‹ Correspondance de Rubens et documents épistolaires concernant sa vie et ses œuvresChapitre 26 sur 104 · L'INFANTE ISABELLE A PHILIPPE IV · texte numérisé non relu

L'INFANTE ISABELLE A PHILIPPE IV

Bruxelles, le 10 juillet 1629.

Sire.

Celle-ci est pour informer Votre Majesté que Pierre-Paul Rubens a passé en Angleterre et qu'il y est resté attendant votre avis sur ce qu'il a négocié là. Il désire conclure une suspension d'armes conformément à Tordre et à la volonté de Votre Majesté et aux pouvoirs que vous m'avez envoyés pour lui. Rubens m'a écrit en substance qu'en Angleterre on montre grande envie de

faire la paix avec Votre Majesté et de renforcer plus que jamais Tamitié et lo juillet 1629.

les bonnes relations, mais ils désirent marcher sur un terrain solide et obtenir

tout d'un coup la paix. Ils donnent à entendre qu'il faut restituer réellement

le Palatinat, qu'il ne faut pas de suspension d'armes, qu'on doit conclure la

paix sur la base de cette restitution, comme Rubens l'a écrit plus en détail

et comme il écrit de nouveau dans la lettre à laquelle je me réfère. Votre

Majesté ordonnera de considérer ceci et de prendre la résolution qui convient

le mieux à son royal service.

Que Dieu vous ait en sa sainte garde.

COMMENTAIRE

A cette lettre de l'Infante, le roi Philippe IV répondit par sa dépêche du 6 août. Il pria sa tante d'ordonner à Rubens de ne pas rompre la négociation, mais de la continuer avec la dextérité et la circonspection qu'on se promettait de sa prudence. Il mandait de plus à l'Infante que dès qu'elle aurait la certitude de la destination de Sir Francis Cottington pour Madrid, elle pourrait déclarer en son nom que don Carlos Coloma serait envoyé à Londres où il se rendrait lorsqu'on aurait appris l'embarquement de Cottington, mais pas plus tôt. (i)

Coloma, blessé de ce qu'on ne l'avait pas chargé de secourir Bois-le-Duc, avait écrit à Madrid pour qu'il lui fut permis de retourner en Espagne, en offrant toutefois d'aller en Angleterre, au cas où quelqu'un dût y être envoyé pour traiter de la paix. Philippe IV, ne voulant pas se priver de ses services, invita l'Infante Isabelle à lui annoncer confidentiellement que c'était à lui qu'il avait résolu de confier cette négociation. (2)

(i) Dépêche du 6 août 1629 du roi Philippe IV à l'Infante Isabelle, aux Archives du royaume a Bruxelles, citée par Gachard, op. cit. pp. 145-146.

(2) Lettre du 10 juillet du roi Philippe IV à Tlnfante Isabelle, aux Archives du royaume à Bruxelles, citée par Gachard, op. cit. p. 146.

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DCIV x3juiUeti6a9. GERBIER (AU SECRÉTAIRE LORD DORCHESTER?)

Monsieur.

Je n'ay pas si tost receu le Brevet signé de la main du Roy que Taiant faict portter à l'office du Seau privé Ion en a donné advertissement à Madame la Duchesse laquelle prétend à ce que S"^ Robert Pey a dict d'y donner empeschement, ce quy ne s'accordde avec plusieurs belles parolles qu elle m avoist donnée, me promettant d'accomplir envers mon endroit tout ce quy avoist esté de l'intention de feu Monseigneur le Duc lequel ne m'a donné pour aultre récompensse et entretien de douse ans de servisse que cest annuité, la vieille maison dens laquelle je suis logé, et la guarde de Yorck House qui n'est qu'une servitude sens profitt, de laquelle je ne me vousdrois toutes fois point desfaire pour ne receveoir un public affront et quitter à un aultre ce quy m'appartient, le tenant comme un gage et témoignage de l'opinion que feu Monseig"^ le Duc [avait] de ma fidellité de laquelle Sa Maj** a pieu bégninnement prendre cognoissance et aiant esté advertije par S"^ Francis Cottington que S"^ Robert Pey (un des Exécuteurs du Duc défunt) prétendoist que j'estois incapable de pocedder ce qu'il avoist pieu au Duc me donner, parce qu'il me manque une Donnisation. Sa Ma* y a proveue par ces lettres pattentes, et par ces dernières me remest en possession de tout ce qu'ils me prettendoient oster. Si Madame la Duchesse ou tels qu elle pouroist enploier de sa part ne ce prév^allent de Tauthorité de ceux quy la pouroient retarder cest affaire aiant esté favorablem* porrttée par vostre main et si près de sa perfection j'espère Monsieur quils n'auront le pouv^oir de se servir d'icelle pour oster le pain de la bouche d'une grande Famillie, encore qu'ils croient à ce que je puis apprendre que leur grandeur poura cela et beaucoup plus, ce quy contrarieroit toutesfois fort au tiltre de Noble quils portent et seroit trop insu portable à un povre homme quy joynt aux charges ordinaires reçoit peu de secours pour les extraordinaires comme de celle que j'ay eu de Mons*^ de \'ille et la présente du S"^ Rubens pour laquelle Ton ne m'a donné nij considération et en suis aussi esloigné je croy comme je suis homme

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pour n'en jamais demender, touttes ces raisons n estant toutesfois de si is juiiiet 1629.

grand pois que la bonne volonté que vous pouvez aveoir de bien

honorer de vos grâces un de ceux quy a eu Thonneur de servir ce bon

Duc quy estoit à Vous. C'est pourquoy ne me confiant qu'en vostre

générosité je m asseureray que mon parttij contraire ne s'en prévallera

à mon desadvantage, espérant que je demeureray tousjours en vostre

estime comme un de vostres, estant véritablement

Monsieur Vostre très humble

très obéissant et très obligé

serviteur

B. Gerbier.

De vostre Maison à la Strand

ce 3 Juillet 1629 (i3 juillet 1629).

Au dos : 2 July 1629

Mon^ Gerbier.

Londres. Public Record Office. State papers domestic, Charles I. Vol. 146, N** 25. Traduction anglaise publiée par Noël Sainsbury, op. cit. p. i35.

COMMENTAIRE

Robert Pey. Un des comptables du Trésor de 1620 à 1624, fut créé chevalier par Jacques I le i3 juillet 162 1. Il fut chargé, en 1626, avec dix autres commissaires, d'avoir soin des revenues de Charles I. Le duc de Buckingham, avant son fatal voyage à Portsmouth, avait désigné comme ses exécuteurs testamentaires Lord Savage, Sir Robeit Pey et deux de ses domestiques Olivier et Fotherty.

Gerbier est un homme continuellement occupé à faire valoir ses droits et titres aux faveurs du roi et de TEtat, droits éternellement méconnus selon lui. li est le fidèle serviteur à qui Ton rogne les appointements, le père de famille dont on lèse les intérêts, et auquel on enlève le pain de la bouche. D'après ce qu'il fait entendre dans la présente lettre, le duc de Buckingham lui avait par son testament accordé une pension, la maison dans laquelle il logeait et la garde de l'hôtel du duc de Buckingham. La donation était contestée parce qu'il n'existait pas d'acte de donation; le roi l'avait confirmée, mais Gerbîer, craignant que de puissantes influences ne parviennent à rendre vain l'acte royal, s'adresse à un homme politique, que Monsieur Sainsbury suppose être Lord Dorchester, pour que celui-ci empêche la spoliation dont il se dit menacé,

DCV

i3jumeti629. ÉCRIT REMIS A RUBENS PAR LE GRAND TRÉSORIER

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