intéressées, mais je no trouve nulle part d'œuvre patriotique. Deux choses doivent distinguer de tout autre le projet qui m'occupe : \^ aucun article ne devra être rétribué; 2® lé Wnéftce que l'on pourrait retirer du nombre d'abonnés servirait a répandre un nombre d'exemplaires gratuits dans toutes les communes. Voilà sous quelles conditions je conçois la mission du publiciste et la culture de l'esprit public. Je ne m'étendrai pas présentement sur ce plan que je vous laisse à méditer.
Je suis votre tout dévoué et fidèle i^ensionnuire,
P.-J. Prûudhox.
m COUHKSPpND ANCB
l>arfê, îl mars 1^.
A M. MAURJGE
Mon ch^r fît aucieu collègue, je ne sais çombieii de temps <?nco?'e vous at^eiwirez l'argent que jç vous dois; vous $avez qu'il est sûr et ne peut manquqr; mais il parait que les comptabilités acar. démiques ne marcjient pas comme : la vôtre. J'ai chargé ;mon parent Proudhon de tauqber pour moi; c'est lui qui vous remettra 83 fr. 15 c, argent dç MM. (jaiiimiQ ; plus 43 fr. 33 ç. que vous m'ave:$ avancés.
Il n'y a rien de nouveau ni de changé dans ma condition depuis la dernière lettre que vous avez reçue de mot; et je no sais qui peut l'aire mystère de ce que je lui écris. Je ne confie guère au papier que ce que je veux que tout le monde sache. Je lis les épreuves, momentanémcHt , d'un journal légitimiste, VEwrope ; et je bâcle de temps en temps un article pour Y Encyclopédie catholique^ de M. Parent-Desbarrçs ; voilà tout. Je fais de la philosophie, pour m'amuser, m'occuper, pour dire que je fais quelque chose ; car, du diable si personne conçoit rion ici à ma manière de tra-
DK P.-4 PlitaiDHON. ilï7
vailler. M* Bros m'a déjà répété plus de qualre fois qu'il -ne peut s^imagiuer par quel secret j-ai ap(pris à écrire en français, et que tout ce qu'il ¥oit de plils cladr dâQs ina &9(m d'étudier » c'est que je pesrdssuon temjiB. S'il n'y avait pas là quelques preuves matérielles pour jLe trauqiiilliaer, ILmie rega-rd^cait; je craûss comme un écolier désespéré, ioisâi trouver^t-ilquic je m suis pas ai^Jecoiràiûte.. Be.tQiiit ce qu'il me. couâeilk, je n'ai QUQore ijajit que Ge<|ue je voyais comme hû. Cepead^nt^ no}^ YÎYQUâ Ixictt eu3^ml)le, at je l'oime siucèromieat. :
Je compte tDujour&.sur L'acoessiou dé M. FxMaroautà l'imprimerie. Il désire, ila/eafiipe; puip il^ peur^ M laÇo^ pa3. Kt'je ne lé presse pas. Je veux jnainte&ant ^u'^u âey6liant> mon associé, s'il le deiâent, iLm;iiil i>Ji)ligatiou* Tout diangc dans ce monde; ek^r censée quent nos différents rôles. .;
Uermaiim n'est pas 'lieuseux : ses appointémeait^ ne peuvent lui. su£&re^ il a la tal>^l6 ^ 200 fraxics par am Ba cbajaid^ra lui.ea emporte. A)^^.. Son pieiron lui a^laii souscrire dernièrement un billet à ordre^ au 24 a^ril |>rbcha^ ; il hCiCompreoiaiit pas clairament ee qu'il taisaity ot n';a pU: ma rieu expliquer sur les inten^oïKi présilmables^ jdkii scui niait re . Il est éfrid^nt <fae i o^ bfll^^ signé ïHeri^auUf est'Uiie.yaieur fictive dout son malipe a bdsoiaa : :: oek > f^ise i Id faRix. > Go . pauvre HeMiann tr^:iibla d'iètFciiiuâi en;priaoii pour deites^ etij'«i'OU bé^ûcOlbPidéjpGijBA^ à.iiQ.r9ssiii»rQr. Je. lui lai fait igagoef quelque icliose pai> ûxk eapcomnvMlaf^ ; il est: plus en«t dormiqdaetjasàais.. Il ag^ak. irès->urg6Râi die lui procurer ^elquea secosurs, en ^ aUêndaiitt qsi'il puisse sei easef ailleurs^ Iiimprifiaeriefistm^rta. i
J^igiiarejsi:M«'? L'^^ se remarie, «àa» je suis bâan aise que sê^ santé s<^ifenipiHntre. Jusqu'à préseïit, la
108 COnUESPiJNDANCK
maladie qui Ta dévorée, et que vous connaissez aussi bien que moi, est un sûr garant de sa bonne conduite et de la pureté do ses mœurs. Mais il y a terme à tout, et il serait temps que les visiteurs officieux cessassent, par de plus longues assiduités, de compromettre son repos. Attendre qu'elle y mette ordre toute seule, c'est espérer que les poules donnent la chasse aux renards, car elle est bien la femme la plus faible, la plus dénuée de caractère et de volonté que je connaisse. Cependant, il faudra qu'elle se résigne à se priver volontairement de sociétés, qui peuvent lui être agréables, j'en conviens, mais qui ne peuvent pas toujours s'accorder avec le soin qu'elle doit prendre de l'opinion publique. Quand M"»® L • ♦'^ me fera l'honneur de m'écrire et de me demander des conseils, je lui parlerai sans détour et dans son véritable intérêt.
Je n'ai rien d'intéressant à vous apprendre : tout Paris est occupé de la crise ministérielle ; on parle de prorogation ; et si le commerce ne souffrait pas, il est certain qu'on rirait beaucoup.
Le maréchal Soult est sorti de la dernière tentative grommelant entre ses dents après ses futurs collègues et après le roi, et disant : « Ce sont tous y...-/*.../ » Voilà ce qu'on raconte. Le petit Foutriquet (c'est ainsi que M. Soult appelle Thiers) a une envie démesurée de devenir ministre, mais pas au point de consentir à redevenir ce qu'il a été jadis ; il lui faut aujourd'hui <Ju pouvoir ; il veut être maître. Quand il avait sa fortune à faire, il ne disait rien et passait sous les jambes du maréchal Soult ; mais à présent qu'il est grand seigneur, qu'il ne peut plus souhaiter, il change ses conditions. Chose étrange ! pour moi du moins. On ne veut pas que le roi gouverne, mais on veut gouverner
DE P.J. PROUDUUiN. m
soi-même, comme si on élait plus infaillible ({ue le roi ! Car je suppose que vous n'en êtes pas à prendre au sérieux la responsabilité ministérielle. J'avoue que si j'étais tiers-parti, ou dynastique, je serais pour le gQUveruement personnel du roi, avec la responsabilité des ministres ; quitte à ceux-ci de laisser la leurs portefeuilles quand ils ne voudraient plus répondre !
Ecrivez-moi toujours par occasion, et je vous serai obligé.
Tout à vous.
P.-J. Proudhon.
\ 10 ccmt\EsroS*D.\NCE
Avril 1839.
A M. MAURICE
Mon cher et Qucien collègue, je n'ai pu acquitter votre facture de MM. Analin et C»<^, parce que j'avais disposé déjà des 83 fr. lo cent, de MM. Gaurae, et qu'il ne me restait pas assez d'argent pour faire la somme. Bien que je travaille depuis quelque temps, je n'ai pas encore touché un sou. Cependant, j'ai tout lieu de croire que mes diverses occupations suffiront toujours à mes besoins personnels, en sorte qu'il n'y aura pas lieu pour moi à prendre rien sur ma pension. Par là, Tacquiltemenl des intérêts que je dois pour cette année et l'autre, ainsi que le versement de mon premier terme, sont assurés. J'ai donc encore deux ans pour aviser à sortir de mes embarras. M. Droz, qui a Uni par savoir, que je travaillais pour des imprimeurs et des libraires, et qui avait conmicncé à m'en faire des reproches, m'a pleinement loué quand il a connu tous les faits. Vous savez, par la lettre que doit vous remettre mon parent M. Proudhon, que mon deuxième semestre restera à Besancon entre ses mains pour payer où je dois. C'est ce ([ue j*oi fait connaître à
DE P.-J. PBOlIDHON. ïH
M. Droz. Ëii soiiimc, et après de longs détails sur mes affaires, je lui ai dit que je devais 10.000 francs, c'està-dire iiOO francs d'intérêts par au. Il a répondu que ce n'était pas un mal sans remède, et qu'il n'y avait pas de quoi se décourager. Je suis vraiment joyeux qu'il envisage la chose sous ce point : le remède sera peutr-être plus tôt trouvé.
