LE SECRÉTAIRE LORD DORCHESTER A SIR ISAAC WAKE
Mon très bon Lord.
Barozzi attend ici pour recevoir la réponse aux lettres qu'il a écrites concernant cette affaire, et je crois qu'il le fait dans la prévision d'être maintenu ici jusqu'à l'arrivée de l'ambassadeur espagnol. Pendant ce temps Rubens séjourne également ici et Cize (i) ne se presse pas pour partir. Celui-ci a eu la bonne chance de se trouver derrière Barozzi, mardi dernier (16-26 juin) quand en passant sous le pont de Londres sa barquette chavira par le violent mouvement que fit quelqu'un de sa société, un prêtre envoyé à Rubens de Bruxelles, que Barozzi conduisait à Greenwich et qui se noya dans cet accident. Barozzi lui-même fut sauvé avec grande peine, quand pour la troisième et dernière fois il vint sur l'eau, on réussit à le saisir par un de ses éperons. Votre jeune ami Olivier, qui était de la société, remonta et redescendit comme un plongeur et fut enfin repêché près de la Tour.
Je souhaite à votre Seigneurie une bonne santé et toute prospérité en restant, etc. Dorchester.
Au dos : A Sir Isaac Wake le 22 juin (2 juillet) 1629 par Hans Benns.
(i) Le secrétaire Lord Dorchester écrit encore à Sir Isaac Wake le ii août suivant : Le secrétaire Barozzi est venu à Wokinfif avec Cize. le prince des gentilshommes du Piémont; le premier avec une copie de votre ouverture touchant la restitution de Susa sur la promesse faite aux Français de leur permettre de passer par la Savoie et par le Piémont dont Sa Majesté se porterait garant, le second avec des nouvelles des heureuses couches de Madame. (Elisabeth, reine d'Espagne, sœur de Henriette- Marie, reine d'Angleterre.) Noël Sainsbury, op. cit. p. i33.
DXCIX
2juiUeti629. RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ.
Ho fatto un dispaccio il 3o del passato et inviato alla Ser"* Infanta per ispedirlo subito in spagna con un espresso col quale ho dato largamente conto a V. Ex^ di tutto il mio negociato in questa corte et in che termini stava il caso principale del tratato, Il quale questi pochi giorni tramesso non si va impeggiorando ansi pare che per buon opéra di gli nostri Amici S. M"" si vada confirmando nella risolutione avisata a V. Ex* délia quale potendo ottener qualq. certessa io penso, non sara maie chio me trasporti con aviso de Cotinton a Bruselas per darne relacion minuta a la infanta il che faro molto piu voluntieri di bocca a V. Ex"" propria ma la distanza de luochi e tanta grande et il tempo che corre fin messo di tanta consideracione che non si potrebbe fare senza pergiudicio del negocio ma stando a BruSelas io potro sempre in pochi giorni repassar in Inglaterra si V. Ex* Io giudichara a proposito ma toccante tutto quello che si e scritto col passato io lapprovo di novo e spero di poterlo confirmare con un despacchio piu particulare et piu certo sia pochi giorni sopra di che V. Ex* potra pigliar resolucione assicurandola che per quanto io posso penetrare et intendere dal Veston et Cotinton non occorre sperar altro da questo canto, et che quelli che danno spei'anza de potersi conçertare il negocio sopra termini generali di buoni officii etc". inganno se stesi et gli lor amici insieme. Ho pero pressato molto sopra la nominatione del Embasator il che il Re de inglieterra mandara in Espana et il tempo che partira sopra luno et altro su Mag^ me ha dato resolutione hieri per il suo secretario di stato il S"" Carlethon et non ostante che Cotinton ha fatto quello que ha saputo per escusarsi il Re de Inglaterra non ha voluto far altra elettione che délia sua persona et ha dichiarato il tempo per la sua partenza il primo de Agosto prossimo. Questo é un termino misurato per aver qualq. risposta prima sopra il dispacchio che faremo di consenso commune di qua che sarâ délia medessima sostanza ma fosse con piu certessa, come il passato di 3o di Giunio me ha
confirmato ancora il S"" Cotinton da parte del gran tesorero che sta a juillet 1629.
maie a nome del Rey durante il trattato col Espana non fara ne rénovera
alcuna lega offensiva con francia contra Espana. Questo e quanto io
posso scrivere a V. Ex* sopra questo particolare eccetto chel Secretario
Carlethon me disse ancora che S. M. no trovavo buono lespediente
proposto dal duque de Savoya di rimitere la conferenza a Torino ma
che converra di facersse a Madrid e quando pur si volesse tratar por
medio de un terzo che preferrebbe la Senora Infante ad ogni altro messano
et Bruselas per la vicinanza a Torino. E con questo faro fine et
bacciando a V. Ex* con ogni summiss"^ gli piedi me raccomando
humilmente nella sua buona gracia.
Di vostra Excel 1'* Humiliss"^^ servitore
Questa va con un straordinario che il Agente de Savoya spedisse a Thurino per la via di Pariggi sopra gli punti sopraditti. Di Londra, il 2 Giulio 1629.
Copie. Archivo gênerai de Simancas. Secretaria de Estado. Leg. 2043, {^ 174.
Traduction espagnole aux Archives Impériales de Vienne, publiée avec traduction française par Gachard, op. cit. pp. 143 et Soy, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 271. Le texte original n'avait pas encore été publié.
TRADUCTION
RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ
Très excellent Seigneur.
