‹ Correspondance de Théodore JouffroyChapitre 46 sur 57 · Tertullien · texte numérisé non relu

Tertullien

DE

M, Joann. -Philibert Damiron^, chez M. son père

à Bicétre, près Paris

Pontets, 30 août 1816.

Mon ami, j'exprimerais difficilement le quart de la joie que m'a causée votre aimable lettre. Je vous réponds tout chaud^ passez-moi Texpression ; je parle la langue de mon pays.

Et d'abord je ne sais par où commencer ; d'une part, j'ai mille bonnes observations à faire sur votre lettre, de l'autre, j'ai bien des histoires à vous conter. Pardessus cela les nombreuses positions^ que j'ai faites m'ont presque rendu étranger l'usage de la plume. Faut se laisser aller ; arrive que pourra.

Quand je vous eus quitté, je me sentis rudement attristé sans trop savoir pourquoi, Dieu garde de mal l'Ecole, dis-je en enfilant la rue des Postes; on y a eu de bons moments et de bien mauvais ; l'amitié adoucissait les uns et doublait le prix des autres ; j'ai bien peur que nous tous qui y avons passé trois ans ne regrettions les jours que nous y avons vécu. Point de plaisirs sans amis ; on posera davantage, peut-être, mais le nombre

1. M. Damiron, professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Paris; membre de l'Académie des Sciences morales et politiques ; mort à Paris en 1862.

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