Depuis que Vieux a quitté Paris, je n'ai pas de ses nouvelles ; on vient de me demander le second Bergier (|u'il a vendu. Vous ignorez peut-être qu'il n'en existe plus nulle part, ni dans le magasin ni ailleurs; il serait donc à propos d'en faire brocher au moins deux cents, .sur lesquels vous m'enverriez quelques douzaines.
Lorsque j'ai conté à Vieux notre tirage particulier du Soïilogisme, il en a paru blessé, ce que j^attribue inoins à la délicatesse dé sa conscience qu'au dépit de n'y avoir pas pensé pour lui-môme. Toutefois, il serait, pour le moment actuel, peu disposé à faire précéder les intérêts du curé de BrezoUes par les nôtres ; car ce curé manque d'argent, et Vieux aussi. Xe comptez donc pas de sitôt sur la coopération, et tachez plutôt do faire quelque chose avec le curé de Riez, ou tout autre. Je pensais que la demi-feuille dont vous me parlez était composée et tirée ;.5eut-ôtre que ma mémoire me sert mal ; vérifiez, s'il vous plait, les livres d'impression et de banque. Du reste, agissez comme il vous plaira.
J'avais cru devoir donner à M™^ L^ ^ ^ queLjues avertissements généraux sur ce que vous m'aviez dit : il me parait que mes avis l'ont blessée, c-ir, ni par vous, ni par aucune autre voie, je n ai reçu de lettre de sa part depuis plu>s de deux mois. Ce serait sottise à elle de prendre si mal des avis dictés par le seul. intérêt
M2 i:ouuksponuax(:k
({u'on lui porte. Elle est libre, au surplus, de choisir entre mes conseils et des suggestions étrangères ; mais jamais je ne souffrirai entre elle et moi de sujets de tracasseries et de cancans. Qu'elle en prenne son parti. Le jour où je recevrai sur sou compte d'autres rapports que les vôtres, ou ceux de gens dont la bienveillance pour elle ne peut être douteuse, je mettrai entre elle et moi un intervalle que la clameur publique ne franchira pas.
Je ne vois plus MM. L""' ^
J'ai été tout malade ces derniers temps, du froid, de
l'humidité, de mon dégoûtant régime, de l'excès du
travail et de la crise ministérielle.
Adressez vos lettres, s'il vous plait, à M. Proudhon, non pas homme de lettres^ mais imprimeur ou élndiant.
J'attendais une occasion pour vous écrire ; elle no partira pas avant quinze jours, et il est assez urgent que vous fassiez commencer le brochage des deux cents Bergier.
Je vous saurais gré d'avertir Huguenot des choses que vous pouvez découvrir sur Perrenot et autres : il y est autant intéressé que moi.
Je vj)us salue de tout mon cœur.
P.-J. PROUDHO!f.
Di^. p.-/. rnwyhi>N. %ih
Paris, U avril iQ'id.
A M. lïUGUENET.
Mon cher Huguenet, tant que le pilote a les yeux SUT la boussole et la main au gouveruai!, le vaisseau brave Torage et la tempête; mais de q.u<»l serviraient tous ces instruments^ sans Fiutëlligencie qui consulte et dirige?. Je m'approprie vos idées et votre style; ii*ea soyez point jaloux' : je vous laisse à faire l'application .
Je compte incessamment déterminer une nouvelle société; car de vente, il n!en peut être question. Il faudrait ma volonté d'une pai*t , et un acheteur de Tautre. Yous savez combien îi me serait pénible ^e faire face à tous mes engagements au sujet de l'imprimerie; ce serait même m'exposer, si je n'avisaiè ù' trouver un nouvel auxiliaire, à une catastropiie inévi-^ table. Je garderai le brevet ; je demeurerai votre chef ntSminal, votre âme et votre conseil ; et je vou^ enverrai un homme d'exécution, avec qui j'ai tout lieu de croire; que vous vivrez bien. Quand la chose sera décidée, vous en serez instruit.
Si vous entendez reparler de ce J^rojet de journal, vous pou^TZ donner a entendre que j'y coopérerais au conREsp. I. H
besoin, sans toutefois dire que vous êtes chargé de faire une telle promesse. Faites valoir toutes les espérancee, toutes les présomptions ; dites hardiment que vous êtes sûr de la chose, sans néanmoins laisser voir que vous avez des instructions officielles.
M. Maurice m'apprend que Noir dirige l'imprimerie de Gomet; je ne sais s'il rachètera. Après les offres que je lui ai faites, il ne pourrait donner une plus grande preuve d'imbécillité. Je lui offrais les mêmes avantages, lui demandais moins d'argent, lui garantissais de plus belles chances, et lui montrais des espérances mieux fondées. Veut-il relever la boutique de Gomet avec sa fortune, et créer une imprimerie de plus à Besançon, oaF GomeV. ne. cpip^y. pa:j ? J^e dp^te qufil T^t^s^j^s^^ et qu'il yi^u^ i Jx^tde rié^lj^r .a4i|cvttiJ>éa^.^..,<J^i opi'iliiwpive;,: j'espère qu-ua jour jej u'wrtU ri^,,y ciraiîidr*^. 4'\W nouveau coiaQUfrentt lOt q^o, je ne \q regretterai p«^-" Alors il ,con;ipveutLra peu^-^cç .couU)ieji uîieiDX >VWtf do ^!^ss^ci^r .qiM> d'jélcver autel QowtjreauJUîl pçr^rila perler d,i^tx)us^ .: ; .
; NqaiiLffQires, i^Qni brillantes, vu ce qi;i «q passa qu icfus-lieux. ;^v^ratjvient d,'avQiruno pssei^bléed'açtiouT^ xk^res ; on parlait. 4e îHqj^ider» Il a otferl, pour: une gr^dq entreprise dje Ubrairie, ses presses e^ caractère:^,: Qt il ,ue d^raûucle p^ur salaire, que ses déboursés I I^e miOtif psUiQa pe wnment VipapQrlçyic^ û^ueitpçis laisser fpcmer ,9CH^ Eitelii^r . . La .banli^aij^, q» vqhit tau<tj, et tu^ , la qapitijQ par la boa marçUé^ }iL Didot /^ uix atelier en pjROviuoe^. à Dreux ; il y occupe une n^ultitr^do de compositrices ; c'est là sa grande forge. > La ^ai^?i ..de Paris n'est presque plus qu'une succursale. Ainsi il en vaet il en ira da ri^prhnçrio. Les nmcbiws de toute ospèpe, y compris les femmes, ont lue la main-d'œuvre,
sang p<kivoir profiter à l^mpridiepienli au libraice.: Gclui^ci^ ^8é({uH par l's^pât dii4x>n maiicliâ^ a «fait tirer à ^at^d nômbl:^ ; se^ iiiagaskis soiii ozieombréSy :etia> pTOduciioû est arrêtée. C'est nue chose admirable (|uei tes iûveûtioAiS^ modérées ; maïs qu*on apprenne, donc à en combiner Tusage avec les besoins réels et non factices d« commerce, avec l'intérêt des classes c^vrières et des spéculateurs ot maîtres. Lp mal n'est pas dans les calculs, qui ne trompent pas ; il est dans l'abus des calculs et deâ forcea» . i.
Je vais sonder le terrain et commencer mon attaque pour lac&Midation d.'uni3 Revue. J'en écrirai à M. Pérennès dans la huitaine. Il faut que cela marche ; car ie ne.leur Jaisserai d'autre espoir d'utiliser leur pensionnaire que celm-la.
' Je laîs de beaux. rêves, mais si modestes, si laciles a réaliser, qu'eu vérité l'accomplisseinjefnt doit suivre le désir. Je yeux-, la jSetJWd une fois créée, lie faire autrç chose et y vaquer tout à mon aise, clans quèlquie manoir, campagnard à portée dé vous. Croyez, iiion cïier Huguenet,^ qu'aucune autre ambition quç celle de servir mon pays par la presse et la parole ne peut avoir prise; sur mon cœur. Je souffre de mon exil; je déteste la civilisation parisienne ; je cric à qui peut m'entendre : Fugite de niedio Babylmiis, Je n'aurai de repos, je no retrouverai l'usage de mon esprit et de mes facultés, je ne redeviendrai capable d'écrire que sur les bords du Doubs, de TOgnon et de la Loue. Les gens de Paris' ne peuvent rien entendre à des paroles de vérité, de justice et d'abnégation, et je n'ai pas le secret de galvaniser des cadavres. C'est trop pour moi que d'habiter cette immense voirie, ce pays do maîtres et de valets, de voleurs et de prostituées, Un jour, le chant du tiépa?
im eORRESPONDANCK
rettmtirci sur Pariis et Tiendta des prmdnces. J'espèra que j lu vieille Franche-Cbmié sera Aes ftemët^s à eiiUmuer rantifinne. Séjour des intrigaota, dos tyrans et 4e leurs suppôts, fabrique de mensonge et de corruption, Paris sera désolé avant que le XX® siècle ait commencé à poindre. . i .
