A M. COURNOT
Monsieur, j'ûi Thonneur de vous adresser un exemplaire d'un petit opuscule que j'ai été forcé de faire imprimer à Bruxelles, et qui n'a pas encore pu obtenir de la police française l'autorisation de se débiter à Paris.
Je serais heureux. Monsieur, que, malgré la différence des langages, — mon style, ou plutôt ma terminologie n'est pas la vôtre, — vous trouvassiez que mes idées ont quelque chose de commun avec les vôtres, comme il me semble à moi que les vôtres ont plus d'un point de contact avec les miennes. Mais c'est là un avantage et un honneur auquel je puis bien, dans mon for intérieur, prétendre, mais dont je crains fort que vous ne me permettiez pas de me flatter.
Je suis. Monsieur, avec reconnaissance, votre trèshumble et sincère admirateur.
P.-J. Proudhon.
DE P.-J. PROUDUON. 373
Paris, 24 mai 1855.
AU PRINCE NAPOLÉON
Prince, permettez-moi de vous offrir le travail que je viens de publier sur V Exploitation, des Chemins de fer.
J'ai voulu, avant de vous l'offrir, m'assurer qu'il était digne de Votre Altesse, d'après l'effet qu'il produirait, non-seulement sur le public, qui l'a bien accueilli, mais sur les hommes du métier, qu'il touche de plus près.
Je puis dire aujourd'hui que rien ne manque à mon succès. Le silence des Compagnies, celui des journaux dont elles disposent, est pour moi la meilleure et la plus éclatante des approbations.
Daignez donc, Prince, recevoir cet écrit, d'abord comme un gagedema reconnaissance; ensuite comme un témoignage pour vous-même ; qu'en vous intéressant comme vous l'avez fait à la demande de concession dont je m'occupais, il y a dix-huit mois, vous n'avez pas obligé simplement un coureur de primes, un intrigant,