Marigny a Soufflot
A Fontainebleau, le 29 octobre 1763.
L'état de misère, Monsieur, où est réduit Charles Rousselet, ouvrier de la manufacture des Gobelins, après y avoir travaillé cinquante ans, est digne de pitié et de commisération ; je lui procurerai bien volontiers la pension de 150 livres qu'il demande pour se retirer à Bicètre, puisqu'il espère y être mieux qu'à l'Hôtel-Dieu. Je vais prendre les arrangements et donner les ordres nécessaires pour cela; vous pourrez le lui faire dire de ma part par la première occasion que vous aurez de le lui faire savoir, cette nouvelle pourra être un adoucissement à ses peines.
Archives Nationales, O1 2045.
Paris, le 16 novembre 1763.
Vous avez eu la bonté d'accorder les jardins des Gobelins ii MM. les concierges, inspecteurs, entrepreneurs et autres qui sont sur l'état de la maison des Gobelins, à condition que la dépense du jardinier serait supprimée et qu'ils les feraient cultiver à leurs frais ; en conséquence ils se sont ajustés, et ont fait clore chacun leur portion de différentes manières et à leurs frais comme de raison. Il y avait dans un endroit quelques arbres très vieux, couronnés, qui seraient devenus inutiles en mourant et qui d'ailleurs mangeaient du terrain ; nous avions un pont de bois sur la rivière des Gobelins (1),
(1) La Bièvre.
par lequel les voitures viennent dans les jardins, mais qui était pourri depuis plusieurs années ; comme c'était une dépense assez forte, vu les poutres qu'il fallait, je l'avais toujours différée; j'ai engagé ces Messieurs à le refaire, sur les gratifications que vous avez eu la bonté de leur accorder sur chaque aune des tapisseries qu'il ferait vendre par leur industrie et leurs démarches ; mais j'ai permis qu'ils se servissent de quelques-uns de ces arbres, en les faisant équarrir pour les poutres et en faisant débiter des parties en madriers. Au moyen de ce, Monsieur, nous épargnerons une dépense considérable et qu'il aurait fallu faire cette année; je leur ai fait sentir que ce pont leur devenait' plus utile personnellement, à présent que vous aviez eu la bonté de leur accorder les jardins, et ils se sont déterminés à en faire les frais. La rivière, depuis ce pont, coule entre les murs des bâtiments de la manufacture et une palée de pieux et de planches qui retient les terres de l'autre côté ; il y en a des parties considérables en pourriture et prêtes à tomber, et à encombrer le lit ; si vous le .trouvez bon, Monsieur, je laisserai abattre les autres arbres à condition de remettre le lieu en état, moyennant les branches, quoiqu'il n'y en ait guère, et les racines ; et je chargerai M. Belle de faire débiter les troncs qui se trouveront bons en pieux carrés et en planches pour refaire nos palées, qui ne coûteront au Roi que la façon.
Paris, le 20 novembre 1763.
Monsieur, je comptais que la retraite volontaire du sieur Œben nous faciliterait pour l'établissement du séminaire ;
mais puisqu'il revient, je chercherai d'autres moyens, et il occupera l'ancienne école. A l'égard du logement qu'occupait son frère, il est peu habitable, les poutres en sont cassées, et il faudra nécessairement les changer quand on voudra en ôter les étais.
Archives Nationales, O1 1547.