Excusez mes phrases, à la Jéréinie; j 'exhale ma colère du mal que j'endure.
Je vous souhaite le bonjour et aux amis»
P.-J. PrOudhon^
P'S, — Je lisais lés épreuves d'un journal carliste ; on m'a contesté mon salaire ; il m'a fallu chicaner, disputer, plaider ; j'ai perdu sur ce qui m'était dû légitimement, et j'ai abandonné cette ququé du dîable. C'est, du reste, ce qui ne pouvait manquer d'arriver : il nîVst impossiblo'de travailler de nuit.
J^avais écrit à M. Péreiinès jeune ; je ne comprends pas qu'il ait tardé à me répoudre. S'il yous porte une lettre, attendez une occasion.
DE l»>j. WIOUDIK». 117
Patii. 12 arrU 1837.
A M. MAURICE
MotLcher ex-rassocié, je vous ai. déjà mandé une fois do ùdte brocher au moins 200 Bergier; yeuillez presser un peu cette affaire et m*en expédia deux ou trois douzaines; je n'en oi plus un seul. M..Desbdrres en prendra d'abofd une douzaine, puis une Jautire, et, peut-être, à mesure qu'il en placera, vous idésencom- J)rera-t-il.
Je ne vois pas dé possibiUté de fai^re ri^ pour le jeûne de Jésusr-Christ ; Vieux n'en veut pas entendre parler. Il faut laisser passer encore quelque temps, puis, en élevant le prix moins haut H en le (aisimt colporter dans les village^ et les couvents, nous finirions peut-être par en tirer quelque chose. Il faudrait pour cela ma présence active ; mais, avant tout, il faut laisser passer la crise commerciale.
Je ne comprends pas votre débat avec Faivro ; je ne. saispius ni comment ni à quelles conditions je lui ai vxmdu : vous avez en main toutes les pièces; failes-»-le marcher. Il a reçu trois châssis : deux in-8<», un in-12,/ ffu-il était convenu de payer où de rendre; cela est si vrai que j'en ai commando un à Baptiste pour lui.. Baplisl^* ne l'aura sùrcineut pas exécuté ; maiâ enfin,
c elait pour le compte de Faivre, (jui devait auîssitot renvoyer le châssis in-12. Il en est de même des galées que je lui ni laissées : le prix devait être celui qui me serait demandé par le menuisier Milot, pour une galée neuve toute pareille. La lettre qu'il vous a écrite et que vous me communiquez ne renferme pas une bonne raison : elle témoigne de Tenvie de ne pas payer et peut-être de la mau^t^ûise hiilnetir ;d'un homme qui commence à se trouver dans l'embarras.
J'ai été surpris de la mort presque subite de Gomet; mais je le serais encore plus de voir Noir lui succéder. Cétt^s; liprèâ > tes oStcA que je lui «i im^es^ ii lui aeyalt difficile de donner une plus: forte. pi«u^ .d'imbéciiiité^ J« ' iUi offraiisi mtoies avantegcs^ môiâe nMitiûse, plus belles chant<es, espdraâces naetix fondées^ et eia mésna temps j^ lui demandais bien moins d*argent Atijour*^ d'huiv par la démo^ralisi^ion? typographique qui tègn^,; s'il était mon associé, il pourrait à peu près seilatteri qûe^ Irois imprimeries satiiKepi ^ Besamçoa n'eidsiént phis : il »• inbu» resterait plu3 qa*une eoucilrrenco rëoUonlcnt ', redoutable, Sftiftta^Agathe; xî&r las.déujc; aatpe»/ Déis et Ghalundfe, «K)nt tpoj) eàd^mà d&^iXQire, spécialité «t de nos petites aâmres pour^ èti^ «o»q)tépâ . Et c'est là le moment qu-^rait prendre Nôii: pcmr élever dntel cûifttre autel.l II faut) ètFe bieur ayenglé par l'amour-propre et l'égoïsme;. Ileii «^eiu 90 qu'ilsçoudça;. mai* j 'ose espërop >qu'uii jaur il pqurra reconn^blre;- à son grand déplaisir^ la justesse djeceiUQootiibintkisaar ettqueV nioi, je m'iauraipas lieu.de regretter scm aliliai^œ^ ' Qu'il essaie. du métier, et je l'atteJxda dans trois on^.s : ! Si vous vayea M"?^ L**% . dilescrjuii que^ eonfomiémenl à son déçiry j'# ^crit à mOu pareut .ProudbojjLj.pqfur qu'on la paie plus- exaei/ement Ma lettre, q»ue j'ai ye-i
toteé à Uiie^otîeusiofi^ n*amvcra (|iue latiJi ou mardi; Jtî lïo' puis fm'émpèc'hcfr dé HÔTtièT la' tlmiditë très^ma) placée- di M»**»'!!**'! aVtec'iitt -pieu ih caraétèrev ^lle s^'SèMt^adteîâsde'ft M. PrbtidhbU, qtil aurait troUté trè*i^juitc sa réclamation, bt âë serait empreâfeé de TacclfelHir. -^ Pour évitci^ IbUt embarras ^e'coiïiptosî dons le'ca^i ôÙ'M"»* L''** aurait travaillé pour la liciul-i dalidttv'^ûâplaledc^z vos bWchU^eâ ù MM. DfeèsiHet et Hugueneti (jui, do teur o^t^é, doivent fnàrè lafibatirlue à
S&xôixslrettéttm du ttliàîstèfU : pour être an» service de 'I:K)U*s-'Phiî5ppè, il fatrt ^tte satig'Tolonté' ou^ sans esprit. Le premier ne me convient pas; le second, per* ^oirtiê n'oserait l^feivoUer Ced jours del^ftibrfe, on disait, par le nitoûde, 'que M" Deéaxfes, s*étânt: avisé,' oli plus ft>rtkidte cfisé miniétérielfc, dln^îûtier utie abdication en faveui" de Gocô-Poulôt, Louîs-PhiMppe était entré dans uiïé ébfôrc extraordliiâîre; qu'il uvail mis sou lîls aiwémixùrtèt^, et. qu'on avait eu tdufcos Ibs peines du monde à Tempêcher de faire faire le procès au eomt^ Decazt?S. Cette dernière pârtièularité mo rend un peu suspecte U ^'^TÎté de Vonècdote, qufe je vous donne d'aiHeUrstelle cfue je rai entendue.
Une chose qui paraît plus certaine et que vous aurez VII démentir dans tous les journaux, e*est que M. **• a réellomeut près des trbis quarts de sa ibrtuii^ dans les fondb espa^oîs. Pendant son dcrtiier ministère, il acheta à un prix extrêtnement bas une gfandô quantité de ces actions ou effets, cotoiptaut bien déterminer par sou ii^U^nce sur les agités tm tttoUvémèntfle haUsse : il i^VsBt trOttvé^ déçu da^rt» tees éspéran ces. Lorsqu'il étaî t qafefirt-iornnèe! son entrée aux^ affaires, iP y af trois sem«iin«sj il'(àVàit^¥cnOH<îé,' il e^t vrai, ù! ies- idées d'iulétr-î^
m cottHK8W^Niiiv.NCfc; i
vciiliQu; lirais vous pouvez compter qu'un homme CopiQic lui pq 8er^ j«i^ipai$ ; embarrassé de ; xegagner d'une jn^iu ce qu'il aliandonnara de l'iauCre. I^s geus bien jinforiB/é^ et impartiaux ne; font pas ici beaucoup plus grand cas de sa moralité que de celle de Gisquet; cependant, vous voyez que la presse en a presque fait un h^ro^, l'espoir de la France.- Pour être tout à fait daus le vrai,, il faut dire que son ministère serait uu pas v^s'l^ j^iaB, car il est trop eag^gé av«c lemouver nient de gauche pour pouvoir jamais faire ses.arlequir* uad^s QQmme par le. passé; mais vo^s pouvez croire que ]fi règuô du scandale çt du gaspillage uq. serait pas ilûi.
Hier, on faisait devant moi le calcul de ce qu'avait coûté Tobéllsque de Louqsor, qui, comme vous sav^a, a été donné en cadeau « la France par le pacha d'Egypte. iQjgi révaluait à 4 francs k livre, en sorte, diaait- ')n, qu'on aurait pu avoir jïour le même prix un obélisque ep ehocol$kt de mémf grandeur. et dç même poids^. « . / ...
