‹ Correspondance de StendhalChapitre 60 sur 134 · C A MADAME GAUTIER A GRENOBLE · texte numérisé non relu

C A MADAME GAUTIER A GRENOBLE

Rome, le 30 juillet 1835.

Chère amie, je reçois votre lettre du 12 juillet. Je fais bonne mine contre mauvais jeu ; je souffre encore beaucoup, mais plus au point de jurer. Pour le public, je me porte bien. Je suis ravi d'apprendre que votre santé est parfaite ; on vit fort bien, quand on est femme, soixante-dix ou soixante-quinze ans. Que d'années devant a'ous peutêtre ! Je vous fais compliment de la passion que sent votre fils. Peu importe l'qbjet, c'est une passion. Il réfléchira ; ses espérances déçues lui apprendront à connaître les hommes, ce sera un véritable progrès.

Je vous dirai, en termes de négociant, que je confirme ma dernière.

Pourquoi avec votre esprit ne vous feriez-vous pas quelque chose d'analogue à l'existence de madame Récamier ? Elle est pauvre ; son esprit consiste à casser le nez à chacun avec l'encensoir, et à tâcher d'être utile à chacun de ses amis. Par exemple, dès que M. Mérimée a été connu, elle a voulu le voir dans son salon et lui a offert un emploi convenable dans la diplomatie d'alors, sous M. le duc de Laval (1).

Page 1