SOUFFLOT A MaRIGNY
Paris, le 2 avril 1766.
Monsieur, j'ai eu l'honneur de vous envoyer le 19 octobre dernier un état de situation des deux manufactures dont vous m'avez confié la direction jusqu'au dernier juin 1765: il leur était dû alors 190.578 l. 5 s. 11 d. Quelque pressante que fût la situation des entrepreneurs à cette époque, vous n'avez pas pu, Monsieur, les soulager ni fréquemment, ni efficacement ; cependant il s'est toujours fait de l'ouvrage, car il faut ou renvoyer les ouvriers, ce qui serait un grtnd mal, ou les faire travailler; et quoique les entrepreneurs aient été assez occupés pour le dehors, ils se sont cependant trouvés à la fin de l'année à peu près dans la même situation qu'au mois de juin dernier, comme vous le verrez par l'état ci-joint qui monte à la somme de 185.658 1. 19 s. ; en y ajoutant les fournitures du sieur Mêriel dans la présente année et les ouvrages des entrepreneurs des deux manufactures jusqu'à ce jour qui montent environ à 35.000 1., vous verrez, Monsieur, que le total étant de 220.658 1. 1 s. 9 d., ils sont à présent en plus mauvaise position que jamais. Je crois devoir vous
la mettre sous les yeux, parce que j'en crains vraiment les suites : ils sont tous très embarrassés et particulièrement Duvivier à qui il est dû présentement plus de L60.000 1. tant de ses ouvrages que des menues dépenses, et qui depuis neuf mois n'a reçu que 5.000 1. (J). Il est aux abois et vous n'en serez pas étonné, Monsieur, en voyant la somme dont il est en avance ; je vous supplie de jeter un coup d'œil favorable sur la situation dans laquelle se trouvent deux établissements qui se sont de plus en plus perfectionnés, et dont vous seriez aussi fâché que moi de voir la chute ; je la craindrais cependant, si vous n'aviez la bonté de les secourir le plus tôt
possible.
Archives Nationales, O1 2046.