‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 129 sur 224 · Souffloï a Marigny · texte numérisé non relu

Souffloï a Marigny

Paris, le 13 mai 1766.

Monsieur, j'ai eu l'honneur de vous écrire pour des tentures des Gobelins, demandées parles Affaires Etrangères, et par un seigneur anglais, afin que vous eussiez la bonté d'envoyer les ordres de délivrance ; je vous serai très obligé si vous voulez bien les donner, parce qu'il y a cette semaine une occasion de faire partir celle d'Angleterre ; on est après la rentraire et le raccommoder ; on pourrait peut-être aussi demander ces jours-ci celle des Affaires Etrangères.

Le mauvais état dans lequel nous sommes, Monsieur, pour les Gobelins, la chute d'une partie que j'ai craint samedi et qui serait arrivée s'il n'y avait eu une petite ressource pour M. Cosette, me fait sans cesse chercher des acquéreurs et

(1) Cf. une lettre de Duvivier du 12 mars 1766 : « Ce qui m'est dû : 56.764 1. 13 s. 4 d. J'ai été réduit dans le dernier état de distribution à la moitié de mes confrères, au mois de décembre dernier, lorsqu'ils ont touché chacun un assez bon acompte ».

presser nos entrepreneurs d'en chercher aussi ; je reçois à l'instant une lettre de M. Cosette qui me marque qu'il s'en est présenté hier après midi (1) ; ils pourraient s'accommoder de deux pièces de la tenture appelée la galerie de Saint-Cloud en basse lisse qui sont revenues dans le temps à 8.611 1. 12 s. 9 d., et qui se vendraient, en rabattant le tiers, 5.741 1. 1 s. 9 d., non compris la pistole par aune de gratification accordée aux entrepreneurs pour rentraiture, peines, voyages et faux frais, qui serait de 410 1. pour les 41 aunes que contiennent ces deux pièces.

Cet arrangement fait, les mêmes personnes pourraient prendre quatre pièces des Scènes d'opéra et de tragédie d'après M. Coypel et de la tenture appelée de Dresde qui reviennent au Roi à 13.254 1. 4 s. il d. ; elles ont demandé si ces pièces étaient dans le cas du rabais du tiers ; M. Cosette a répondu que non, parce que ce n'était pas des pièces anciennement faites ; on l'a prié de savoir si on ne pouvait pas au moins espérer une diminution moins considérable (2) ; il n'y a que vous, Monsieur, qui puissiez décider à cet égard. Cette tenture est revenue à 375 1. l'aune carrée, c'est-à-dire à plus de 300 1. de frais, sans y comprendre les honoraires que le Roi paye aux entrepreneurs ; c'est sur ces honoraires que pourrait tomber la diminution, et comme il y a environ 35 aunes, la déduction des honoraires produirait plus d'un sixième de diminution ; mais si vous agréez qu'on en fasse on tirera le plus qu'on pourra. Ces acquéreurs attendent votre décision demain matin parce qu'ils partent jeudi pour la campagne ; ils ont aussi envie de faire faire des fauteuils et canapés ; ils en traiteront avec les entrepreneurs ; mais ce sera toujours à la •décharge du Roi, parce qu'en faisant cela ils feront moins pour la manufacture.

Archives Nationales, O1 2046.

(1) M. de Mazade, trésorier des Etats du Languedoc. {2) Note de l'administration : aucune diminution.

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