‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 20 sur 224 · Marigny a Soufflot · texte numérisé non relu

Marigny a Soufflot

Paris, le 5 juillet 1757.

Monsieur, lorsque je vous ai demandé le nom de l'ouvrier des Gobelins pour demander un bon au Roi qui lui assurât sa vie durant la petite maison qu'il a offert de rétablir à ses dépens dans la manufacture, ça été par un principe de justice, pour que ce particulier ne fût point évincé pendant sa vie dans la jouissance d'un effet qu'il aurait reconstruit à ses frais, et pour qu'au cas qu'il vînt à mourir peu de temps après la dépense faite de ce rétablissement, ses enfants fussent en état de représenter contre leurs anciens qui ne manqueraient pas de demander la préférence sur eux, que cette maison ayant été rétablie aux dépens de leur père et n'en ayant pas joui longtemps, il serait juste de leur en laisser la jouissance. Il est bien certain qu'à moins d'inconduite de la part du père et de ses enfants, pendant que je serai directeur général il ne leur sera fait aucune injustice ; c'est sur quoi ils peuvent compter, d'après le témoignage avantageux que vous me rendez de leur capacité et de leur bonne conduite. Ainsi j'accorderai au père par une concession particulière la jouissance de cette maison sa vie durant, sans avoir recours au bon du Roi.

Archivés Nationales, O1 2055.

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