‹ Correspondance de Théodore JouffroyChapitre 40 sur 57 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

LA JELiNESSE ET LA MOUT

sa fçénération, il croit que la philosophie peut y suffire, et son ambition, c'est de travailler à ce grand œuvre.

Pour cela, il a confiance dans la raison humaine; il a foi à rinduction, celte faculté qui nous élève du fini à rinfini, de l'imparfait au parfait, du relatif à Tabsolu; et, pour décrire, après tant d'autres, ce procédé de la raison, sa vive imagination lui suggère d'originales images : « Nous vivons ici-bas, dit-il, comme dans une « île, qui s'est détachée du continent et laisse encore « deviner, par les traces de sa rupture, la terre dont elle « dépendait*. »

VU

Je n'ai pas entrepris d'écrire une élude complète sur Jouiîroy et sur son œuvre, et je devrais peut-être m'arrétor ici. Pourtant ces quelques pages consacrées à sa jeunesse me paraissent appeler une conclusion.

La confiance de Jouiîroy dans la science n'a-t-elle pas été trompée?

A l'époque où commence la correspondance que nous étudions, il venait d'avoir vingt ans ; il en avait vingt-quatre à peine au moment où elle se termine. Il était au lendemain de la crise où sa foi chrétienne avait fléchi, dans la première fièvre de la libre recherche. Si, à cette date, il n'a pas résolu les redoutables problèmes qu'il se pose, s'il n'a pu trouver encore, dans une doctrine arrêtée, la lumière et le repos, qui pourrait s'en étonner?

Mais il a vécu encore vingt années ^. Pendant ces ces vingt années, grande part, à coup sûr, d'une vie humaine, il n'a cessé de poursuivre la belle inconnue^ dont il avait entrepris, dès sa jeunesse, la difficile conquête. Il a mis à sa recherche tout refl*ort d'un puissant esprit,

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