SoiJFFLOT A MaRIGNY
Paris, le 7 mai 1757.
Monsieur, il y a dans une cour des Gobelins, appelée des miracles, une petite maison en ruine que je comptais faire abattre vu son mauvais état; un ouvrier de la manufacture, qui est un très bon sujet selon les informations que j'en ai prises, et qui est chargé de famille, m'a proposé de la réparer à ses frais, si vous vouliez avoir la bonté de lui en assurer la jouissance; c'est un de ceux qui n'ont point de logement (1) ; il se trouve encouragé à faire cette réparation, parce qu'il est parent d'un des commis de M. Oré (2) qui lui promet ses soins pour que la dépense soit la plus petite possible, et qui sans doute le facilitera pour les pavements. Si vous voulez, Monsieur, lui accorder cette grâce, je crois qu'elle sera bien placée, et qu'il en aura une grande reconnaissance (3).
Je fus aussi reconnaître ces jours derniers quatre ou cinq arbres que le vent a jetés à bas dans le jardin desdits Gobelins ; si vous jugez à propos que le bois s'en partage entre
(1) Les bâtiments des Gobelins et les douze maisons voisines où les ouvriers devaient demeurer, d'après l'édit de fondation de la manufacture, étant insuffisants pour contenir le nombreux personnel, l'habitude était d'accorder des indemnités de logement; mais le fonds des indemnités était lui-même limité, et tous n'en étaient pas gratifiés.
(2) Entrepreneur des Bâtiments du Roi, chargé de la reprise des travaux du Louvre en 1755.
(3) En marge de la main de Marigny: t Oui ».
l'inspecteur et le concierge, ainsi que cela s'est fait en pa reille occasion, à ce que l'on m'a assuré, je vous supplie de me donner vos ordres, je les leur communiquerai (\).
Archives Nationales. O1 2044.