‹ Correspondance de Rubens et documents épistolaires concernant sa vie et ses œuvresChapitre 25 sur 104 · SIR THOMAS EDMONDES AU SECRÉTAIRE LORD DORCHESTER · texte numérisé non relu

SIR THOMAS EDMONDES AU SECRÉTAIRE LORD DORCHESTER

(EXTRAIT

Paris, le 4 juillet 1629.

Mon cher Seigneur.

Je trouve qu'ici on est très jaloux de la négociation de Rubens en Angleterre. Plusieurs m'en ont parlé. Je leur ai répondu que Sa Majesté ne peut se refuser à écouter des propositions qui lui sont faites de manière courtoise, et dont il jugera plus tard si elles sont acceptabes.

De votre Seigneurie Thumble et dévoué serviteur T. Edmondes.

DCII 6 juillet 1629. RUBENS AU COMTE-DUC D^OLIVAREZ.

Excellentissmio Sigftor.

Ho scrito à V. Ex* largamente il 3o del passato et il primo di questo mese de tutto quello che mi occorreva d avisarli, solo dirô adesso, che questo Re continua nelle proposition! avisate et chemi ha commandato di darne aviso à V. Ex"", che ho dissimulato d'haver fatto sin adesso per moite raggioni che non occorre allegar per maggior brevitâ. Il signor 81 (i) me ha promesso de scriver à V. Ex% ma lo veggo tanto occupato in negocii d'importanza che non penso potra essere con questo corriero : et il gran tresoriero sta maie de pietra, di maniera che bisogna tenerlo per iscusato per questa volta, che veramente ne a Tuno ne Taltro mancha la buona intentione. Il principal suggetto del mio scrivere e questo çhe il Rey de Inglaterra mi ha commandato di avisar V. Ex% che ha bene nominato al suo embaxador per Spagna. Il quale e il signor Cotinton, come ho avisato a V. Ex^ il primo de

(i) Cottington.

Giulio, et determinato il primo dagosto per la sua partenza, sotto 6 juillet 1629.

condiçione perô, che in quel mentre sia avisato che S. M. Cattolica

habbia fatto il midesimo del suo canto, toccante la persona et il tempo;

ma sopra tutto dice il Re de Inglaterra che desidera di saper quai sia

rintentione di sua M. cattolica circa le sue proposiçioni inançi che

partira il signor Cotinton, a fine che possa dargli meglior et piu

particolar instruçione, che per çio se non intendera niente de questo,

fratanto potria causar qualque dilacione alla partenza del suo embajatore.

Questo e quanto mi ocorre per adesso. Rimettendomi del resto a quello

che ho scritto colle mie anteçedenti, solamente aggiungerô che facendo

io gli giorni passati instanza al Re de Inglaterra di potermi retirar a

Bruselles, per portar queste sue propositioni la signora Infanta, mi

disse che çio si poteva far per lettere et che si poteva tanto spedir de

qui quanto da Bruselles per Spagna, et che se trovava esser piu

necessario, per levar ogni ombra e sospetto al Rey de Spagna, ch'io

restassi qui per esser testimonio di quanto passaria fra lui et il embaxator

de Francia, de che mi darebbe parte per poterne asicurar gli mei

padroni et per levar a francesi il modo de guastar con falsi et artifiçiosi

rumori, secondo il lor costume, la nostra Prattica. Con che mi confirmé

de novo tutto quello che ho avisato a V. Ex/ colle mie preçedenti, e

particolarmente che non farebba ligo con Francia contra Spagna. El

embaxator de Holanda domanda aiuto al Re de Inglaterra de sey mille

fanti pagati, ma non gli ottenerà. Por si (come il Cotinton mi disse)

