‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 222 sur 224 · Soufflot a d'Angiviller · texte numérisé non relu

Soufflot a d'Angiviller

Paris, le 28 février 1780.

L'affaire dont vous m'avez fait l'honneur de me demander compte, et qui concerne M. Cosette, exigeait des recherches, et je les ai faites. J'ai lieu de croire qu'il ne vous a pas dit combien, entre feu madame sa mère et lui, il occupait de logements dans l'hôtel des Gobelins ; j'ai trouvé un plan qui les contient tous, et par lequel vous verrez, Monsieur, qu'il n'y a pas de raisons valables pour que Ton raccorde, comme il le demande, le logement que je crois convenable de laisser libre pour y faire chauffer l'hiver et reposer l'été les souverains, les princes, les grands, qui sont curieux de connaître la manufacture. Il demande une cloison au moyen de laquelle on n'irait plus de la galerie au salon que par un petit corridor, et ce pour se procurer une pièce de plus. Celle qui existe telle qu'elle est actuellement a sur la cheminée un portrait de Surintendant des Bâtiments, comme il y en a un sur la cheminée du salon, et celui de Louis XV en face ; cela prouve bien que ces pièces avaient été décorées comme pièces publiques, et qu'il est à présumer qu'elles avaient été usurpées pour un service particulier. Je crois, mousieur, que vous connaîtrez par les plans qu'en réservant cet appartement à sa destination première, il restera encore à M. Cosette de quoi se loger amplement, quand même il remettrait son logement actuel à son fils ainsi que son atelier, ce qui ne me paraît pas prochain, surtout si M. Audran persiste à quitter le sien. Dans tous les cas il ne

conviendrait pas que M. Cosette eût le magasin des laines, soit qu'il demeure entrepreneur, soit que son fils le devienne : les inconvénients qui ont existé du temps de sa mère, et dont les autres entrepreneurs se sont plaints depuis longtemps, existeraient encore plus ; M. de Montucla les connaît bien, et vous en peut rendre compte, s'il ne l'a pas encore fait.

Archives Nationales, O1 2049.

Vu, le 7 janvier 4918.

Le Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris, A. CROISET.

Vu et permis d'imprimer,

Le vice-recteur de l'Académie de Paris,

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