‹ Correspondance de StendhalChapitre 13 sur 134 · I. (1) AU BARON DE MARESTE · texte numérisé non relu

I. (1) AU BARON DE MARESTE

Trieste, le 28 féi^rier 1831.

Vos lettres me font vivre. J'attends M. Lev. avec la plus grande impatience. Par où passera... ? L'ennemi est en forces sur une montagne vers la patrie de Pie VI. Je vois bien en noir ; votre pauvre frère (2) me fait bien de la peine. Tâchez de soutenir le courage d'Apoll. Qu'au moins il fasse une bonne figure. C'est qu'exactement il n'y a là ni Frédéric II, ni Mazarin.

Puisque notre protecteur Apo. a les lettres, j'espère qu'il me donnera ce qu'ont obtenu MM. Dubois et Jouffroy, qui n'ont pas publié i2 vol. et n'ont pas 48 ans.

Que devient Clara ? Je pense que c'est lui qui écrira mon ordonnance Ce métier va donner la phtisie à son esprit. Il aurait trouvé de la vigueur, au contraire, dans le voyage continu en Europe. J'espère que M. d'Arg[out] aura eu la bonté de me recommander à S. Ex. M. Régime. Si cette bonne tête pense à moi, sa pensée doit être de la couleur de celle de M. Guizot. On fait de bien mauvaises plaisanteries sur your brother.

Je crains de paraître indiscret à M. le chef de bureau décacheteur de mon Ministre. Qui décacheté chez Apo ?

Rien de plus commode pour votre serviteur que d'écrire sous l'enveloppe ministérielle. 4 ou 5 fois la semaine la rue Neuve-des-Capucines envoie des paquets à R[ome]. Une fois là, je vous suivrai d'une façon moins ennuyeuse pour vous.

Je présente une pétition à M™® Azur. Je voudrais bien que M.

(1) Collection de M. P. -A. Cheramy.

(2) Le Roi Louis-Philippe.

Schnetz m'envoyât par la poste à R[ome], une recommandation pour mon hôtesse, via Gregoriana. Une recommandation fait tout en ce pays-là, et ôte la méfiance qui, comme vous le savez mieux que moi, paralyse le Romain à la vue d'un étranger.

Mon excellent si obligeant M. Manni est mort. Perte immense dans la présente circonstance.

Je vais tâcher de ne parler de rien en présence de la face de Régime. A ses yeux, tout doit être imprudent ou grossier. Ecrivez à votre dévoué,

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