Marigny a Soufflot
A Compiègne, le 31 juillet 1757.
Sur les plaintes, Monsieur, que vous m'avez portées contre trois ouvriers des Gobelins nommés Fontaine, serrurier, Kercove, teinturier, et Kercove tapissier de l'atelier du sieur Cozette, que ce sont trois mauvais sujets qui s'enivrent fréquemment, qui se battent, qui causent du scandale dans la maison, que môme ces jours passés ils ont fait bacchanale chez le portier au point que l'un d'eux osa le défier de quitter son habit et de sortir pour se battre, je les aurais fait mettre en prison ou au moins je les aurais fait chasser des Gobelins, si vous ne m'aviez demandé grâce pour eux pour cette fuis ; je veux bien la leur accorder à votre recommandation, mais ayez agréable de leur ordonner de changer de conduite, car à la première plainte que vous me ferez d'eux ou de tous autres ouvriers de la manufacture qui n'y garderont pas le respect et la décence dus à la maison du Roi, je les en ferai chasser honteusement et même arrêter suivant la nature du délit ; et afin que mes intentions leur soient bien connues, ayez agréable de leur lire ma lettre dans chaque atelier.
Archives Nationales, 0*2044.