‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 19 sur 224 · SOUFFLOT A MARIGNY · texte numérisé non relu

SOUFFLOT A MARIGNY

Paris, le 28 mai 1757.

Monsieur, l'ouvrier des Gobelins à qui vous vouiez bien accorder la petite maison cour des Miracles à la charge de la rétablir à ses frais* s'appelle Claude Ostende (2) ; il est de père en fils dans la haute lisse, depuis l'établissement de la manufacture, et a deux fils qui y travaillent avec succès; cette petite maison était un logement d'ouvrier ; elle est comme tous les autres logements de la manufacture à votre disposition ; les ouvriers lorsqu'il en vaque y sont installés et en jouissent, sur le simple ordre que vous voulez bien donner en leur faveur ; ils ne les] perdent que lorsqu'ils quittent la manufacture ou qu'ils s'y conduisent mal ; je crois même, Monsieur, qu'il ne serait pas à propos qu'ils les eussent par brevets, parce que cela nous retrancherait un des freins par lesquels nous les contenons ; mais si Ostende venait à mourir, je vous supplierais, en conséquence des dépenses qu'il aurait

(1) En marge de la main de Marigny : « Oui ». Les jardins des Gobelins, séparés des ateliers par un bras de la Bièvre, occupent encore aujourd'hui une superficie d'environ trois hectares, et sont divisés entre les tapissiers et les employés de la manufacture.

(2). Jacques Ostende, né à Anvers, était ouvrier aux Gobelins du temps de Louis XIV ; un de ses descendants fort âgé habitait encore la manufacture vers 1856 (Guiffrey, Histoire de la tapisserie, ,1886, p. 344). — Voir aussi Havard et Vachon, op. cit , p. 99 et 190.

faites, de laisser le logement à ses enfants qui se conduisent bien.

Archives Nationales, O1 2055.

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