: Les éI^^utier,s, après bien des hésitations^ se sont délermiués À rentrer cbet eux. On ne doute pas eertaincnient en province que ces prétendues émeutes no soient le fait de la police; eh bien! cela n'est pas exactement .vrai* Le gouvernement désirait et provoquait une collision, piarce qu'il avait pris ses mesures pour écraser les perturt^Pieurs, et que, dit-on, il en avait besoin dians ce moment; mais il n'est i>as moins certain que les sociétés secrètes ont délibéré sur l'opportuûité d'une tentative. Je sais, par les indiscrétions dç quelques affiliés qui ont cherché à m'embaucher, que ces iSOciétés comptent aujourd'hui plus de 15,000 membres, tous liés par le serment sur le poignard et un ardent fana-
DE P. J. PHOUUHON. !-Jl
lisme; je sais (juc tous les chefs les plus fameux, dont quelques-uns sont encore sous le poids d'une contumace, sont réunis à Paris ^' j'ai vu quelques-uns de leurs ordres du jour; ils n'attendent qu'un moment favorable pour tomber, comme le chat sur la souris, sur le gouvernement de juillet. Il paraît même que le jour d'ouverture des Chambres avait été fixé, mais qu'on devait prendre conseil des dispositions qu'on rencontrerait dans la bourgeoisie et la garde nationale ; j'avais reçu quelques avis qui m'engageaient à ne pas sortir. Les légitimistes, cette fois, ont empêché la ressouTôe de l'éfiftèùtte : la coalitkfn l^r a donûé de si frTQiîdes espérances qu'ils se croient tout près de leur but. : .î ■■•.•;.•■' .
J'&i assisté, le jour de Pâques, à la messe à Saînt- Eusjaèlîè. Lfes prêtres et* les carliistes vous diront (juo k France renaH 6 la foi : mensonge! l'indifférence conduit aux églises 'comme Téspfrit d'opposition défendait, antrofoid d'y ènttor. Il y a 6t)0,(M)0 Parisiens de tout âge et de tout sexe qui ont moins d'idées religieuses et morales que Laitiotte, qui en savait assez pour discuter stH" la <jtieâtiôn dé savoir s'il vaut mieux faire faire la première commuirion à onze ans qu'à vingt' ans.
Je n'ai point l'honinôur do coïinailrc M. Thelmier, mais je sais gré à ti&tfles les personnes cfui parlent do moi avec «stimeet bfonvofllance. Je ne^ connais pas davantage M. Gaunard; je ne coimais que M. Ouéuard, Fous-bibliothécairc, que je suppose être le même dont voua mo parleîs. Vêaillez lui fal^e parvenir la lettre C!-induse.
Tout à vous. ^
P.-J. Phocdhôx.
m noHHfeSKhNbASCE
l^ris, Iraii Ï839. '
A il. UUGUEXET
Mon ctfcer Uuguenet , Foucmut refuse définitive^ Dfient (Venibrasser rimprimerie, au gr^tid dépâaisir de sa femme, à ce que j'ai cru voir, mais il n'osef contrarier son père. — Je me suis adressé depuis au mémo jeun^ homme dont la famille avait priH des iufprmations ; il écrira demain à sa famille, ; et, comme il désire en finir au plus ^ite, j'ai lieu de croire que nous terminerons ù notre satisfaction. Je lui ai esquissé un projet de traité qu'il communiquera à sa famille; j'ai réservé par Tune des clauses 5 p» 109 sur les Wnélîces en votre faveur. Vous me direz que vous les donneriez Lien pour 5 centimes do plus par jour, mais vous savez que toute récompense n*est pas d'argent, et vous êtes fait pour le oomprfendne mi0nx que personne. Si je pouvais rester sieul, si j'avais de quoi m'acquitter, je ferais mieux,; mais je ne puis dï^ poser dd c© dont je ne suis point seul maîtte. Faites^ moi don<e épouser 20 ou 30,000 francfe !.;.
Mon parent Proudbon me marqua; qu'il est bien fatigué de sa tenue de livres et qu'il lui tacde d'^en.ètrei débarrassé. A cela je ne vois qu'un remède. ..P.ui^tt'il est entendu quo c'est à vos risques et périls que vous
travaillez, il faut encore vous charger bravement cd ceU« corvée. Cette tenue de livres, avec les documents que vous fournissez, n'est rien; et d'ailleurs, vous savez que je n'ai jamais entendu vous donner dans mon cousin un contrôleur ni un surveillant. D'abord je n'en avais pas le droit, d'après nos conventions, ensuite je ne vous aurais jamais fait cette injure. J'écris à M. Proudhon dans, ce sens. Ainsi, reprenez tous les livres, et si, ce qiujje ne pr^sumie pas devoir arriver, vous aviez besoin J6 mon autorisation pour quoi que ce fût, je vous l'enverrais sur-le-champ. Tenez toujours exactement, vous vos livres d'imprimerie et do banque, et M"*" L ^** son carnet, et quand vos livres seraient arri^éd dé Xfom mois,, ay^c pela il serait toujours facile de ks j^ieLtre» au nivaau, 1 ^
- JÇiVû^ vque lu grand re^^ort est toujours détendu, pour \Qm ; V^Tg^nt ¥0U» manqua >; ee malheur est aujourd'hui coiqu'il y a dû plus coinnmn» Ëusëkie-^vou&ia moitié de ce qu'on a dépensé cta lampions pour notre boa rgl, et. vous eu$siez de quoi graisser las roues de v-o^reich^rretid J^s pauvres n'oui point d» graisse dans leur sQup^; eeU u'ost «point étotàaanl, elle brûle aux. illmurâuatioiis.
Falicft m'a éeritqu'ilyous procurait le plus d'ouvrage? qu'il;pauvait^jî me prie ien même t€anps dû parler pour lui à M* Diozv qui parlera a des députés^ qui parleront àM» iie^rnBd qui lui a promis une plaee. Fallet va iou«^i joui^ à SQu. but: p«ir eiiseftidbe».
Adi^, je vais à .une;séa»ce iic«démiq«iet Bossirleii ^a i partir pour l^frique où ilaeca gérant de 1 10,000 hec*^ t^es de terxey à ii)000ifrftiic»d'âppoiateiii«)t6 et 10 p^ 100 dîiutéîôt.r ^- '
. Pi^J. Peouiwhox* ,
m COnUKSKiNOAScK
Paris; irinai 1839.
A M. HUGUENET '
Mon cher Huguanet^ j*ôpprends qwe moiï brevet est arrivé à la Préfecture; je vous autorise par la présente ù le retirer et à Id conserver eii dépôt. Vous vous rappellerez, ùcepropos, quelenoHide rimpriiuerifenedoit pas être cbaugé pour cela ;^it faut «ncore attendre que j'aie prêté serment. — M'»^ l*>«^* domondo. mon avis sur la nouvelle iniposîtion dont oki a frappé ilmprimerie; ce qu'il y a à faire est bien simple : il faut payer^ eu attoiadàùt qu'on ait fait droit à votre réftlaftiation.
J'ai vu aujourd'hui deux de mes confrères imprimeurs : MM: Marquiset et Sainio->-Agatfae< On dit que M* Boilly aurait envie de monter rimprimede Gomcl. Puisque vous avez déjà réussi' à lertunencr cliesncnis, faifoi^ mieux eneore^ propôsez^luii de èôveoir mon uâsocié, je lui offre pour cela ioute» gamntios, oertitudes, faoîHtés, avantages/ qu'il pourra* ^souhaiier^ «Il ûic seaible que j'ai' une certaine > valeur peffconiielte qu^ ^L Bàilly pourrait exploiter nxi^ux que moî-^mème ; du . reste, vous savez que je ne demande pas mieux que de ne pas me mêler d^'àlfaires. Après les travaux litlé-
raires, itottte mon rambitiou' serait d'être, qiielqueiûiâ votre paquetier. Quant à you9^ vous seriei pirote m. ao^ ternum. Je vouis laisse à xéfléehiF sur touticela. Je ne vous offre, ^s à vous-*^mènïe d'être mon coU^^e, v-ous sayez que Ici préféroujce. vous est toujours acquise ; vous n*aurez jamaisqu'à dire un mat. j
!Mj(N(i:Mémoire>a obtenu une mention honorable; il &'en est. fallu, de peu que je n*ai eu la médaille. Per-^ sonne; ne. Ta obtenue. .Mon. ouvrage a beaucoup plu; son déCaut a été d'ôtre tmp peu. volumineux pour un prix de 1 ,200 francs. On me conseille de le refaire et de l'imprimer. Si je trouve un libraire, oui ; sinon, non. •
M°*** L*** me. parle d'une visite qu'elle a faite à M. Proudhon, mon cousin; si je l'en crois, mon cousin serait fâché contre moi et très-mécoutent. J'en suis vraiment désolé, mais je no puis accepter les reproches injustes qu'il me fait ; et si j'aime à èlre couseillé, je n'aime poiut à convenir des torts que je n'ai pas. Mais ;\iffie L*** elle-même ne lui aurait-elle pas déplu"? Ktes-vous vous-même content d'elle? Voilà sur quoi je voudrais une explication franche de votre part. Vous •.'ous êtes défait de Josillon; sa conduite passée me prouve qu'il n'était point corrigé; j'eulrevois que lu sœur pourrait bien avoir aussi ([uelques-uns des torts du frère. J'attends de vous la vérité» Vous savez que je n'ai pas épousé ni les L*** ni les Janlet. Je crois être juste, mais je veux que l'on marche droit.