e entrato in discorso come lamentandosi che S. M. trattasse con Spagna

senza la lor interventione, et gli fu risposto che gia se haveva dato

aviso piu volte a gli stati et il Principe Doranges di questo con persona

espressa da parte de S. M., con che pensava d'haver sodiffatto ; se

pero si volevano dichiarare et entrar ancora in trattato con Espagna

ch'el Rey de Inglaterra s'intrometterebbe volantieri. A che ri pose

Tembaxatore de Holanda che si, et che S. M. faria cosa grata ali

stati, ma che bisognaria iar la paz de maniera che potessero dissarmare

dambe la parti, per sgravar gli lor populi de tante cotte, imposte et

Gabbelle che furono costretti de continuar per tutto il tempo de la tregua

passata. Sopra questo si e spedito in fiandra per il comis Kesseler in

Olanda ; ma in questa materia io non ardisco de aprire qui la bocca,

per che la Serenîssima Infanta me Tho ha prohibito, et spero che .gia

6 juillet i629 questo negocio deve esser ridotto a buon termino ; si a dir il vero questa congiuntura del assedio de Bolducq e molto a proposito mentre che pende l'impresa sta la sperranza et il timori d ambe le parti. Il Re de Inglaterra mi disse solo una parolla sopra questo particolar, che non ostante che il Re de Dinamarca haveva fatta la paz col emperador, senza il parer de gli suoi confederati, ch egli era ben sicuro che li holandesi non la farrano giamai senza la sua interventione et che me darebbe da far qualque messaggio da fare alla serenissima Infanta; ma io passai queste cose liggiermente non sapendo per le cause sopraditte corne governarmi. Hoggi é arrivato in questa citta Mons. de Chasteauneuf, ambasciator de Francia, con poco applauso e tanto mal incontra to che la maggror parte délie carozze fu sola, che pur non passavano il numéro de 20.

Scrivo a V. Ex.* ancora queste minutizze porchi mi commando al mio partir de Madrit di fargli relaçione dogni cosa pur minima che fosse. Ho ricevuto hoggi la sua gratissima del 11 de Giunio alla quale non sô che rispondere havendo gia pervenuto colle mie anteçedenti d*avisar V. Ex.* quello che occorreva ; de maniera ch ella averà inteso sopra il particolar de Mons. de Subisse, in che para il suo negocio, et a suo tempo havero cura de quello che V. Ex.* me acçenna : ma sopra tutto bisogna penetrar bene il secreto da quanto trattara Tambaxator de Francia con questo Rey, de che darô a V. Ex* continuamente aviso, poi che non mi mancara il mezzo d esser ben informato : y non avendo altro per adesso bacio a V. Ex.* con ogni summissione e riverenza gli piedi et humilmente mi racomando nella sua buona gracia.

Di Londra il 6 de Giulio 1629.

Di vostra Excellenza, humillissimo servitore,

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Autographe aux Archives de Simancas.

Publié par G. Cruzada Villaamil. Rubcns Diplomatico Espafïol, p. 154, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 272.

TRADUCTION. 6 juillet 1629.

RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ

Très excellent Seigneur.

