Marigny a Soufflot
A Versailles, le 23 novembre 1757.
Il n'était pas possible, Monsieur, de mettre plus d'attention, d'intelligence et de zèle dans la recherche des moyens de remédier à l'imperfection de la teinture des laines employées à la teinture des ouvrages de la manufacture des Gobelins. Je ne puis que vous louer de toutes les précau-
(1) Cf. Lettre de Marigny à Soufflot du 18 janvier 1758: « Sur les re- « présentations, Monsieur, contenues en votre lettre du 24 du mois der- « nier, je veux bien consentir à ce que le sieur Kercove aille mûrir sa « tête eu Russie, à condition qu'il revienne pour le service de la manu- « facture des Gobelins si cela est nécessaire ».
lions que vous avez prises pour rendre à ces laines leur ancienne beauté, et le choix que vous avez fait d'un homme capable d'observer dans les nuances toute la délicatesse qu'elles exigent. J'approuve de même les conditions que vous lui avez faites et celles que vous avez acceptées (1). Assurez le sieur Cozetle que je suis prêt à y souscrire dès qu'il jugera à propos de conclure son marché, conformément au projet que vous m'en avez communiqué et que je vous renvoie ci-joint après en avoir fait prendre copie. »
Archives Nationales, O1 2044.
(1) La convention avec le nouveau teinturier en laines, à 800 livres de gages, est signée le 15 janvier 1758 (A. N. O1 15464).
Rédigée par Soufflot, en voici les principales conditions : « Le tein- « turier en laines recevra du magasin du Roi les laines en blanc pour « être teintes dans la teinturerie de la manufacture, et ensuite rap- « portées par lui au dit magasin... Comme il est nécessaire de multi- « plier les dégradations le plus qu'il est possible pour la parfaite exé- < cution des ouvrages, toutes les laines pour carnations seront teintes « par demi-livres seulement, pour éviter l'amas de nuances désassorties « qui résulterait aussi de cette nécessité, si on en teignait davantage de « chaque sorte, comme par le passé... II sera obligé de passer en cuve « dans la teinturerie de la manufacture, et non ailleurs, toutes les cou- « leurs qui en sont susceptibles, parce que les laines en sont beaucoup « plus amoureuses et plus brillantes que lorsqu'elles sont passées au « guèdre hors de la maison comme cela s'est pratiqué.., Il fournira les c drogues, bois, etc., ainsi que cela se pratique à présent. Il lui sera <c payé par chaque livre de laine teinte en cramoisi et du poids de seize <c onces la somme de cinq livres, pour chaque livre de carnations celle « de trois livres dix sols, pour chaque livre d'ordinaire ou commune une « livre dix sols, et pour chaque livre de graissage quatre sols. Et en « outre il lui sera payé pour son compagnon la somme de 600 livres «comme ci-devant par an. » — Auparavant, Mériel, qui va seulement rester teinturier en [soie, avait 1.200 livres pour deux garçons; celui qui teignait les laines passe au sieur Cozette (A. N. O1 2044).
Sjr la teinturerie aux Gobelins, voir Lacordaire et Guiffrey, op. cit., Havard ec Vachon, op. cit., p. 204, 291, 304.