Je n'ai pas revu mon jeune homme de Colmar, ainsi les négociations ne sont pas rompues. Toutefois, que cela ne vous empêche pas de faire a M, Bailly les ouvertures dont je vous parle. S'il m'a trouvé dur et irascible plus d'une fois, il pourrait s'apercevoir qu" in
m CrHlttKSKiNDANcK
Paris, 1 rmai 1839.
A M. HUGUENET '
Mdii ober Utiguenet^ j^dppnends- q^ie moi^ brevet est arrivé à la Préfecture; je vous autorise par la présente à le retirer et à Id cônseirTer en dépôt. Vous vous rappMterez, ùce propos, quelettomd^ rimpHiBerienedôit pas être changé pour cela ;Ai faut encore attendre que j'aie prèle serment. — M"»« L^** demondemon avis sur la. nouvelle imposMon dont oii a frappé '11mî[)rim6rie ; ce qu'il y a à faire est bien simple : il faut payer, eu atis«idant qu'on ait foi t droit à votre réelatna tion .
J'ai vu aujourd'hui deux de mes confrères imprimeurs : MM: Marqoiiiset et Safinto-^-Agathev On dit que M» Baiily aurait- envie de monte* 1-imprimerie Gomcl. Puisque vous avez déjà réussi' à lerom^ner cliesnous, faites mieux encore î propôsez^luii àéièvemf moti associé, je lui offre pour cela ^oubes^gamaties,' certitudes, faoiHtés, avantages/ qu'il pourra' :&oukaiier, 'il tac sejible que j'ai une certaine* valeur pef^onnelle que M« BàiUy pourrait exploiter nxl^Ux qUe m(â*i>iiième ; du reste, vous savez que je ne demande pas mieux que de ne pas me mêler d'affaires. Après les travaux litlé-
rairesif: ternie !mon ïambitioir serait d'être, qiielqueibiâi votre paquetier. Quant à vxïusi^ vous^eiieÂprotû m a(?teo^num. Je ycms laisse' à réfléchiF sur tout 'cela. Je ' ne vous offre; plHâ à vous-hmézne d'être mon collègue, t^ous savez que It» prëféremco, vous est toujours acquise; vous n^aurez jamais qu'à dire un! mot. : ;
]IIj(»i;]VfémQàre< a obtenu une meotiea honorable* il s'en est &tUu. de peu. que jea-ai eu la. médaille. Per-^ Sûimejnc^ Ta obtenue.. Mon ouvrage a beaucoup plu; son àéSàul a été.d'èlre ttx>p pôu. volumineux phur un prix de 1 ,200 francs. On me conseille dç le. refaire et de Timprimer. Si je trouve un libraire, oui ; sinon, non. * '
M°»° L*** nie. parle d'une visite qu'elle a faite à M. Proudhon, mou cousin; si je l'en crois, mon cousin serait fâché contre moi et très-mécontent. J'en suis vraiment désolé, mais je ne puis accepter les reproches injustes qu'il me fait; et si j'aime à être conseillé, je n'aime point à convenir des torts que je n'ai pas. Mais M*"® L*** elle-même ne lui aurait-elle pas déplu? Etes-vous vous-même content d'elle? Voilà sur quoi je voudrais une explication franche de votre pari. Vous vous êtes défait de Josillon; sa conduite passée me prouve qu'il n'était point corrigé; j'culrevois que la sceur pourrait bien avoir aussi quelques-uns des torts du frère. J'attends de vous la vérité. Vous savez que je n'ai pas épousé ni les L*** ni les Jantet. Je crois être juste, mais je veux que l'on marche droit.
Je n'ai pas revu mon jeune homme de Golmar, ainsi les négociations ne sont pas rompues. Toutefois, que cela ne vous empêche pas de faire à M, Bailly les ouvertures dont je vous parle. S'il m'a trouvé dur et irascible plus d'une fois, il pourrait s'apercevoir qu' m
m (;r>UUI?SfK»Nï)ANcK
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' Paris, irinai IÇ'39.
A M. «tFGUENET ' '
Mon cher Huguenet^ j'apprends- que mori brevet est arrivé à la Préfecture; je vous autorise par la présente à le retirer eX, à Id cbnsarrer eu dépôt. Vous vous rappeilfeitez, ù copropos, quelenom d« PimpHtBorifen^ doit pas ètro changé pour eelaj^/il faut «ncore attefldre que j'aie prêté serment. — M*»*» L^** dofntmde mon avis sur la. nouvelle iînposMon dont oki a frappé 11mï>rimerie ; co qu'il y' a à faire est bicoi simple : il ft^t payery 'euatttsidântt qu'on <ditfoit droit à vo^tre réclamation. '
J'ai vu aujourd'hui deux de mes confrères imprîmouTs : MM: Marquiset et Stfinto-Àgathe. On Ait qiio M. Boiily auraitr envie de monte* l'imprimerie Gomct. Puisque vous avea déjà réussi' à le-'lPOHïener cliextioiife, faites >3n:eÛ3L ieneorei propôsez-^lui» de' d»iP»ewîr moA associé, je lui offre pour cela ioute» gamnli^^/ certitudes, faoîHtés, avantages/ quil pourrai -souhaiter, ill ihc seaiMeorue j'ai' une certaifid- valeur pë/feoniïelte qnt; M.: Bàilly pourrait exploiter ]»iéux que mel-t'inèmé ; du .reste, vous savez que je ne demande pas mieux que de ne pas me mêler d^àiîaires. Après les travaux liilé-
rairea, itqiiie mon ambitlou! serait ià'èbre.qiielqufiioi^ votre paquetier. Quant ù vx^ua^ voies §eriezi.prot6 mat?* iernwÊi, Je tous laisse' à réfléchir sur tout 'cela. Je ne vous offre, pluâ^ u vouâ-Hmèmie d'être mon collègue, yous savez que lu préférence vous est toi^jours aequis«s ; vous n*aurezjamaiâqu.'à dire unimoit. .
Mon; Mémoire a obtenu une mention honorable; il s'en est. fallu, de peu que je n-ai ou la: médaille. Per-? sonne: ne Ta obtenue.. Mon. ouvrage a beaucoup phi; son défaut a été d'être trop p6u. volumineux pour un prix de 1,200 francs. On me conseille de le refaire et de l'imprimer. Si je trouve un libraire, oui ; sinon, non.
jjmo u** uio. parle d'une visite qu'elle a faite à M. Proudlion, mou cousiu; si je l'en crois, mon cousin serait fâché contre moi et très-mécoutent. J'en suis vraiment désolé, mais je ne puis accepter les reproches injustes qu'il me fuit; et si j'aime à èlre conseillé, je n'aime point à convenir des torts que je n'ai pas. Mais M"*® L*** olle-îoème ne lui aurait-elle pas déplu? Êtes-vous vous-même content d'elle? Voilà sur quoi je voudrais mie explication franche de votre part. Vous vous êtes défait de Josillon; sa conduite passée me prouve qu'il n'était point corrigé; j'culrevois que la sœur pourrait bien avoir aussi quelques-uns des torts du frère. J'attends de vous la vérité. Vous savez que je n'ai pas épousé ni les L*** ni les Jantet. Je crois être juste, mais je veux que l'on marche droit.
Je n'ai pas revu mon jeune homme de Colmar, ainsi les négociations ne sont pas rompues. Toutefois, que cela ne vous empêche pas de faire u M, Bailly les ouvertures dont je vous parle. S il m'a trouvé dur et irascible plus d'une fois, il pourrait s'apercevoir qu' jn
Ï2\ (;(Hi!U^SKiNÎ)AScK
Paris, 1 1 mai 1639.
A M. HUGUENET
Mon cher Uugu6û6t^ j^^ppreuàs que mori brev^ est arrivé à la Préfecture; je vous atitorise par là présente à le retirer et à le conserver en dépôt. Voua vous rappellfeilez, a ce propos, que le nom de rimptimerifene doit pas être changé pour €éln;At faut «ncore attendre que j'oie prêté serment. — M"»« h^'^'^ domondcmon avis sur la nouvelle imposition dont oh a frappé llraprimerie ; ce qu'il y a à faire est bien simple : il ftÀit payer^ en attesidànt qu'on ait fait dr^it à votre rét^lamdti^n.
