D'Angiviller a Soufflot
Versailles, le 13 avril 1777.
Monsieur, je serai charmé que ce soit vous, si votre santé vous le permet, qui fassiez à l'envoyé de Tunis les honneurs des deux manufactures ; j'adresse néanmoins des ordres pour celle des Gobelins à M. Belle, et à tout événement à M. Gibert pour celle de la Savonnerie, afin qu'ils fassent faire les préparatifs nécessaires.
Il est une visite plus importante, c'est celle de l'Empereur, qui portera le nom de M. le Comte de Falkenstein. Comme son dessein est de garder un exact incognito, il ira sûrement voir les manufactures au moment où l'on s'y attendra le moins ; il faut en conséquence que vous préveniez M. Belle et M. Cozette de se concerter ensemble de manière qu'on puisse, au moment où on l'annoncera, tendre les principales tapisseries dans la galerie pour les lui montrer. Je voudrais qu'on y mit entre autres celle des Animaux des Indes qui est dans le moment la seule que je puisse lui faire donner par le Roi, avec divers autres objets propres à compléter ce présent. S'il n'y avait même aucun inconvénient à laisser la galerie tendue pendant le séjour que ce prince fera à Paris jusqu'à ce qu'il ait été aux Gobelins, je l'approuverais fort, parce que je sais que selon toutes les apparences il y arrivera sans qu'on soit prévenu. Il faut que M. Gibert et M. Duvivier usent des mêmes précautions pour la Savonnerie.
Archives Nationales , O1 *2048.