Marigny a Soufflot
Du 30 mars 1763.
J'ai reçu, Monsieur, voire lettre du 15 de ce mois et les certificats des Gobelins qui constatent que le sieur Simon Œben a fait dans cette manufacture plus de six années de compagnonnage ; je lui ai fait expédier conséquemment un brevet pour qu'il puisse se faire recevoir maître dans la com-
(1) C'est ainsi que les tentures fournies en 1759 au comte de Wo-
ronzow, grand-chancelier de Russie, les deux tentures des Nouvelles Indes
en huit pièces et les deux tapis de la Savonnerie fournis en 1760 au
comte de Colloredo, envoyé extraordinaire de l'Impératrice-Reine de
Hongrie, et en 1763 au comte de Viry, ambassadeur du Roi de Sar-
daigne en Angleterre ; les Fragments d'Opéra d'après Coypel, en quatre
pièces, et les Mois de Janvier et de Février délivrés en octobre 1763 au
marquis de Grimaldi, ambassadeur d'Espagne, avaient été payées aux
Bâtiments du Roi par les Affaires Etrangères à la déduction d'un tiers. —
(A. N. O1 1122;. — Sur les présents faits au comte de Colloredo, au
comte de Viry et au marquis de Grimaldi, voir Fenaille, op. cit., vol. II,
p. 334-335; vol. III, p. 55-57.
munauté des ébéniste» comme avait fait feu son frère (1)^ J'ai fait reconnaître la situation des entrepreneurs et fournisseurs des laines et soies des manufactures des Gobelins et de la Savonnerie ; elle diffère peu de ce à quoi vous portez leurs avances ; je sens la nécessité de les secourir, et, en même temps, j'y vois comme vous de l'impossibilité sans un secours ..étranger : je viens de leur distribuer environ 17.952 livres, attendu les parfaits paiements pour le sieur Meriel de deux mémoires qui ne montent ensemble qu'à 1.948 livres et quelques sols. Les espérances du côté des Affaires Etrangères offrent peu de ressources ; il faut absolument prendre un parti pour s'en procurer en indiquant une vente au prix des Affaires Etrangères, et même au-dessous s'il est nécessaire, jusqu'à concurrence de 150.000 livres dont la distribution n'aura d'autre objet que la liquidation et l'acquittement entier de ce qui est dû sur ces deux manufactures. Vous vous concerterez avec M. Périer sur un plan d'arrangement, d'après lequel il me présentera un mémoire pour le proposer au Roi et prendre ses ordres afin d'être autorisé à l'exécuter.
Archives Nationales^ O1 1110.