‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 102 sur 224 · Marigny a Soufflot · texte numérisé non relu

Marigny a Soufflot

Du 31 décembre 1763.

Monsieur, M. Périer m'a présenté le mémoire que vous lui avez remis avec vos observations en marge au sujet des ventes et délivrances des tapisseries et tapis des manufactures. J'ai signé tous les ordres qui n'exigent point de nouvelles explications ; il en est nécessaires au sujet de quelques tapis, après lesquelles je mettrai en règle ces parties comme les autres. A l'avenir, si l'occasion se présente de faire des ventes, il faudra arranger les choses de mauière que les fonds qui en proviendront, soit en argent comptant, soit en lettres de change à différentes échéances, passent directement aux tréso* riers. Vous traiterez avec M. Périer de la manière de disposer du petit fonds excédant le prix des ventes, et que j'ai promis d'accorder tant pour frais, faux-frais que peines et soins.

Incessamment je réclamerai le paiement par M. le duc de Praslin de la tenture de tapisserie envoyée en Russie, demandée par M. le cardinal de Bernis et dont la dernière délivrance n'a été faite qu'au mois d'août 1759, M. le duc de Choiseul étant alors ministre des Affaires étrangères.

Je consens que le sieur Belle fasse des esquisses pour les

-deux tableaux que vous jugez nécessaires, dans le genre que vous me le proposez, et qu'il me les présente (1).

J'approuve beaucoup les mesures que vous avez prises pour éviter la fraude qu'on soupçonne qui s'est pratiquée par la grande porte de la manufacture des Gobelins ; faites en sorte qu'on puisse en découvrir l'auteur; si vous y parvenez, informez-m'en sur-le-champ, et sans rémission je le chasserai; un pareil exemple en imposera.

Archives Nationales, O1 1110.

H3. — Marigny a Soufflot

Du 5 juin 1764.

Je consens, Monsieur, à l'arrangement que vous me proposez pour mettre le jeune Indien (2) sous le sieur Rousseau

(1) Belle fit, en 1764, deux nouveaux tableaux d'après les anciens modèles de Ch. Coypel : Athalie et Joas, Renaud Endormi (Voir Fenaille, op. cit., vol. III, p. 149 et 154).

(2) Cf. une Note pour Monsieur Perrier le 4 juin 476â:t Le sieur Rousseau, orfèvre aux Gobelins, se chargera avec empressement du jeune Indien auquel M. le Directeur général s'intéresse, pour en faire un metteur en œuvre. Les arrangements qui se font dans la ville en pareil cas sont que l'apprenti donne huit années de son temps, et huit cent livres ; au moyen de quoi on le nourrit et on lui apprend son métier ; mais comme le sieur Rousseau est dans un logement fort serré, on pourrait, afin qu'il pût loger son apprenti, lui donner celui du sieur Le Brun quand il vaquera, et le sien au sieur Machi qui doit remplacer le sieur Le Brun. On peut en attendant faire ajuster une chambre de ■deux qui vaquent par la mort d'un ouvrier nommé Rousselet, et qui pourront ensuite être données à un ou deux ouvriers, et au moyen de cet arrangement l'Indien entrerait tout de suite. M. le Directeur général peut le nommer apprenti du Roi, et alors il jouira d'un lit et des deux cent cinquante livres accordées par Sa Majesté aux apprentis en quatre années».

orfèvre aux Gobelins, afin d'y faire son apprentissage en qualité d'apprenti du Roi, pour y jouir d'un lit et de deux cent cinquante livres accordées par Sa Majesté en quatre années. Je paierai donc de mes deniers 800 livres au sieur Rousseau à raison de 100 livres par an pour les huit années d'apprentissage, et le jeune Indien donnera huit années de son temps; à ces conditions le sieur Rousseau se chargera de le faire metteur en œuvre ; il le nourrira, et pour qu'il puisse le loger et veiller à sa conduite, lorsque le logement du sieur Le Brun vaquera vous l'en mettrez en possession, et le sien sera destiné au sieur Machi. En attendant, vous pourrez faire ajuster une des chambres dont jouissait le nommé Rousselet qui vient de mourir ; vous la donnerez au sieur Rousseau pour remplir l'objet qui regarde ce jeune Indien. Il vous remettra ma lettre ; pour qu'il ne perde point son temps, vous le ferez placer au plus tôt, et aussi afin qu'un séjour oisif dans Paris ne l'expose à aucun de ces inconvénients qui y sont si fréquents.

Archives Nationales, O1 1111.

En marge de la main de Perrier : « Ecrit à M. Souffîol en conséquence de cette note le 5 juin 1764 » (Arch. Nat. O1 1147).

C'était un jeune nègre nommé Ramaudque M™6 de Pompadour avait tenu sur les fonds de baptême. Après la mort de sa sœur, Marigny lui avait attribué une pension viagère de 150 livres ; il voulait aussi, comme on le voit, lui faire gagner maîtrise d'orfèvrerie chez un ouvrier des Gobelins. Mais après un essai d'environ deux ans, Ramaud quittera son maître ; Marigny tentera de le placer chez des bijoutiers; mais le nègre, par son inconduite et son indocilité, mécontentera tout le monde, se fera renvoyer de partout, et finira dans la misère, errant dans Paris de chambre en chambre (Arch. Nat. O1 1582).

Du 24 juin 1764.

Suivant l'état que vous m'avez remis le 10 décembre der~ nier des tentures vendues pour l'Angleterre (1), le prix de chacune d'elles a été porté à un taux assez fort pour qu'elles aient procuré une somme de 1.978 1. ; je promis dans le temps d'accorder cette somme aux inspecteurs et entrepreneurs de la manufacture pour dédommagement de leurs courses, peines et frais de correspondance ; comme je suis dans l'intention de les taire jouir de cette marque de satisfaction de ma part, vous aurez agréable de m'envoyer un état de distribution de cette somme que j'ordonnerai sous le nom de M. Belle seulement pour éviter la multiplicité des quittances, et dont il fera ensuite la répartition en conséquence des sommes qui auront été accordées à chacun d'eux.

Archives Nationales, O1 1111.

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