‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 89 sur 224 · SoUFFLOT A MARIGNY · texte numérisé non relu

SoUFFLOT A MARIGNY

Paris, le 18 septembre 1762.

Monsieur, j'ai l'honneur de vous envoyer des mémoires apostilles d'après les informations que j'ai faites ; j'en ai môme différé le départ dans l'espérance de trouver quelque moyen par lequel vous pussiez satisfaire aux demandes si vous le jugiez à propos ; en effet, Monsieur, nos jeunes gens de l'Académie des Gobelins, par leur peu d'avancement, peuvent fournir ce moyen ; ils se sont trouvés trop faibles à plusieurs concours pour les médailles parce qu'ils travaillent trop peu,

ce qui sera toujours jusqu'à ce qu'on puisse rétablir le séminaire qui existait autrefois ; on les a punis en les privant des prix, afin de les engager au travail pour mériter par la suite ; de manière qu'il reste sur les années 4758-59-60-61 une somme de 449 livres, dont 123 livres ont été reçues dernièrement sur les mémoires de menues dépenses, et le reste à recevoir sur ceux qui se paieront par la suite. J'avais pensé à payer sur ces reliquats la lampe de cuivre qui a été nécessaire pour l'académie d'après le modèle que vous avez eu la bonté de rétablir, mais si vous agréez qu'elle soit portée sur les mémoires de M. Belle avec d'autres menues dépenses de ladite académie, vous pourriez, Monsieur, destiner la somme ci-derrière de 449 livres aux différentes gratifications que l'on vous •uppiie d'accorder.

Dans ce cas Pierre Cressor, qui a déjà eu le lit d'apprenti donné à son fils qui s'est mal conduit et ensuite engagé, pourrait être soulagé par le montant de la première année de l'apprentissage de ce fils qui est de 100 1.

Vous pourriez accordera la veuve Grignon, qui en effet se trouve très à plaindre, mais sans tirer à conséquence pour les suites 140 1.

Au fils Mortiège, ouvrier assez bon de M. Neilson, qui vous avait supplié de l'aider pour avoir son congé et pouvoir révenir travailler, que vous n'avez pu aider alors, et qui ne l'a obtenu que par l'avance d'argent

que M. Neilson a faite parce qu'il le connaît au fond

bon sujet 140 1.

A la veuve Joques, la seule femme qui travaille

sur les tapisseries, qui devient fort infirme et qui a

eu l'honneur de vous supplier plusieurs fois de l'aider

dans l'occasion 69 1.

[Total] 449 1,

Si vous préférez, [Monsieur, que l'on paye la lampe et les autres petits frais de l'académie avec ces reliquats, il n'y aura alors d'excédent que 123 livres à donner à quelqu'un de ceux qui vous supplient de les soulager. Dans la lettre de M. Belle que vous avez, et par laquelle il m'informait de ce qui s'était passé à l'égard du chapelain des Gobelins, il me priait de vous parler, Monsieur, en faveur de M. Larchevéque, prêtre habitué de la paroisse Saint-Etienne-du-Mont, frère de M. Larchevéque, sculpteur fort habile à qui vous avez permis d'aller en Suèd« et qui a épousé une demoiselle Halle des Gobelins ; c'est un prêtre fort estimé et fort connu aux Gobelins, qui pourrait très bien y remplir la place et en faire toutes les fonctions, si celui que vous avez nommé et qui est également très capable ne pouvait pas parvenir à en jouir, à cause des difficultés qu'on lui ferait ; dans ce cas, si vous n'en aviez pas d'autre en vue, je tous supplie de vouloir bien accorder votre protection à M. Larchevêque qui serait, je pense, agréable aux habitants des Gobelins (1).

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