‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 214 sur 224 · Soufflot a d'Angiviller · texte numérisé non relu

Soufflot a d'Angiviller

Paris, le 18 avril 1777.

Monsieur, en conséquence de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au sujet de la visite que l'Empereur fera de la manufacture royale des Gobelins, j'invitai à dîner hier MM. Belle et Cozette pour en conférer, et engager le dernier qui a des connaissances chez M. l'ambassadeur de l'Empire à tâcher de savoir le jour que prendrait S. M. Impériale ; nous ferons de notre mieux pour vous en prévenir à temps.

Nous avons aussi conféré sur les présents que le Roi pourrait faire ; la tenture en quatre pièces d'après Raphaël serait, je crois, moins connue à Vienne que toute autre ;

elle monte à 29.139 1.

Six pièces faites des Nouvelles Indes monteront environ à 24.000 1.

Quatre pièces Pastorales d'après Boucher, fond de damas cramoisi 11.200 1.

Douze fauteuils à fleurs même fond cramoisi, avec deux grands canapés pareils, monteront à environ avec l'écran 5.000 1.

Quatre Portières des Dieux (1), même fond . 8.299 1.

Total 77.638 1.

En y joignant pour environ 20.000 livres de tapis et para-

(1) Ces quatre Portières des Dieux : Jupiter, Junon, Cérès et Bacchus, décoraient en 1900 un salon de la Hofburg impériale, à Budapest. Les tentures des Loges du Vatican et des Nouvelles Indes existaient complètes, à cette date, dans les collections de la Couronne d'Autriche.

vents de la Savonnerie, le présent reviendrait égal à celui que le feu Roi fit au Roi de Danemark (1).

Dans l'incertitude du jour, on préparera, Monsieur, comme vous l'ordonnerez, les tentures dans la galerie ; on y en va tendre ce matin, car l'envoyé de Tunis y va. J'ai prié MM. Belle et Cozelte de satisfaire sa curiosité ; le temps froid d'hier au soir et de ce matin m'ayant rendu mes douleurs plus sensibles, je crains de les augmenter par un long séjour dans les ateliers et la galerie.

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