J'ai vu aujourd'hui deux de mes confrères imprimeurs : MM. Marquiset et Sainto^Agathe. On dit qiio M. Boillj' aurait envie de monter l'imprimerie Gomct. Puisque vojus avez déjà réussi' à le raiwener cliez ùoiiè, faites mieux tencore^ propdscz-^luii de devenir mfoil ussocié, je lui offre pour cela ^outes' gamnli<«,- certitudes, faeiHtés, avantages/ qu'il pfourra' souhaiter. 'Il me seaible que j'ai une certaine i valeur pérfeoniïelle que M. Bâilly pourrait exploiter iwielix qtie mci-imèmo ; du reste, vous savez que je ne demande pas mieux que de ne pas me mêler d'affaires. Après les travaux lilté-
rairesi : toute mon ambitiou* serait d'être qùelqueMsi votre paquetier. Quant à vjOus^ vous 3eri3e2iprote «t. a<r^ iernum* Je tous laisse à réfléchir sur tout 'cela. Je ne vous ofire>phi& à vous-nmtoé d'être mon coll^^e, vous savez que la préféremeo vous est toujours aequise ; vous n'aurez jamais qu'à dire un mol. j
MbnMémoire a obtenu une mention honorable; il &'en est. fallu, de peu que je n'ai eu la médaille. Per-? sonne: ne l'a ol^nue. Mon ouvrage a beaucoup plu; son déiaut a été d'être trop peu volumineux pour un prix de 1,200 francs. On me conseille dç le refaire et de l'imprimer. Si je trouve un libraire, oui ; sinon, non. . .
M"® L*** me parle d'une visite qu'elle a faite à M. Proudhon, mon cousin; si je l'eu crois, mon cousin serait fâché contre moi et très-mécoutent. J'en suis vraiment désolé, mais je ne puis accepter les reproclies injustes quïl me fait; et si j'aime à être conseillé, je n'aime point à convenir des torts que je n'ai pas. Mais ;\imo L*** elle-même ne lui aurait-elle pas déplu? Etes-vous vous-même content d'elle? Voilà sur quoi je voudrais une explication franche de votre pari. Vous vous êtes défait de Josillon; sa conduite passée me prouve qu'il n'était point corrigé; j'eulrevois que lu sœur pourrait bien avoir aussi quelques-uns des torts du frère. J'attends de vous la vérité. Vous savez que je n'ai pas épousé ni les L*** ni les Jantet. Je crois être juste, mais je veux que l'on marche droit.
Je n'ai pas revu mon jeune homme de Colmar, ainsi les négociations ne sont 2)as rompues. Toutefois, que cela ne vous empêche pas de faire à M. Bailly les ouvertures dont je vous parle. S'il m'a trouvé dur et irascible plus d'une fois, il pourrait s'apercevoir qu' m
^ORItlCS^NUANCi!!
homme de mon espèce est plus commode 'Qu'une eau dormante q\ii ne parle pwnU
Je trayaille aVec courage et plaisir ; je me se&& unc^ grande TÎgueur. Si dans d^eUsans^ le défaut de res^ sources ;iio m'a pas eoulé^ je jouirai de cette uaioa qiie je désire si fort : la science et Tindustrie. /
Adieu y éerivez-*inoi aussitôt quô vous aurez qiielr}uc ehoâe de positif u me faire savoir^ Si vôusjtie ilie sou-' tenez pas le cdurage, jp romps arec Besançon^ et eBox que cela regarde cliemUeront leurs mailles dans les casses de l'implrimèriefc t
Tout à vous,
P.-J. ProudhÔK.
OK p.-j. pneiniHiK.
î>aris, ii mai^l83l
A M. MAURICE
Mon cher ex-associé, j'ai va hier M. Marquiset ; quand il m'a parlé de ses affaires , je lui ai conté les miennes, et lui ai offert une imprimerie. Il est résolu à vendre, quoi qu'il en coûte. Il va placer Dantiné, et il écrit encore à Besançon pour que personne ne conserve d'espérance sur lui. Les ateliers sont déserts. A Paris, la crise dure toujours. On commence à maudire les coalisés, on s'aperçoit que hommes et systèmes ne valent pas ftiieux que ceux du passé. Les ex-passés-ministres sont fort peu de chose, et les ex-futurs ministres ne sont pas davantage, voilà ce qu'on dit dans le monde. Aussi Paris est tranquille , parce que personne n'y est séduit, et que l'illusion d'optique qui arrive dans l'éloignement des objets n'y a pas lieu , tandis que dans les provinces on est fort effrayé et qu'on nous croit sur un volcan. Jamais une telle impuissance et une si grande immoralité ne se sont vues. Tout le monde en est dégoûté. C'est le temps de Louis XV.
Louis-Philippe seul ne perd pas la tète, mais, quoiqu'on ne lui reproche aucun vice, il n'en est pas moins
uu homme immoral. Peu lui importe la vertu ou le vice, pourvu que les volontés lui cèdent. C'est un être qui fait abstraction de tout, hormis de son pouvoir. La Frai^ce lui dpit pep de reconnaissance, car il ne travaille que pour lui; mais eulîn, il résulte de sa ténacité et de son adresse, que nous ne sommes pas encore en pleine dissolution.
Je vous souhaite le bonjoiir.
P.-J. Proudhon.
/ I , . ■ ' - il'. ' • •» '
DE P.-.I. I^ROIIDHON. ^
Pam.' l^rjuin 183J.
A M. HUGUENET
Mon cher Huguenet, ayez la complaisance, aussitôt mon paquet remis en vos mains, de déposer au secrétariat de l'Académie ou chez M. Pérennès, le manuscrit enveloppé et cacheté que je vous envoie avec la présente, par M. Sainte-Agathe. Je désire que cette commission soit faite avec toute la discrétion possible. N'en parlez à qui que ce soit; si Fallot vous interrogeait à cet égard, ignorez tout.
J'ai composé un discours sur le Dimanche; quelque soit le jugement de l'Académie, je compte l'imprimer. M. Pauthier mo procurera un libraire. Mais quand on saura dans le public que je suis l'auteur de ce discours, ce sera un beau tapage. Je puis dire que je viens de passer le Hubicon. Si mon ouvrage était moins long, je vous dirais d'en prendre connaissance, mais vous ne perdrez rien pour attendre. Je vous informe de tout ceci, afin que vous compreniez mieux l'importance que j'attache au secret. Au 24 août prochain, vous connaîtrez les résultats de mon coup d'essai.
Je n'ai aucune nouvelle ni de mon parent Proudhon, ni de vous, ni de personne; cela m'inquiète. J'ai travaillé ce mois de mai avec une telle activité, que j'en
r.ORHESP. I. ^
i3ô CORREStH)DDANCE
suis malade : la tète et Testomac succombent parfois ; je suis épuisé. . 'ai bien des lettres à écrire et des réponses à faire, j ^ n'en ai guère la force. Si mon premier opuscule littérai e obtient quelque succès, je serai bientôt en état de p iblier quelque chose tous les six mois. Il faut frapper ferme et dru.
Je présuma que vous avez eu de quoi vous occuper tout ce mois- ci, puisque vous n'avez pas eu le loisir de m'écrire ; in'^ormez-moi de ce que vous avez de nouveau. Je suis impatient d'avoir une réponse de vous sur toutes les choses dont je vous ai parlé dans ma dernier e lettre, afin que je sache ce que je dois écrire à M. Proudhou. Je ^'ai pas revu mon associé en perspective; comme il s'était affilié à des sociétés secrètes, je crains cpïil ne se soit compromis dans l'émeute; j'ignore sa demeure, et je n'ai pas eu un moment pour aller aux informations.
J'ai vu deux fois M. Sainte-Agathe ; il m'a montré l'exemplaire des Mémoires de l'Académie. Je voudrais que nous pussions imprimer aussi bien, mais il faudrait du neuf. La correction est médiocre dans ses impressions, cependant il m'a dit qu'il avait chez lui un correcteur très-distingué.
Je suis dans une grande tristesse : la raison me montre des vérités irréfragables, et la connaissance que j'acquiers du monde chaque jour m'apprend que si je dis ces vérités, jo fais le sacrifice de moi^ bien-être. N'importe, la vérité avant toute chose; fl arrivera ce qu'il pourra.
Saluez de ma part mes amis et connaissances et écrivez-moi.
Tout à vous.
P.-J. Proudhon.
Pari;', 23 juin 1830.
