Ibid
4 La jeunesse Et LA 3lOftT
le frappait vivement, il s'attachait à rendre aussi fidèlement que possible l'impression qu'il avait ressentie; il s'efforçait, par une série de retouches, d'amener la peinture à toute la perfection qu'il était capable de lui donner; et si l'occasion s'en présentait, il l'insérait successivement dans plusieurs lettres écrites à des amis divers. Nous trouvons quelques-unes des plus belles pages des leltres écrites à M. Damiron reproduites mot pour mot dans celles adressées à M. Dubois. Souvent, il faisait un brouillon pour ses lettres les plus importantes. Nous en avons plusieurs qui sont, comme ses autres manuscrits, surchargées de ratures. « Il avait, c'est encore M. Dubois qui parle, de la peine à se mettre en train ^ » Mais une fois parti, il a une verve étonnante et ne s'arrête plus; sa main court, sans un arrêt, à bride abattue, ébauchant avec une fécondité intarissable des systèmes, des rêves, des satires, et parfois, comme il le dit luimême, « de petits chefs-d'œuvre de folie ^ ».
M. de Montalembert disait, dans la préface du livre qu'il a consacré à Lacordaire : « J'ai enchâssé quelques perles dans une pauvre et modeste monture, propre tout au plus à en mettre le pur éclat à la portée du regard. » Je n'ai pas d'autre prétention dans cette étude. Je m'effacerai derrière Jouffroy, pour le laisser surtout parler lui-même.
Ce fut en août 1816 que la promotion à laquelle appartenaient Jouffroy et Damiron sortit de l'Ecole normale. Jouffroy n'en franchit pas le seuil sans une certaine tristesse : « Dieu garde de mal l'Ecole, dis-je en