Soufflot a d'Angiviller
Paris, ce 29 juin 1775
Monsieur, averti du déiir qu'avait Monsieur l'envoyé de Tripoli de voir hier sur les neuf heures du matin la manufacture royale des Gobelins, je m'y rendis. Il avait été un peu incommodé, et il n'y arriva que sur les onze heures ; il vit avec
(1) Entrepreneur des travaux à la butte de l'Etoile.
(2) Le système de Turgot, qui voulait imposer la liberté du commerce des grains, soulevait des émeutes ; le ministre, qui faisait une grande révolution pour la liberté absolue, réprima en revanche la liberté du peuple avec la plus grande force ; l'émeute de Versailles et de Paris, la « plus vive et la plus nombreuse qu'on y eut encore vue », (Mémoires du duc de Croy), fut durement réprimée. — Réponse du comte d'Angiviller le 9 mai : « J'applaudis de tout mon cœur, Monsieur, aux précautions que vous avez prises pour seconder les soins de l'administration de la police dans les circonstances critiques que présente le brigandage qui se commet depuis le commencement de ce mois. Je sens trop tout ce qu'on peut attendre de votre surveillance éclairée pour vous faire aucune recommandation particulière ». (Arch. Nat. Ol 1169).
autant de curiosité que de plaisir les différentes piècea que je fis tendre et le travail des ateliers. Comme il parle un peu l'italien et que j'entends un peu la langue franque, je pus par moi-même lui donner toutes les explications qu'il désirait. 11 me parut, Monsieur, fort satisfait, ainsi que les personnes de sa suite et celles qui l'accompagnaient. Je l'ai prié deme faire savoir le jour où il voudrait voir les tapis à la Savonnerie ; j'avais fait dire qu'on l'y attendît, parce que son intention était d'y aller après avoir vu les Gobelins, mais il était trop tard ; je m'y rendrai le jour qu'il indiquera.
Il serait fort à désirer que vous voulussiez bien aussi prendre un jour pour voir ces manufactures, ce serait un moyen très ^fticace d'encouragement pour les ouvriers ; ils ont été, Monsieur, habitués à voirMessieurs vos prédécesseurs ; je leur ai donné l'espérance d'avoir l'honneur de vous y voir d'après ce que vous m'avez fait celui de me dire ; je vous supplie de vouloir bien prendre un jour de cet été.
Archives Nationales^1 1554.