C. (3) A ROMAIN COLOMB A PARIS
Civila-Vecchia, 20 mai 1840.
J'ai ri'çu lu Chartreuse, tout uu mieux. Tu auras reçu les recorrections. Avant-hier, M. Perny, homme élégant, qui tient le meilleur hôtel de Rome, place d'Espagne (5 fr. la chambre et 5 fr. le dîner) est venu me voir. Ayant gagné beaucoup cet hiver, il va voir Paris et Londres. A ta place, il viendra dépenser mille francs en Italie. Je lui ai remis quatre médailles jiour mademoiselle Claire ('i).
(1) Cardinal.
(2) On peut lire aussi : expérience.
(3) Original : Collection de M. C. Sfryienski. Leflir, inulilt'O par Colonih, et terminée par une autre du 5 décembre à di Fiore, également altérée.
(4) Deuxième des trois filles de Colomb, et celle que Beyie affectionnait plus particulièrement. Fort brune, il l'appelait la petite Frascaiane. Remarquablement belle et artiste, elle est morte à Paris, le 3 mai 188f3. (.(. Cordier).
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Ces médaill".s st mbleront horribles. 11 faut les laisser traîner sur la cheminée. Au bout d'un an, elles auront guéri une de ces demoiselles de l'admiration pour les plates affectations des lithographies.
11 n'y a qu'un pas de l'horreur pour ces affectations à l'horreur pour le vaudeville et les faussetés du roman moderne.
Offre tes services à M. Perny, fort galant homme, pour les voyages en diligence. 11 est fils de Français, mais les Italiens voyant des coquins partout, aiment à être recommandés.
Demande à di Fiore s'il a reçu un petit portrait en argent de M. Dijon (1). J'ai peur que la poste ne s'en empare ainsi que des trois Constantin destinés à chacune des demoiselles Colomb. Ils arriveront rue des Capucines dans un paquet d'un pied cube. Le doigt du facteur ne peut avoir la fatale sensation de la pièce de monnaie, mais la petite poste ! Je regretterais vivement ces petites médailles.
A quand Chantilly ? Je t'enverrai par une autre lettre les empreintes de la médaille de Dijon et des trois (?) ci-joints. La cire à cacheter leur fait perdre le 30 %.
Le relieur Bergons a-t-il un Suétone à moi, que je lui donnai à relier en juin 1839 ? S'il ne l'a pas, on me l'a chippé. Si M. Bergons n'a pas mon Suétone, achète-moi sur les quais un Suétone, 2 volumes avec
estampes, de Prends-le sans estampes si cela fait une diminution.
Fais relier à vingt sous les deux volumes. As-tu Suétone ? Il est trahi par La Harpe. Combien encore un Tallemant,.... sur les Empereurs romains ? Y a-t-il un Tallemant in-8'^ ? Je ne retrouve point un Barbier que di Fiore m'avait donné. — Trois Constantin trouvés dans le port de Civita-Vecchia sous dix-huit pieds d'eau (2).
(1) Le comte Mole.
(2) La dernière ligne a été écrile par Beyie sur le côté de l'adresse.
A M. RANDON, COLONEL DU DEUXIÈME RÉGIMENT DE CHASSEURS A CHEVAL D'AFRIQUE, A ORAN
Civita-Vecchia, le 26 juin 1840.
Monsieur,
Je dois commencer par vous présenter dos excuses ; vers la fin d'août 1839, je répondis à la lettre que vous m'aviez fait l'honneur de m'écrire le 9 juin (1) ; mais je viens d'apprendre que ma lettre est restée dans le portefeuille de la personne qui s'était chargée de la remettre au ministère de la guerre.
Comme vous le dites fort bien, monsieur, les lèvres qui ne flattent personne, pas même les appréciateurs littéraires, et dont les auteurs ont la vanité de penser qu'il y aura encore des lecteurs en France vers 1880, ont pou de chance de voir une seconde édition. Si toutefois celui dont il est question avait cette chance, je m'empresserais de faire usage des excellents renseignements que vous voulez bien me donner. Dans le temps, je montai jusqu'au lac de la Frey, j'interrogeai plusieurs habitants du village voisin, et j'écrivis leurs réponses dans le pré au milieu duquel je voudrais voir élever une grande pierre verticale de huit ou dix pieds.
Au reste, ce point d'histoire est si intéressant, que vous, monsieur, qui le connaissez si bien, pourriez écrire un récit do soixante ou quatre-vingts pages et sinon livrer ce récit à l'impression, du moins le déposer dans la bibliothèque de Grenoble ou de toute autre ville.
J'ai l'honneur d'être, etc.
(1) Coite lettre, ayant trait an n'-cit de la rencontre de Napoléon avec les troupes royales, à Lafrey, en 1815 {Mémoires d'un touriste 1854. II pp. 148-157), a été publiée dans la Biographie des hommes du jour, par Germain Sarut et B. Saint-Edme, 1841, tome VI. F<- partie, pp. 297-301.