A M. MAURICE
Mon cher ex-associé, j'ai remis à M. Daet fils 30 francs , comme vous m'en priez par votre lettre du courant, et comme il vous le dira lui-môme. Je vous serais obligé de me faire parvenir cette petite somme, par le plus court chemin; car, ainsi que vous le dites, elle m'est nécessaire en ce moment. M., Pareat-I)es- Larres me doit une centaine de francs, qui ne pie rentrent pas de suite, parce qu'il ne paie ses rédacteur^ qu^a fur et mesure de l'impression. Je l'ai revu, encore aujourd'hui ; il m'avait fait prier de passer chez lui pour me demander si je me chargerais encore de quelques articles de remplissage, en sus de ceux qui sont dans ma spécialité. Malgré toul cela, je vous serais obligé de penser à moi ; je désire ne recourir à la bourse do mes amis que le moins qu'il m'est possible.
Je reçois une lettre de Vieux, qui est à Rennes dans ce moment; il a fait annoncer la publication dans son catalogue, et ses voyageurs en placent tant qu'ils peuvent. Avant de partir pour Besançon aux vacances prochaines, je le prierai d'insérer un article à ce sujet dans sa revue mensuelle.
Je n'ai, depuis votre avant-dernière, aucune nouvelle de l'imprimerie; j'ignore s'il y a des morts ou des ressuscites.
Je vous salue,
P.-J. Proudhon. ^
Paris, 23 juin 1839.
A M. HUGDENET
Mon cher Huguenet, n'ayant pas d'occasion, je suis obligé de vous. adresser encore cette lettre par la poste. Pourrais-je enfin obtenir une réponse sur l'objet qui en ce moment m'intéresse le plus? Avez- vous reçu mon Mémoire par M. Sainte-Agathe, car vous ne m'en dites rien, et il ne me parait pas que vous répondiez à la lettre qui l'accompagnait. J'ai donc sujet de craindre qu'il ait été égaré par le garçon d'hôtel à qui je l'ai remis pour M. Sainte-Agathe, avec une suscription à votre adresse; il faut absolument qu'aussitôt la présente reçue, vous preniez la peine de me répondre et de me rassurer à cet égard. Je suis obligé d'écrire à l'Académie de Besançon dans la semaine; je ne le veux faire qu'en conséquence de ce que vous m'apprendrez. Ainsi point de retard à votre lettre; si M. Sainte-Agathe ne vous a rien remis', voyez-le, et demandez-lui s'il n'a rien reçu de ma part à l'hôtel Rossignol; auquel cas je ferais des recherches pour retrouver ce que je crois maintenant perdu. Cela m'importe à savoir; encore une fois, ne me faites point attendre.
DE P.-J. PKOUDHON. WS
Je ne suis point étonné que nos alfaireSi aillent si mal; c'est bien pis à Paris. Foucaut m'a dit avant-hier qu'il était plus que jamais question de fermer tout à fait l'imprimerie Everat; les efforts que l'on fait pour soutenir cette immense machine ne sont que des pi^lliatif^. L'imprimerie de Casimir s'est vendue ces jours-ci ; les caractères à 15 ceiUirnes la livrer un cicéro neuf, encore en caisse, à 7 sous la. livre, jet le reste en proportion. Au 20 juin il y avait eu quatre-vingts faillites dans Ja capitale, depuis le l®*" du mois. M. Gaume^ sa chargerait peut-être du manuscrit dont je vous ai Pjai:lé ; mais il lui faudrait du temps pour examiner rouvrage, se consulter, traiter avec l'auteur; après quoi, n'y pr^iant p^rt que comme imprimeurs, nous n'y gagnerions pas grand*cliose. Si M. Bailly ayait. voulu s'en charger, j'aurais fait de mon côté qu€lq,ue avance de fonds; M. P^rent- Dosbarres me promet la publicité ie^Oi Revtt$ périodique et ses quatre vpyageurs; on çiiirait pu , gagner quelque chose, et plus tard faixe sou bénéfice avec M. Simon de Latreiche. Si je disposais de 3,000 francs en ce moment, je n'hésiterais pas à entreprendre cette publication, et je ferais partir d'ici une fonte de petitromain. Mais comme vous savez, pour gagner de l'argent, il faut en avoir déjà;.ainsi lai8sons< c^ spéculations de eôté , et prenons vigoureusement 1q parti qu'en ce moment la nécessité nous impose. . j
S'il est vrai, comme il me le parait par votre lettre, que la diminution du loyer d'en haut nous suffise, je me charge de ce loyer; pouvez-vous, moyennant cette décharge , vous soutenir jusqu'au mois de septembre? A cette époque, j'irai à Besançon et je fermerai l'atelier. Je vous prierais seulement d'ici là, de chercher dans quelque coin de la ville, écarté, une remise ou
m C(mRESKȔ<DANGE
uu hangar, Isûr et fermant bien, où nous pourrions transpàrtcr tout le bagage de rimprimerie. Je suis résolu de îdâser en calence tout ce mobilier, jusqu'à ce que je trouve à le vendre sans subir tine aussi grande perte, ou qu'il se présente à moî un associé bien fondé, ou èiiftn que je puisse recomniencer par moï-mème à imprimer. Pour le présent, je ne puis être à l'étude et aux affaires. Cela mine ma santé et me rend incapable do rien pix)duire. Il me faut, à tout prix, du repos; 'perdre n'est rien pour moî, mais le souci m'est mortel. Un jour, mon cher Huguenot, nous pourrons nous réjohidre,et moi, vous prouver tout le cas que je fais de Vôals, et combien j'ai été touché de votre dévouement, quand vous avez cru pouvoir marcher sans moi. Le temps viendra peut-être ou je dicterai des lois aux libraires tout comme aujourd'hui je suis à leur merci. Il est étrange, en effet, que tous les jours je fournisse de la copie à un imprimeur, et que je ne puisse m'en procurer à moi-môme. Cela est pourtant. Je vais vendre - mon Mémoire adressé à Plnstilut, 30 francs la feuille, à un journal grammatical; plus 25 exemplaires qui seront tirés à part. Il y aura au moins 10 francs. Je broche tous les jours pour Parent-Desbarres des articles à 70 francs la feuille ; elle en comprend au moins trois ordinaires. Mon Mémoire sur le Dimanche, je me croirais trop heureux de trouver un libraire qui s'en chargât pour rien. Après cela, si j'obtiens du succès, si je suis remarqué, nous verrons. Je n'ai pas tout dit encore , et il reste de l'encre dans mon écritoire.
Ainsi donc : 1<» Au mois de septembre, fermeture et déménagement; j'en écrirai bientôt à M™** L*-^* pour l'avertir de se pourvoir.
2*^ Comme la cessation du travail ne peut manquer
DE P.-J. PÎIOUDHON. 13S
de vous faire perdre la clientèle militaire, faites à M. Bailly Toffre de ûos impressions, et de nos tableaux compoi&és. Cela ne peut être de trop dans l'imprimerie qu'il vient d'acquérir ûi embarrasser son commerce. Dites que je renonce à cette partie.
3® Songes; à vous-même dans les deux mois qui nous restent. M. Chalandre va donner une grande extension à sa maison, précisément vers In même époque; voue pouvez être accueilli de lui avec empressement.
4*> Ne tirez rien à grand nombre d'ici là, et agissez en tout comme des gens qftti font les préparatifs de leur entenrement. Pour moi, ûe tous mettez pas en peine; jeealctdcque je doi« 10 à il ,000 francs, et que j'ai pour tout cela entre les mains une valeur d'environ 6,000, Je me trouverai devoir 4 à 5,000 francs sans avoir ni bu ni mangé. Cela ne fait rien. Les hommes qui n'ont de valeur que par leurs écus, on conçoit que leur attraper 5 francs c'est lèut* tirer une once de sang; pour moi, je ne suis pas de cette cat^orie. Tant que je guis sain de corps et d'esprit, et libre, je suis tout moimême. Quant au journal dont vous me parlez, comme je n'ai pas sur quoi baser ma décision, je ne puis qu'en référer à vous-même. Traitez à tout prix; lioué aurons le plaisir de jouer un pied-de-nez à l'auteur quand il viendra pour se faire imprimer.
R^ouvelez à M. Bailly toutes propositions d'acheter tout ou partie, d'imprimer Fouvrage en question, de prendre les impressions militaires, etc., etc., et' répondez-moi si, aux conditions que j'ai acceptées sur votre proposition, vous consentez à suivre les opérations de l'atelier pendant encore deux à trois mois. N'allez pas attribuer ma résolution à impatience ou désespoir ; c'est
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avec calme et sang-froid que je Tai prise. Vous sembloz croire, mou cher Huguenet, qu'en vous resserrant de .230 francs sur le loyer,*, vous pourriez vous en tirer; s'il ne faut plus que cela pour vous faire vivre, vous êtes déjà mort. Au. reste, .je ne crois pas même que cette économie soit praticable. Où loger tout ce qui est au magasin? Et quand M™° L^"^* sera parti.e, qui gardera latelier,? Qui répondra quand vous ny êtes pas? A défaut d'elle, je croirais indispensable de confier ce soin a une autre personne, ainsi nous n'avancerions rien. Quand on est réduit a de telles misères,: il ne faut plus se faire illusion. Vous êtes averti maintenant, vous; M"?° L^^ le sera sous peu. En attendant, gardez le silence sur toutes ces choses autant qu'il vous sera possible en faisant des propositions à M. Bailly.
