‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 55 sur 224 · SOUFFLOT A MARIGNY · texte numérisé non relu

SOUFFLOT A MARIGNY

Paris, le 4 novembre 1758.

Monsieur, comme voilà deux mois d'écoulés sans que vous^ m'ayez donné vos ordres, j'ai cru devoir prendre la liberté de vous les demander dans la crainte que la quantité d'affaires qui se succèdent ne vous fît oublier celle-là. Nous sommes, d'ailleurs, embarrassés pour occuper les ouvriers médiocres en basse lisse, et cette tenture de la Chancellerie y est très propre, parce que tous les fonds ne consistent qu'en un champ bleu semé de fleurs de lis qui se font facilement. Je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien me donner vos ordres à cet égard; on pourra monter tout de suite plusieurs métiers qui vaquent.

Le peintre qui travaillait pour les tapis de la Savonnerie est mort, il allait commencer le tableau nécessaire pour l'alcôve de la chambre du Roi à Versailles (1) ; suivant vos ordres j'ai fait retirer la toile de chez lui, et l'ai envoyée aux Gobelins. Vous avez approuvé des esquisses pour semblables ouvrages du sieur Jacques qui a fait les bordures que vous avez vues aux Gobelins et les tableaux de vos meubles; je le crois très capable de remplacer celui qui vient de mourir ; mais comme ces toiles sont fort grandes, il est nécessaire, pour qu'il y puisse travailler, que je fasse ôter une cloison dans sou logement pour former de deux pièces un atelier

zow, vice-chancelier de Russie, une tenture de tapisserie des Gobelins, 12 fauteuils et 2 canapés». La tenture consistait en quatre pièces de Don Quichotte : La Poltronnerie [de Sancho, le Chevillard, le Jugement delà canne, Don Quichotte servi par les filles de V hôtellerie. Le travail du roi, comme on le voit, semble avoir modifié le présent ordonné le 22 août précédent.

(1) La chambre à coucher du roi à Versailles avait été remaniée en

assez grand en ajustant une fenêtre ; c'est un objet de quarante ou cinquante écus de dépense, qui est nécessaire pour le service.

J'ai pris les soins que j'ai cru convenables pour connaître à qui devait aller la pension de feu Roby mort le 8 octobre ; j'ai pensé que ces récompenses étaient faites pour l'ancienneté • les services soutenue de la bonne conduite et de la capacité, et sur les éclaircissements que j'ai pris de M. Belle et des trois entrepreneurs il m'a paru, Monsieur, que le nommé Rondet méritait de passer à la pension de deux cents livres vacante, en quittant celle qu'il a de cent cinquante livres à laquelle passerait le nommé Tessier (1) âgé de cinquante-huit ans, et qui en a quarante-huit de travail et de bonne conduite, et dont j'ai eu de très bons témoignages pour la capacité et l'utilité dont il a été pour former des ouvriers (2).

Archives Nationales, Ol 2044.

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