J'ai longuement écrit à Votre Excellence le 3o du mois passé et le premier de ce mois sur tout ce que je croyais devoir lui communiquer ; je dirai seulement aujourd'hui que le roi d'Angleterre persiste dans les propositions que je vous ai fait connaître et qu'il m'a chargé de transmettre à Votre Excellence, chose que j'ai différée jusqu'à présent pour beaucoup de raisons que je ne vous expliquerai pas, parce que ce serait trop long à faire. Monsieur Cottington m'a promis d'écrire à Votre Excellence, mais je vois qu'il est tellement occupé d'affaires importantes que je pense qu'il ne pourra le faire par le présent courrier : et le grand-trésorier souffre de la pierre, de sorte qu'il faudra l'excuser pour le moment. La bonne volonté ne fait réellement défaut ni à l'un ni à l'autre. Le principal objet de ma lettre est de vous faire savoir que le roi d'Angleterre m'a chargé d'informer Votre Excellence qu'il a nommé son ambassadeur en Espagne. C'est Monsieur Cottington, comme j'en ai prévenu Votre Excellence le premier juillet, et il a fixé le premier août pour le jour de son départ, à condition toutefois que dans l'intervalle Sa Majesté catholique de son. côté ait pris le même arrangement concernant la personne de son ambassadeur et la date du départ de celui-ci. Le roi d'Angleterre insiste surtout pour connaître quelles sont les intentions de Sa Majesté catholique sur ses propositions avant le départ de M. Cottington, afin de pouvoir lui donner des instructions meilleures et plus précises. Il insiste encore sur la nécessité que rien ne transpire de tout ceci, parce que cela pourrait faire remettre le départ de son ambassadeur. Voilà ce que j'ai appris jusqu'à présent. Je m'en réfère d'ailleurs à ce que jai écrit dans mes lettres précédentes ; j'ajouterai seulement que ces jours derniers, comme je priai le roi de pouvoir me rendre à Bruxelles, afin de porter ses propositions à l'Infante, il me répondit que cela pouvait se faire par lettres et qu'on pouvait envoyer ces lettres en Espagne aussi bien de Londres que de Bruxelles. Il était en outre nécessaire, disait-il, pour enlever toute raison de prendre ombrage ou de concevoir quelque soupçon au roi d'Espagne, que je reste ici pour être témoin de ce qui se passerait entre lui et l'ambassadeur de France, ce dont il me ferait part, afin que je puisse rassurer mes maîtres et ôter aux Français le moyen de gâter les négociations en répandant des bruits faux et malveillants, selon leur habitude. Sur ce, il me confirma tout ce que j'ai rapporté à Votre

lOI

6 juillet 1629. Excellence dans mes précédentes lettres et spécialement qu'il ne se liguerait pas avec la France contre l'Espagne.

L'ambassadeur de Hollande demande au roi d'Angleterre un subside pour payer la solde de six mille fantassins^ mais il ne l'obtiendra pas. Cependant, comme me dit Cottington, lorsque dans le courant de la conversation, il se plaignait que Sa Majesté traitait avec l'Espagne sans leur intervention, le roi répondit que déjà plusieurs fois il en avait informé, par un envoyé spécial (i), les États et le prince d'Orange et qu'il croyait avoir ainsi satisfait à son devoir; que si cependant ils voulaient entrer encore en pourparlers avec l'Espagne, il s'entremettrait volontiers. L'ambassadeur de Hollande répondit .affirmativement et que Sa Majesté ferait par là chose agréable aux États, mais qu'il faudrait faire le traité de paix de telle manière que des deux côtés on pût désarmer pour pouvoir dégrever leurs concitoyens de toutes les charges, impôts et gabelles, qu'ils avaient été forcés de continuer à leur faire supporter pendant toute la durée de la trêve passée. Sur ce, on a fait écrire en Flandre par le commissaire Kesseler de Hollande. Mais sur cette matière je désire ne pas ouvrir la bouche ici, parce que la Sérénissime Infante me l'a défendu. J'espère bien que cette affaire se terminera favorablement. Et, à vrai dire, la coïncidence du siège de Bois-le-Duc vient fort à propos : tant qu'il dure, les deux partis sont suspendus entre l'espoir et la crainte. Le roi d'Angleterre ne me dit qu'un mot sur cette affaire, c'est que, nonobstant que le roi de Danemark ait fait la paix avec l'empereur sans l'assentiment de ses alliés, il était bien certain lui que les Hollandais ne la feront jamais sans son intervention et qu'il me donnerait un message à faire à l'Infante dans ce sens. Mais je glissai légèrement sur ce point, ne sachant pas pour les causes susmentionnées comment me comporter.

Aujourd'hui est arrivé à Londres Monsieur de Chasteauneuf, ambassadeur de France (2) ; il fut reçu avec peu d'empressement et l'accueil fut si froid que la majeure partie des carosses allant à sa rencontre restèrent vides, quoique leur nombre ne dépassât pas la vingtaine.

