BALHAZAR GERBIER AU ROI CHARLES I
Au Roy.
Sire.
J'expédie ce courier exprès pour donner advis à V. M. d'un secret que le chevalier Reubens ma fié sur ce voyage, toutesfois le dit S^ Reubens m'a obligé au secret par serment qui m'eust fort géhenne sans ceste eschappatoire de ne luy avoir promis de n'en escrire à V. M. laquelle tiendra cest advertissement à un profond silence, car autrement il seroit impossible que ceux que V. M. faict l'honneur d'employer apprennent jamais choses secrettes.
C'est donques que le S^ Rubens m'a monstre lettre de l'Abé d'Escaglia, que le dict S"^ Rubens avoit deschifïré en laquelle y avoit ces mots suivants au S^ Reubens : — Il est nécessaire selon que je vous ay déjà escript sur le voyage de la Royne Mère en Angleterre que l'on ne perde ceste occasion de l'accouchement de la Royne pour faire ce passage, sachant combien pourroit la présence en ces affaires, négotiez le avec l'Infante, mais qu'âme vivante ne sçache que l'avis vienne de moi.
B. Gerbier.
Bruxelles ce (Lettre non datée placée entre une lettre du 29 octobre et une autre du 2 novembre. Style anglais.)
Londres. Public Record Office. Foreign State Papers. Flandres 60. Traduction anglaise NoÊL Sainsbury, op. cit. p. i63.
DCCXXVI
RUBENS A L'ABBÉ SCAGLIA. i6 novembre i63i.
Non entendo pero quello che V. E. mi dice avermi scritto che non trovo in alcuna délie sue precedenti, che si se tratto de questo dever esser cosa molto occulta, et non passa per mano de loo (i) il quale si e reso molto sospetto di 221 (2) per aver sostenuto con qualque animosita el Marquis. Pero non saria gran cosa se a luy celessero il vero secretto. L'infante mi dice haverne sentito qualque vento,
Advertisse V. Exe. : che se lo trovo buono non deve confidarlo a 100 il quale e contrario, pur per il bene chio gli voglio Tho advertito che no sopponga directamente ad una cosa che non e impossibile che habbio effetto, per non remanere colto in mezzo tra persone tanto congruente, et di qualita tan eminente. Almeno io ne alcun dependente del Rey d'Espagne ni de l'Infante se deve ingerire in questo, ansi piu tosto cerchar d'imperdirlo ch'altro ; ancor che fosse solo per salvar il decoro del nostro. Etc.
16 Nov.
London. Public Record Office. Foreign State Papers. Flanders 60.
Publié par Noèl Sainsbury, op. cit., p. 253, traduction p. 164. Ad. Rosenberg, op. cit., p. 323.
Noél Sainsbury date la lettre du r5 novembre. Le document du London, Public Record Office est daté du 6 novembre, vieux style, et porte la note suivante : Extrait of a letter of S*" Peter Reubens to the abbé d'Escaglia sent by M^ Hurst S'^ Robert answered and secret, the 6 november i63i stilo angliae. Rosenberg le date par erreur du 12 avril i632.
TRADUCTION