‹ Correspondance de Renouvier et SecrétanChapitre 81 sur 96 · LXV. — M. Secrétan à M. Renouvier · texte numérisé non relu

LXV. — M. Secrétan à M. Renouvier

Villa Paleyres, le 4 mai 1884.

Cher ami.

On m'a demandé pour la seconde fois de faire quelques Conférences à Montauban. Le désir de vous revoir n'a pas été l'un des moindres motifs qui m'ont porté à accepter cette mission. Je compte lire mes cahiers du 19 au 22 et revenir par la vallée du Rhône ou par les Cévennes.

Serez-vous à la Verdette du 25 au 30 courant? Y serez-vous disposé à me recevoir pour un jour ou pour quelques heures? Je sais que vous travaillez sans cesse, et je pense qu'une interruption, même forcée, ne vous ferait point de mal, seulement il vaut mieux que le loisir ait pu être ménagé.

Si notre correspondance, une fois passablement active, est maintenant interrompue, je pense qu'il faut en chercher la cause non dans un refroidissement, mais simplement dans l'accumulation du travail qui se fait sentir peut-être plus lourdement à mesure que le temps avance. Je ne voudrais donc pas imposer à vos doigts un labeur superflu. Je me tiendrai pour agréé et sûr de vous trouver au logis si vous ne répondez rien. Que si, pour me contremander ou pour toute autre raison vous préférez une réponse explicite, écrivez ici jusque et y compris le 13 ; je compte partir le 15 et prendre le chemin de l'école — du 15 au 20 chez M. le doyen Bois, Montauban — du 21 au 24 chez M. Westphal-Castelnau, Montpellier. — Si d'aventure vous étiez dans la perfection avec M. Dauriac à Montpellier une carte de vous portant mon nom et son adresse, ferait merveille. Il a dit un mot sur la logique de l'évolutionnisme que je voudrais me faire expliquer. J'ai été bien sensible à la cordialité de nos amis Pillon l'année dernière à Paris.

La santé de ma chère femme est fort ébranlée, elle est au lit depuis trois semaines, convalescente d'une crise qui peut malheusement se répéter.

Cette convalescence est régulière, si elle était troublée je serais bien forcé de lâcher mes Montalbanais.

Adieu, je serai bien heureux si je vous retrouve bien.

Ch. Secrétan.

Page 1