Je fais part de ces détails à Votre Excellence, parce qu'elle m'a commandé à mon départ de Madrid de lui rendre compte de toutes choses, quelque minimes qu'elles tussent. J'ai reçu aujourd'hui votre très gracieuse lettre du II juin, à laquelle je ne sais quoi répondre, ayant déjà informé Votre Excellence par mes précédentes lettres de ce qui est arrivé, de manière qu'elle aura reçu

(i) Le chevalier Vane.

(2) Barozzi donne la date du 5 juillet. Il est donc probable que la dépêche de Rubens, datée du 6 juillet, fut rédigée la veille.

des nouvelles concernant raflfairc de Monsieur de Soubise; au moment voulu, 6 juillet 1629.

j'aurai soin de ce que Votre Excellence m'indique. Avant toutes choses, il

faut pénétrer le secret de ce que Tambassadeur de France vient traiter ici

avec le roi, ce dont je vous donnerai constamment avis, les moyens d'être

bien informé ne me manquant pas. N'ayant rien d'autre à vous dire, je vous

baise les pieds en toute soumission et révérence et me recommande humblement

à vos bonnes grâces.

D'Anvers, le 6 juillet 1629.

De votre Excellence le très humble serviteur Pierre-Paul Rubens.

Rubens raconta son entrevue avec le roi à Barozzi et celui-ci rendit compte de cette confidence par une dépèche au duc de Savoie, datée du 6 juillet, comme la lettre de Rubens à Olivarez : « Rubens, écrit Barozzi, est resté très satisfait de la sincérité avec laquelle le roi lui a parlé, et il s'est laissé allé à me dire que, quant au Palatinat, l'Espagne pourrait donner satisfaction en remettant au Palatin les villes que Jacques I avait pour ainsi dire données en dépôt aux Espagnols à condition qu'ils les restituent. Ces places ne furent pas conquises par la force des armes espagnoles ni par quelque traité. » (1)

Philippe IV partageait cette manière de voir et croyait qu'il ne pouvait refuser ces places sans soulever un juste mécontement ; il espérait que le roi Charles s'en contenterait. (2)

(i) Rubens è restato sodisfatissimo délia sincerità con la quale il re gli ha parlato, e meco detto Rubens è uscito a dire che Spagna circa il Palatinato potrebbe dargli soddisfazione con rimetteie alcunc plazze del Palatinato che dal re Giacomo furono rimesse como in deposito a Spagnuoli, con obligo di restituirle, le quali piazze non furono tolte né per composizione ne per forza dell' armi di Spagna. (Dépêche de Barozzi du 6 juillet, citée par Gachard, op. cit. p. 147.)

{2) Dépêche de Philippe IV au marquis d'Aytona du 6 avril 1629, en copie aux Archives du Bruxelles, citée par Gachard, op. cit. p. 145.

lo3

DCIII lo juillet 1629. UINFANTE ISABELLE A PHILIPPE IV.

Bruselas a 10 de Julio 1629.

Sehor.

AV. M. di quenta de haver passado a Inglaterra Pedro Pablo Rubens, y que quedava esperando aviso suyo de lo que allî negociava, con deseo de asentar la suspension de armas conforme a la ôrden y voluntad de V. M., y el poder que me ha embiado. — El dicho Rubens me ha escrito en sustancia, que en Inglaterra muestran buen deseo de hazer la paz con V. M. y estrechar la amistad y buena correspondencia mas que nunca, pero desean cosa segura y cominar de una vez à la paz, dando a entender que se ha de restituir con efecto al Palatino, y que no es necessaria suspension de armas, aviéndose de concluyr la paz conforme a la dicha restitucion, como mas en particular lo ha representado Rubens, y escrive de nuevo a que me remito. V. M. mandarâ considerarlo y tomar la resolucion que mas convenga a su Real ser\âcio. Nuestro Senor, etc.

Copie d'une lettre chiffrée aux Archives de Simancas. Secretaria de Estado. Legajo 2043, P 169.

Publié par G. Cruzada Villaamil, op. cit. p. i52.

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