Correspondance de Stendhal (1800-1842)
Février. — Mission à Ancône et Sivigaglia. ŒUVRES : Vie de Henri Briilard. (Publiée en 1890). » Souvenirs d'Egotisme. (Publiés en 1891).
Mars. — Vojage à Paris.
Août. — Congé de 6 mois. (Rencontre de Alfred de Musset et George Sand).
Décembre. — Retour à Civita-Vecchia.
.Janvier. — Séjour à Civita-Vecchia.
GilUVRE : Lucien I-emven, (pul)liéc en ISj.'. sous le titre de : Le Chasseur Vert et en 19l)l sous le titre définitif).
Juillet. — Projet de mariage avec M"-^ Vidau (1). » — Demande un emploi en Espagne.
rf — Décoration de la Légion d'honneur par le .Ministère de l'Instruction publique.
(l) cf. Couinieiil a vécu Stendhal, pp. 57-60.
VIII NOTES l{IO(;i{AI'HK>l KS
'2'i M(ti. — i' Contîé .jusqu'au .'«) juin IH'M. Scjiuir ;'( l'aris.
» — \'oyagcs en France.
Œl'VlUi : Mémoires d'un Touriste.
» Fin de la Vie de Sapoléon.
» Séjour à Faris. — Voyage à Londres.
ŒL'VIIK : I.a Cluirlrciisc de l'arme.
Janvier. — Paris. — Attaque de },'outte et de rlnimatisme.
7 .Mars — Démission du comte Mole, protecteur de beyle. '2'i Juin. — Retour de Beylc à Civita-Vecehia.
(Kl \IU-: : I.amiel. (publiée en 1889).
Décembre. — Civita-Vecehia. — Deuxième attaque de goutte.
» — Voyage à Genève pour consulter le D"^ Prévost.
8 Norembre. — Arrivée à Paris.
Hardi ^2 .Mars, à 7 lieures du soir. - Attaque d'apoi)lc.\ie, rue Neuve des Capucines à la porte du Ministère des Affaires Etrangères.
.Mercredi QS, à deu.v heures du matin. — Mort de Heyle, 78, rue Neuve des Petits Champs, au 2' étage de l'Hôtel de Nantes.
Jeudi 2h Mars. — Service à l'Eglise de l'Assomption. Enterrement au cimetière de Montmartre, Hond-point de la Croi.x, i' ligne, n" 11.
AU BARON DE MARESTE, A PARIS
Tr teste, le 4 décembre 1830.
Je suis comme Auguste, j'ai souhaité l'empire, mais, en le souhaitant, je ne l'ai pas connu. Je crève d'ennui, et personne ne se conduit mal avec moi ; cela aggrave le mal. Cependant l'héritage de mon père ayant passé en expériences, il faut tâcher de s'accoutumer à ce manque absolu de communication de la pensée.
J'ai cherché à ne pas faire une seule plaisanterie depuis mon arrivée dans cette île ; je n'ai pas dit une chose cherchant à être amusante ; je n'ai pas vu la sœur d'un homme ; enfin, j'ai été modéré et prudent, et je crève d'ennui.
Adieu, la poste part. Tâchez d'intéresser en ma faveur M™''... [1 date ever a month hack. Bien des choses to lady Azur (2) and to my sister. Dites-lui que je m'ennuie.
Recommandez-moi à Apolli, si toutefois il y est encore et s'il m'a pardonné la non-hérédité de la p[airie]. Il peut me rendre 2 services.]
AU BARON DE MARESTE, A PARIS
Trieste, le 12 décembre 1830.
Je n'ose vous écrire vu la grandeur des événements qui peut-être vous entourent. [J'espère la paix vers le 30 novembre.] Figuroz-vous que je suis à Hambourg et vous vous figurerez bien. Les logements coû-
(1) Original : Collection de M. P. -A. Cheramy.
(2) Alberthe de Rubempré. Cf. Vie du Henri Brulard.
(3) Original : Collection de M. P.-A. Cheramy.
tent deux mille deux cents francs ; un appartement de sept pièces au second. Tel est l'appartement de mon prédécesseur, que je ne veux pas prendre vu le malheur du temps ; tout coûte deux fois autant qu'à mon regretté Livourne.
J'ai trouvé, grâce à M. Meyerbeer, que jo vous prie de remercier, une femme fort aimable, pleine de naturel, presque aussi sincère que madame Azur, qui a beaucoup d'idées, trente-six ans et un grand salon peint à fresques, avec tapis, où, à dix heures, arrivent vingt verres de vin de Chypre et trente de limonade, avec des tranches excellentes de gâteau do Savoie. Je vais dans ce salon quatre fois la semaine et finirai par y aller six fois. Il n'est pas et ne sera jamais question de love ; mais enfin, dans le grand Paris, je n'avais pas une maison comme celle-là. Je la dois à lady Morgan.
[Tâchez de mettre vos lettres aux Affaires-Etrangères ; autrement elles vous coûteront 16 sous et à moi 57. Je n'ai pas reçu une seule lettre de Paris, depuis le 26 novembre.]
Il y a double vitre partout ici, à cause de l'abominable Bora, qui me donne de l'humeur ce soir. Toutes les rues sont comme la Via larga de Florence ; il n'y a ni volets ni persiennes ; tout le monde a une veilleuse à ce qu'il paraît ; cela se met entre deux vitres, de façon que la nuit, dès dix heures, la ville a Tair illuminée. — Trottoirs partout, séparés par de petites colonnes. Mer et collines magnifiques. — On ne parle en Lombardie que du théâtre Carcano, où Madame Pasta va chanter. Le duc Litta, M. Marietta et un autre y perdent quarante mille francs chacun.
[Tâchez de savoir l'adresse de Lambert. Je me rappelle souvent le sourire de M'"*' Azur.] (1)