Ce que je fais est nécessaire en ce moment à Besançon : c'est le fruit de l'excès de développement qu'avait pris notre industrie. Voilà quatre imprimeries à peu près réduites à zéro : Gauthier, Marquiset, . Gomet et Hutassolo. La justice de Dieu s'exécute; malheureusement il y. a d«s innocents qui en souffrent. Vous êtes du nombre et moi aussi. D'autres ont trouvé pis..
Je sais que M. Proudhon s'est irrité contre moi de mon obsiinaHm à ne pas vendre; comme si cela se faisait aussi vite qu'il l'imagine. Il m'accuse d'être un homme peu franc qui dit et contredit. Je suis fâché de cette brouille, mais uniquement pour lui. Car, quant à moi, je ne regretterai jamais une amitié qui tient à si peu de chose, et une estime qui se détruit sur des apparences. J'ai trouvé ici des gens qui disaient comme M. Proudhon, que si j'avais des embarras c'était ma faute, et qu'il ne fallait pas m'en plaindre. Si je faisais a de pareils esprits l'honneur de leur répondre, ce
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serait pour les remettre à leur place, et non pour me justifier. Ma conscience est au-dessus du jugement des sots. Conservez-moi votre amitié, vous, mon cher Huguenet ; elle m'est plus précieuse que celle de personnages bien plus haut placés que vous. Vous m'avez vu de près, et vous savez par quel côté j'estime un homme. Comptez que mes principes ne varient pas, que mes discours ne changent point, et que ma conduite est inflexible. Je serai très-malheureux par cette manière d'être ou bien j'irai loin. Lequel des deux? L'avenir le sait.
Je travaille à prendre le grade de licencié ès-lettres ; il faut que l'année prochaine je sois quelque part professeur; nous verrons ensuite.
Donn^-moi encore des nouvelles détaillées, surtout sur ce que vous présumez, etc. Je vous avais demandé des renseignements sur une matière que vous sembl^z avoir trouvé trop délicate pour y répondre : je n'ai pas reconnu là votre franchise accoutumés. Vous défiezvous de moi; craignez^vous qu'après avoir été informé par vous, mon opinion ne fléchisse et que je ne vous en veuille? Ahl mon cher Huguenet, vous ne me faites pas l'honneur de me croire un homme.
Adieu; j'attends votre réponse; ne me tenez pas en suspens. Agissez avec prudence et mesure. Travaillez, si vous le pouvez ; dans deux mois vous êtes libre, et vous pourrez vous attacher à une fortune plus solide.
Je vous souhaite le bonjour,
P.-J. Proudugn.
l38 CORRESiKMiïDANCË
Piiris,2 juiUetî839.
A M. PAUTHIER
Je pars mercredi proobain, 8 juillet, au plus tard.
J'aurais souhaité vous revoir encore une fois. A la première lettre que vous expédierez pour la Franche- Comté, ajoutez-y, s'il vous plaît, un billet pour moi (rue des Chajnbrettcs, 19), dans lequel vous m'accuserez réception du présent, et me ferez en gros vos observations, avant que j6 recommence pareille folie. Ce volume n'est qu'un premier Mémoire; je n'entreprendrai le second qu'après avoir vu les critiques.
Tout à vous,
P.-J. Proudhon.
DE \\'i. PROl'DMON. ^39
Daris, 13 juillet 1830.
A M. MAURICE
Mon cher ex-collègue, s'il vous revient 8,280 fr. 50 sur les 12,000 francs, c'est donc 4,140 fr. 25 que je vous dois; plus l.,778 francs aux enfants L***, = 5,918 fr. 25; plus 4,000 fr. à M: Viancin = 9,918 fr. 28. Je suppose que ce que je tous redois, sur les comptes de la liquidation, puisse être en I)artie couvert par ce qui me revient sur les impressions, c'est donc 20,000 francs à peu près dont je suis débiteur. J'ai pour cela une valeur qui vaut à peine 5,000 francs, dont je n'aurai pas touché un centime, et je vais prendre mes mesures pour faire comme Marquiset, vous payer, et être tranquille. Il m'est plus facile de payer, chaque année, 2 à 300 francs d'intérêts, que d'être rongé d'ennuis perpétuels. Il en résulte que mes aflPaires ne sont pas en meilleur état, que mes autres travaux en souffrent, que ma santé en est affectée et mon esprit malade. J'ai donné congé à Huguenet et Dessirier; j'ai averti M™° L***;"si je pouvais vendre à M. Bailly, ce serait une bonne affaire. Sinon, je vais tout enfermer sous clef, dans quelque remise, et j'attendrai qu'une occasion favorable se présente pour recommencer à travailler. Cependant, je me déferai d'une
partie de mes vieux caractères pour satisfaire à mes premiers engagements envers vous ; et ainsi du reste, jusqu'à ce qu'il ne me reste qu'une presse et une demidouzaine de casses, avec quoi je compte bien travailler de nouveau. Je vous préviens de tout ceci, en vous priant de n'en point trop parler; je ferai mon possible pour que vous ne perdiez rien, je vous en donne ma parole. Vieux cesse de m'écrire ; je ne sais ce qu'il devient, et je crois qu'il n'y a pas beu pour lui, présentement, à compter sur les promesses de ses proches. N'allez pas croire, au moins, que le parti que je vais prendre, soit le fait d'un désespéré : pas le moins du monde. Je cède là où il faut, et je me concentre dans l'objet auquel je dois m'attacher exclusivement aujourd'hui; après, nous verrons. J'espère toujours que. le temps viendra où je pourrai à mon tour imposer la loi aux autres : et tout roseau qui pbe n'est pas rompu pour cela.
Je vous remercie des 30 francs que vous m'avez envoyés : c'était mon dernier argent. Aujourd'hui je vis de mon travail de rédaction et de compilation. Il me parait que Parent-Desbarres est content de ce que je lui donne; je m'habitue à écrire, il ne me manque que le repos d'esprit. Comme la tempèto commerciale ne peut durer toujours, aussitôt que la librairie se relèvera, j'espère bien profiter, autant qa'un autre, du beau temps. Nous vivons dans le siècle des grosses entreprises littéraires ; je tâcherai d'en faire mon profit.
Je vous souhaite le bonjour, et Vous prie de compter sur ma bonne volonté, si l'état de ma fortune ne vous inspire que crainte et défiance.
Votre ex- collègue.
P.-J. Pkoudhon
DE P..J. PROUDHON. lit
Paris. 13 juillet i839.
A M. BRUXET DE LA RENOUDIÈRE
Je n'ai jamais écrit une ligne pour aucun journal, si ce n'est celui de Y Instruction pMique^ auquel j'ai donné un article de complaisance; ce n'est pas que la pensée ne m'en soit jamais venue, mais je trouverais difficilement un journal auquel je convinsse, et qui me convînt à moi-même. Cependant, en considération des beaux projets que vous me faites connaître, je pourrais bien parfois vous offrir quelque petit article, mais à la condition expresse que, signant ma pensée, elle ne serait jamais altérée.
Après cela, je m'occuperai volontiers de vous procurer l'échange des journaux que vous désirez contre le vôtre ; mais cela seulement quand vous aurez conclu votre marché avec M. Huguenet, qui me témoigne n'être que médiocrement satisfait de vos offres. M. Huguenet a reçu mes ordres pour travailler au meilleur marché possible; et comme je ne réclame rien de ce qu'il gagne, il ne m'obéit que trop bien. Les bonnes doctrines, monsieur, commencent par ce principe, qu'il faut que tout le monde vive, et que la vérité doit être
Ui CORHKSPONDANCE
livrée sans bénéfice par celui qui la répand : Quod gratis accepistis, gratis date. Je croirai à vos généreuses intentions, quand vous aurez cessé de vous défier d'un honnête ouvrier, et que vous ne marchanderez plus sur son misérable salaire. Je pourrais ici, monsieur, vous exposer quelques-unes de mes idées politiques sur les droits d'auteur et de journaliste, et sur les privilèges de Touvricr ; je les réserve pour Tun de vos premiers numéros, si vous agréez le service de mes presses et la collaboration de ma plume. Je crois n'appartenir à aucune opinion; aussi il m'importe fort peu quel journal m'imprimera, pourvu qu'il ne m'impose pas sa façon de voir et de dire.
Croyez, monsieur, que je li'ai qu'une parole, sur laquelle je ne reviens jamais, et agréez s'il vous plaît, l'assurance do mon dévouement bien sincère,
DE P.-J. PROUMOK. 443
Paris, 13 juillet 1839.