‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 42 sur 224 · SOUFFLOT A MARIGNY · texte numérisé non relu

SOUFFLOT A MARIGNY

Paris, le 27 février 1758.

Monsieur, j'ai attendu, pour vous envoyer les obligations du nouveau teinturier de la manufacture royale, des Gobelins, qu'il y fût installé et qu'il y eût opéré, afin d'y changer ou ajouter, si l'expérience eût fait rencontrer quelques difficultés dans ce que j'avais cru nécessaire ; il me paraît que cette partie ira bien et que chacun sera content ; j'ai, selon les ordres que vous m'en avez donnés, fait les arrangements convenables dans la teinturerie ; je l'ai fait agrandir au moyen

d'une petite partie d'atelier dont M.Audran pouvait se passer, afin de procurer les aisances nécessaires pour ôter toute excuse si le service ne se faisait pas bien ; j'ai fait mettre toutes les chaudières en bon état, et réparer le logement de manière que le sieur Coselte y pût loger avec sa femme et son monde; les entrepreneurs me paraissent contents des nouvelles teintures, et j'espère, Monsieur, qu'ils n'auront plus à se plaindre. Je garde dans mon bureau un double signé, comme celui que j'ai l'honneur de vous envoyer, par le sieur Coselte ; j'en ai remis un dûment collationné à M. Belle pour qu'il tienne constamment la main à l'exécution précise des conventions ; il me reste à vous supplier d'assurer l'état du sieur Cosette suivant les conditions que vous avez bien voulu agréer et dont vous avez conservé la minute à laquelle je me suis conformé.

J'ai l'honneur de vous envoyer aussi, Monsieur, la liste des apprentis à faire dans la présente année, dans laquelle j'ai mis ceux que vous aviez reçus pour tels depuis la promotion générale de 1753 (1) ; mais qui ne recevront les appointements d'apprentis qu'à commencer du mois de janvier de la présente année avec ceux qui sont sur la liste de proposition, si vous avez la bonté de les agréer. En conséquence de vos ordres j'ai refusé tous ceux qui n'ont pas voulu se mettre à la basse lisse et je crois, Monsieur, que l'exécution de vos intentions à cet égard est d'autant plus nécessaire que les ouvrages qui se font annuellement en haute lisse, pour occuper les ouvriers de ce genre, excèdent toujours et quelquefois de beaucoup les fonds fixés, parce que le prix de leurs ouvrages est trop haut pour le public, d'où il résulte la nécessité de laisser diminuer

(1) Le directeur général avait nommé en 1753 quatre apprentis de haute lisse, dix de basse lisse, un apprenti .teinturier en soie sous M. Mériel, deux apprentis orfèvres sous M. Hallet et sous M. Villers , un apprenti peintre sous M. Tessier, un apprenti menuisier sous le sieur Le Châssis ; tous avaient de dix à seize ans environ.

le nombre de hauts lissiers ou d'augmenter les fonds. Il n'en est pas de même de la basse lisse, elle a besoin d'être montée en jeunes gens qui deviennent de bons ouvriers ; et comme le sieur Neilsoyi a à cœur de la perfectionner et que vous voulez bien l'aider des moyens, il trouvera, vu la perfection et les prix plus bas, à travailler pour le public.

Archives Nationales, O1 2044.

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