‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 65 sur 217 · LXII. — Au même. Le jo mars · texte numérisé non relu

LXII. — Au même. Le jo mars

[Il traite diverses questions d'administration touchant le •département et le district de Bernay, puis en post scriptum il ajoute :]

Les motions du Palais-Royal contre la Caisse d'escompte ont donné de l'inquiétude. M. Necker se trouve mieux, et probablement il n'ira pas aux eaux : il vient de livrer un combat au Comité des finances, et il se plaint de ce que l'Assemblée ne lui donne pas assez de confiance et de ce <[u'il y est ouvertement attaqué, sans qu'on prenne sa défense. Les obstacles s'attachent à sa place.

Dans l'impuissance prévue d'exécuter un travail très prompt en finances, il a peut-être été impolitique d'attaquer le crédit personnel du ministre, et celui de la Caisse : c'était l'unique base du crédit public. Mais il était nécessaire qu'on fût convaincu qu'il n'y avait pas d'autres ressources, avant de tenter celles qui devaient tant répugner au clergé et à la noblesse, ^

On est encore en défiance. Nos aristocrates parlent de l'Espagne, de Naples, de Sardaigne, d'armées, de flottes. Les mouvements des ambassadeurs dans Paris sont observés. Quand ils vont en conter à quelque belle, on jure qu'ils conspirent contre la France. J'espère qu'un jour nous adopterons la diplomatie des Ottomans. (Papiers R. Lindet).

L.XIlI. — Th.LindetetBuschey des Noës, aux officiers municipaux de Bernay. Paris, le /" avril 1790.

Messieurs, nous avons l'honneur de vous offrir la carte du département de TEure, revêtue de tous les caractères d'authenticité. Nous désirons que la ville dont vous êtes les représentants veuille bien recevoir cette faible marque de notre dévouement et de notre profond respect. Nous espérons que vous jugerez que les grandes divisions ont été faites sans partialité, et vous pensez assez généreusement pour approuver que l'intérêt général l'ait emporté sur les considérations particulières. Les connaissances locales, et peut être un jour la cessation de quelques motifs, qui ont déterminé la division des cantons pourront exiger une nouvelle distribution, dont les assemblées de districts et de département seront juges. Quant à la division en districts, sur laquelle on a réservé l'avis de la première assemblée du département, nous désirons et nous osons espérer qu'elle n'éprouvera aucune contradiction.

Veuillez bien attester à nos concitoyens que nous sommes persuadés qu'ils regardent le bonheur de la France comme leur propre bonheur. En travaillant à la chose publique, nous croyons travailler pour leur intérêt particulier, et remplir leurs vues et notre mission : leur approbation et la vôtre est la récompense la plus flatteuse que nous pensons obtenir, et que nous ne croyons jamais avoir achetée à trop haut prix.

Nous avons l'honneur d'être, avec respect, etc. ( Arch. Bernay).

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