‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 47 sur 224 · SOUFFLOT A MaRIGNY · texte numérisé non relu

SOUFFLOT A MaRIGNY

Paris, le 14 juin 1758.

Monsieur, en conséquence de la liberté que vous m'avez bien voulu laisser de faire monter sur les métiers des Gobelins la tenture d'Esther ou celle de Jason, j'ai décidé pour cette dernière parce qu'on en a moins fait de répétitions que de la première (1) ; on montera aussi le troisième tableau de M. Natoire, cela donnera pour quelque temps de l'ouvrage à la haute lisse, qui en aurait manqué ces jours-ci (2). A l'égard des copies du Vatican elles pourraient faire une tenture très belle et intéressante surtout, mais ce ne serait pas une ressource pour le moment , car il faut du temps pour les mettre sur châssis et en faire les traits qui sont nécessaires pour l'exécution ; mais si vous approuvez, Monsieur, que l'on en fasse usage, comme je le crois à propos, on pourrait, pendant que l'on travaillera aux pièces de Jason, faire les opérations préliminaires pour monter la nouvelle tenture d'après Raphaël, qui fera pour la haute lisse un ouvrage de durée.

A l'égard de la basse lisse, les Portières sont un objet d'utilité continuel, parce que le garde meuble en demande sou-

(1) Ainsi la sixième tenture de Jason aurait été ordonnée dès juin 1756. Cependant, d'après M. Fenaille, on ne l'aurait commencée qu'en octobre 1761. (Voir op. cit., vol. III, p. 111.)

(2) V Entrevue de Marc-Antoine et de Cléopâtre. Cette pièce, mise sur métier dans l'atelier d'Audran en janvier 1759, fut terminée le 1er août 1761. (Fenaille, op. cit., vol. III, p. 95.)

vent (1) ; on repeindra le tableau de celle de Diane qui manque à plusieurs suites déjà faites, et on tâchera, tant d'après les autres tableaux que d'après les Portières déjà faites, d'en faire encore deux suites, mais c'est, Monsieur, tout ce que Ton en pourra tirer, après quoi il faudra nécessairement de nouveaux tableaux. Ces Portières vont à la vérité occuper quelques métiers des Gobelins pour la basse lisse, mais je crois que cela ne nous dispensera pas de monter une nouvelle tenture des Indes, parce que les pièces qu'a demandées M. le duc des Deux-Ponts qui doivent se faire d'après les Fragments cC Opéra de M. Coypel (2) se feront sur les nouveaux métiers : 1° pour éviter d'après ces tableaux les inconvénients des anciens métiers, et, en second lieu, pour les rendre aussi parfaitement si on le peut que par la haute lisse, et donner du crédit à la basse, qui est moins chère, dans les pays étrangers (3).

Archives Nationales , O1 2044.

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