XLVII. — Aux ojficiers municipaux de Bernay
Paris, le ^ mars 1790,
Il fait part de ses réflexions sur les cérémonies publiques religieuses de la ville de Bernay. La suprématie monacale est abolie. Il espère que la rivalité entre les deux paroisses cessera, même si Téglise de l'abbaye est conservée. Il croit aussi qu'il y aura lieu de réunir les aumônes des deux pa« roisses, etc.]
P.-S. — Je reçois votre lettre du i*'mars. Je ne suis point étonné de l'embarras que vous procurent les déclarations des bénéfices. Plusieurs ecclésiastiques, que je n'ai pas l'honneur de connaître, me font l'honneur de m'en adresser, que je suis obligé de leur renvoyer, pour en faire de plus régulières.
Les opérations du Comité ecclésiastique seront, je crois, sans résultat; quoiqu'on Tait renforcé il y a peu de temps ^ il est encore bien faible pour le fardeau dont on Ta chargé. Une partie de l'Assemblée voit la banqueroute certaine^ les colonies dans un état effraj^ant d'insurrection, les Anglais déjà en possession de nos îles. L'autre partie espère que l'ordre va se rétablir dans les finances, ne prend aucun ombrage des Anglais, et voit, dans la démarche vigoureuse des colons de la partie du nord de Saint-Domingue, la résolution de s'affranchir du despotisme ministériel. Elle ne condamne point dans les francoaméricains ce qu'elle a jugé que les Français ont dû faire.
Le clergé et la noblesse ont opéré la révolution du Brabant : il commence à devenir douteux que le peuple instruit de ses droits se contente de les avoir défendus contre l'empereur. Je ne vous parle point de ce prince : chaque jour on publiait sa mort; enfin, elle est certaine ainsi que [celle] de l'archiduchesse et du général d'Alton.
Je crois qu'elle excitera peu de regrets à Paris. On n'enviera point aux Allemands l'empressement à arroser son tombeau de quelques larmes, s'ils croient lui en devoir. Louvois avait fait un mémoire sur les deuils de cour : je doute que celui-ci soit ruineux pour le commerce.
Le 5 au soir, — Nous n'avons pas encore pu aborder la question des treizièmes. Si les finances nous occupent ces deux jours, c'est encore une affaire de la semaine prochaine. Ce soir, l'Assemblée s'occupera de la dénonciation de l'arrêt de la chambre des vacations du Parlement de Bordeaux, faite par l'armée patriotique bordelaise, par un grand nombre de citoyens et par la municipalité ; la séance sera orageuse.
On parle de semblables arrêts à Toulouse et à Dijon.
Je partage bien sincèrement votre affliction sur le malheureux événement qui a terminé la fête civique de dimanche dernier (Arch. Bernay).