Le 3o juin, je fis une dépêche que j'envoyai à la Sérénissime Infante pour la faire passer de suite en Espagne par un courrier exprès : j'y rendais compte longuement à Votre Excellence de toute ma négociation en cette cour et de l'état où en était l'objet principal du traité, lequel, dans ce peu de jours qui se sont écoulés depuis, n'a pas été en empirant : au contraire, il paraît que par les bons offices de nos amis. Sa Majesté va se confirmant en la résolution dont j'ai instruit Votre Excellence. Si je pouvais en acquérir la certitude, je pense, et Cottington est également de cet avis, qu'il ne serait pas
2 juillet 1629. mal que je me rendisse à Bruxelles, pour faire à Tlnfante une relation détaillée de tout. Je le ferais beaucoup plus volontiers de bouche à Votre Excellence : mais la distance des lieux est si grande et le temps qui se consumerait dans Tîntervalle est d'une telle importance que je ne pourrais entreprendre le voyage d'Espagne sans préjudice pour la négociation, tandis qu'étant à Bruxelles il me serait facile, en peu de jours, de revenir en Angleterre, si Votre Excellence le jugeait à propos. Quant à tout ce que j'ai écrit dans ma dépêche précédente, je le confirme de nouveau, et j'espère pouvoir le confirmer, d'ici à quelques jours, dans une dépêche plus explicite et plus certaine, d'après laquelle Votre Excellence sera en état de se résoudre. Je Tassure, selon tout ce que je puis pénétrer et apprendre de Weston et de Cotington, qu'il n'y a, pour maintenant, d'autre résultat à attendre, et que ceux qui donnent l'espoir d'un arrangement basé sur les termes généraux de bons offices, etc., s'abusent eux-mêmes et abusent leurs amis.
J'ai beaucoup insisté sur la nomination de l'ambassadeur que le roi d'Angleterre doit envoyer en Espagne et sur le temps où il partira. Sa Majesté me fit donner connaissance, hier, de sa résolution sur ces deux points par son secrétaire d'Etat Carleton. Quoique Cotington ait fait tout ce qui a été en son pouvoir pour s'excuser, Sa Majesté n'a pas voulu en nommer un autre, et elle a arrêté son départ pour le i^^ août prochain. C'est le délai qui a paru convenable pour avoir quelque réponse sur la dépêche que nous avons à faire ici de commun accord, laquelle sera de la même substance, mais par aventure plus positive, que celle du 3o juin. Cotington, au nom du roi, m'a certifié aussi, de la part du grand trésorier, qui est indisposé, que durant la négociation avec l'Espagne, Sa Majesté ne fera ni ne renouvellera aucune ligue offensive avec la France contre l'Espagne.
C'est là tout ce que j'ai à écrire à Votre Excellence sur cette affaire, excepté que le secrétaire Carleton me dit aussi que Sa Majesté ne trouvait pas bon l'expédient proposé par le duc de Savoie, de tenir les conférences à Turin, mais jugeait convenable qu'elles eussent lieu à Madrid, et que, s'il fallait négocier par le moyen d'un tiers, elle préférerait madame l'Infante à tout autre médiateur, et Bruxelles à Turin, à cause du voisinage.
Sur ce, je finirai en vous baisant les pieds, me recommandant humblement
dans vos bonnes grâces.
De Votre Excellence le très humble serviteur,
Pierre-Paul Rubens.
Londres, le 2 juillet 1629.
DC SIR ISAAC WAKE AU SECRÉTAIRE LORD DORCHESTER. 4 juniet 1629.
Right Honorable my singular good Lord.
Concerning y^ negotiation begunne by y^ Abbate Scaglia & now pursued in England by Rubins, his Hig^-^ doth not know what to say, wondering much at the délayes of y® Spanyards & beginning to suspect their coldnesse : Rubins hath complayned unto Baroci of y^ little satisfaction he hath receaved in England, but his High^ doth much approve of y^ answer returned by his M^^^ unto his proposition, w^** he doth account to be not onely impertinent, but contrary unto / w*"^ had been signifyed unto him by y® Abbate Scaglia, who had alwayes protested against a suspension of armes & perpetually insisted upon a categorricall conclusion of peace : It is not possible for his High^ to assist his Ma*'* w*^ any Counsell in this important businesse, for really rebîis sic stantibus, he doth not know how to governe himselfe, expecting dayly y'^ Marquis Spinola (who is suspected as a Genoese) & the Abbate Scaglia, whose crédit is something weakened, by his having so confidently assured many things on y® behalfe of y^ Spanyards who hâve fayled in performance, as Clausel hath to his cost found at Milan (where he hath got nothing but palabras) & M. de Soubize in England, where Rubins hath payed him w*^ monny of y same alloye : Thèse omissions in such important occasions do make his Hig^" suspect y^ y^ Spanyards do not proceed sincerely, & although he is content to suspend his judgement untill y® coming of y* Marquis & y^ Abbot, yet knowing y^ y"" Spanyards do envy at his retayning Trin & y^ Canavese, he doth doubt y^ some secreate agreement is underhand treating betwixt France & Spaine to y*" préjudice of ail y* are interessed in y^ publique libertye.
I take leave and rest
Y' L^* most humble & most obedient servant Turin 4 July 1629 st° n°. I. Wake.
Londres. Public Record Office, Savoy and Sardinia 19. Publié par Noël Sainsbury, op. cit. p. i33.
4 juillet 1629. TRADUCTION.